The Bay : Flemmard et inutile

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Réalisé par Barry Levinson, qui a pourtant connu de belles heures grâce à Rain Man (1988), Harcèlement (1994) ou encore Sleepers (1996), et propulsé sur le devant de la scène grâce à un survendu « par les producteurs de Paranormal Activity et Insidious« , The Bay avait un bagage relativement intéressant. Quoi qu’à y regarder de plus près, Levinson n’a rien fait de vraiment remarquable depuis la fin des années 90 et, finalement, « producteurs » ne veut absolument pas dire « scénaristes ». Résultat, nous voici une nouvelle fois face à une incommensurable bouse qui brille non seulement pas sa vacuité que par son absence d’intention quelconque. Sans âme, ennuyeux, radin et bavard, The Bay n’a décroché son genre « épouvante/horreur » uniquement grâce à deux trois plans brouillons et flous tâchés d’hémoglobine. En dehors de ça, c’est-à-dire pendant la majeure partie du film, The Bay ne propose absolument rien dans le fond, ni dans la forme, déjà usée jusqu’à la corde. En effet, l’ère bénie du « found-footage » a clairement touché à sa fin et les seuls qui l’utilisent encore sont, apparemment, les plus flemmards. La preuve, avec The Bay

Le pitch : Dans la baie du Maryland, une bactérie non identifiée contamine le lac et ceux qui s’en approchent, en les dévorant de l’intérieur.

En partant du principe du found-footage, le réalisateur en profite pour se débarrasser de la plus grande partie de son travail : la mise en scène. C’est donc dans un fouillis d’images que le film débute, mélangeant des extraits de flash-infos et autres images alarmantes, afin de créer une ambiance fébrile. Puis apparaît l’héroïne du film qui se présente comme une des rares survivantes et qui s’apprête à partager son histoire.
Pour faire très simple (et éviter de m’étaler inutilement sur un film aussi pourri), The Bay aurait pu être un livre audio tant les images ne servent à rien. Grâce à l’effet « faux documentaire », The Bay cumule tout ce qu’il y a de plus énervant dans un bon gros bordel vomitif et je-m’en-foutiste à l’arrache : la caméra qui bouge dans tous les sens, des plans fixes sur du vide alors qu’on entend des gens crier en bruit de fond et une image d’une qualité discutable. Oui mais, me direz-vous, Blair Witch, [Rec], Cloverfield ou encore Cannibal Holocaust utilisent le même procédé et ça a marché. Alors quel est le problème avec The Bay ?

Le problème du film, c’est que pendant presque une heure et demie, The Bay ne fait que bavarder et se répéter, dans un long monologue contemplatif devant lequel il n’y a rien à faire d’autre qu’absorber le flot de blablas soporifiques. A croire que personne n’a compris le concept même du film d’épouvante ! Entre les deux océanographes qui nous détaillent leurs recherches en filmant l’intérieur des poissons (youpi), les médecins qui nous balancent des mots à rallonge et en latin pour nous faire croire à leur histoire et le reste des personnages qui passent devant les caméras pour hurler de temps à autre, difficile de comprendre où veut en venir le film. Est-ce un film d’horreur ou un documentaire sur les bactéries et les parasites aquatiques ? Car une fois que le problème est identifié, le film n’avance toujours pas, s’offrant même le luxe de nous montrer une séquence flash-back avec les moments marquants du film en plein milieu (au cas où la complexité élaborée du film nous aurait perdu en cours de route, probablement *ironie*). Alors que The Bay nous promettait un film gore et hystérique, marchant dans les traces de [Rec], le film n’ose finalement pas aller jusqu’au bout, se montrant plutôt avare en images croustillantes et masquant grossièrement les effets ratés grâce à des mouvements de caméra saccadés. Par contre, quand il s’agit de montrer des poissons morts ou des les éventrer, d’un coup, ça a l’air plus simple. Pourtant l’idée de base était intéressante et quand on voit tous les films d’horreur qui manquent de crédibilité quand il s’agit de monstres ou de créatures surnaturelles, il faut avouer que le scénariste de The bay s’est bien renseigné sur les parasites. Par contre le reste est passé à la trappe.

Pour qu’un film d’épouvante fonctionne, évidemment, il faut également que l’on puisse s’attacher à un ou plusieurs personnages. Mais comme tout l’ensemble du film, aucun personnage n’est exploité : entre la narratrice aussi vive qu’un poulpe mort qui disparaît en cours de route et un médecin accro à l’amputation, le seul simili-fil conducteur tourne autour d’un couple niais, sensé être l’élément attachant du film, qui arrive sur la baie avec leur bébé. Malheureusement, à force d’entre couper le film par des scènes dignes d’un film de vacances en familles, The Bay passe royalement à coté du potentiel de ses personnages et se contente de les faire parader sans véritable raison ni but, d’ailleurs. C’est rare de voir un film aussi émotionnellement pauvre car même dans le film d’horreur le plus raté, il y a toujours une part de ridicule pour le sauver. Le plus surprenant, mais aussi le plus consternant, dans The Bay, c’est que le film n’essaie absolument pas d’effrayer son public. Levinson ne fait que montrer des images floues où on devine vaguement ce qui se passe (une caméra dans le ventre d’un poisson, youpi !), parfois c’est un peu rouge et y a des petits trucs rampants qui bougent (là aussi, il faut deviner…), pendant qu’il s’attarde sur des explications inintéressantes. Malgré deux timides jumpscares inefficaces,  The Bay est paresseux, baclé et, en un mot comme en cent : nul. Impression qui se confirme, quand on voit de quelle façon le film se termine, en une phrase, avec une excuse improbable qui reflète bien la fainéantise qui règne autour du film.

En conclusion (oui, inutile de m’attarder sur le casting…), The Bay ne mérite pas d’être vu et me donne même envie d’accorder du crédit à Paranormal Activity qui, jusque là, était ma base pour évaluer la nullité d’un film d’épouvante. J’ai donc trouvé son remplaçant. C’est toujours ça de pris. Alors, à moins que vous ne soyez du genre à avoir peur de choper le cancer du sida en trempant un orteil dans l’eau à la plage ou si les cours de dissection en SVT vous ont fait tourner de l’œil au collège, ce film n’est pas pour vous.

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