Happiness Therapy : Drôle et piquante, mais un peu trop prudente

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Ce n’est pas tous les jours qu’une comédie dramatico-romantique fait autant parler d’elle. Peut-être est-ce parce que Happiness Therapy a cartonné aux Etats-Unis, comme en témoignent les 8 nominations reçues aux Oscars cette année ? Ou est-ce tout simplement parce qu’on est aspiré par la folie ambiante et l’heureux chaos qui règne tout au long du film ? Personnellement, je penche plutôt pour la seconde réponse. Le tout nouveau film de David O. Russell (The Fighter, 2010) est une jolie surprise qui, sans pour autant sortir des sentiers battus, nous entraîne dans une ronde hystérique et effrénée  nous faisant voyager d’une émotion à l’autre, à l’image de ses personnages atypiques. Malgré quelques longueurs et un dénouement discutable, Happiness Therapy séduit grâce à une histoire captivante aux personnages touchants et agréablement déjantés.

Le pitch : Après un “incident” l’ayant conduit tout droit dans un hôpital psychiatrique, Pat Solatano retourne chez ses parents huit mois plus tard. N’ayant qu’une idée en tête, reconquérir son épouse, il rencontre alors Tiffany, une jeune femme déroutante qui sort également d’un épisode douloureux…

Les comédies romantiques, généralement, on les voit venir à distance. Une rencontre inattendue, des quiproquos comiques et puis enfin la magie opère. C’est quand on pense connaître la musique qu’un film comme Happiness Therapy parvient à nous surprendre. Le cadre habituel et serein du genre est complètement revisité via des personnages hauts en couleurs à la franchise décomplexée, exposant leurs névroses comme une seconde peau. Hilarant et survolté, Hapiness Therapy est un carrousel incessant d’émotions qui se bousculent, laissant exploser un trop plein d’énergie qui touche directement son spectateur. Grâce à la performance talentueuse d’un casting de haut vol et à un scénario criblé d’échanges percutants, Happiness Therapy n’a rien du film lisse et attendu. Ici, le film n’hésite pas à exploiter justement les faiblesses de ses personnages, dont la profondeur attire la sympathie malgré des tempéraments extrêmes. David O. Russell réussit donc à maintenir un intérêt certain en jouant sur deux tableaux : à la surface, la rencontre piquante entre deux personnages brisés qui, en eaux profondes, se débattent pour ne pas sombrer. Cette dualité joue largement en faveur du film qui sort de la routine pour donner plus de corps à son développement. Alternant faces-à-faces désopilants et joyeuses cacophonies familiales, Happiness Therapy a des faux airs de feel-good movie (rappelant à bien des égards Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris, en 2006).
Cependant, en respirant aux rythmes de ses protagonistes, Happiness Therapy prend également un risque. En effet, comme toute pathologie qui se respecte, il y a les moments “up” et les moments “down”. Si la part sombre des héros donne une belle dimension générale, le niveau du film s’en ressent également. Du coup, au cours de ces passages au ralenti, certainement créés pour étoffer le contenu, on a tendance à noter la durée du film qui s’étale, laissant place à quelques passages à vide.
Heureusement, malgré ce petit bémol, David O. Russell réalise ici un film, attachant, riche et accompli… Si bien qu’on finirait presque par oublier le coté romantique du film (ce qui est un très bon point pour moi, étant peu friande du genre) qui nous frappe soudainement de plein fouet dans les dernières minutes. Une conclusion qui nous ramène bien froidement sur Terre et qui engonce le film dans une normalité conventionnelle et facile. C’est un peu dommage.

Toutefois, la véritable force du film reste son casting exceptionnel, chaleureux et vivant qui ne cesse de nous émerveiller de minutes en minutes.
On y retrouve donc Bradley Cooper (Very Bad Trip, L’agence tous risques, Limitless…), jusque là habitué au rôle du beau gosse charmeur, il se révèle enfin dans un rôle sensible et complexe, grâce à une interprétation juste et naturelle. Face à lui, Jennifer Lawrence (Winter’s Bone, X-Men : Le commencement, Hunger Games…) a été récompensée du Golden Globe de la meilleure actrice, en incarnant une Tiffany, pourtant caustique mais rafraîchissante. Si les seconds rôles (Chris Tucker, Julia Stiles…) étaient tous remarquables, il y en a un qui s’impose comme le coup de cœur du film. Il s’agit bien entendu de Monsieur Robert De Niro qui, bien qu’il nous avait déjà montré son coté tendre (mais pas toujours judicieux) aux cotés de Ben Stiller, est tout simplement brillant, créant une dynamique père-fils complice et attachante.

En conclusion, Happiness Therapy est le petit rayon de soleil qui viendra illuminer la grisaille de l’hiver, avec son grain de folie survitaminée. On s’y retrouve un peu dans cette comédie à la fois accessible et authentique qui, malgré quelques longueurs et une fin trop banale, saura trouver, amuser et émouvoir son public.

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