Pacific Rim : Grandiose

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Des robots géants qui se castagnent contre d’immenses créatures, ça vous tente ? Le tout signé Guillermo Del Toro, encore plus ? Alors allez y : foncez ! Pacific Rim est LE blockbuster de l’été. Spectaculaire, jouissif, divertissant et impressionnant, Pacific Rim est une énorme réussite. Le film est un véritable choc (des titans) renversant, entre une trame prenante, des personnages humbles loin des clichés habituels et un rythme intense et incroyablement haletant, sans parler des effets spéciaux d’une beauté à couper le souffle. Gare au vertige, les créatures principales du films sont titanesques et Pacific Rim envoie du très très lourd ! Encore !

Le pitch : Dans un futur proche, afin de combattre les créatures monstrueuses sorties du fond des mers, un nouveau genre d’arme a été conçue : des robots géants, appelés les Jaegers, qui sont contrôlés en simultané par deux pilotes dont les esprits sont reliés par un pont neurologique. À la veille de la défaite, les forces qui défendent l’humanité n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers deux héros improbables : un ancien pilote, Raleigh Becket et une recrue, Mako Mori, qui n’est jamais allée sur le terrain…

Certains diront que Pacific Rim n’est qu’un fantasme de gosse où Godzilla rencontre des Autobots… Même si ce n’est pas totalement faux, le film est surtout un hommage aux « kaiju eiga« , ces fameux films japonais à gros monstres (dont font partie, bien entendu, les nombreux films Godzilla, y compris celui de Roland Emmerich en 1998). Par contre, une chose est sûre, Pacific Rim renvoie clairement les Transformers de Michael Bay à leur place : c’est à dire au rayon jouets. Guillermo Del Toro l’a bien compris et grâce à son talent de raconteur sans égal, il réussit à nous entraîner dans cette aventure aussi époustouflante qu’incroyable, visuellement superbe, avec une aisance déroutante en évitant les pièges béants dans lesquels tombent allègrement et régulièrement la plupart des blockbusters (morale patriotique, romance bidon, etc…). En effet, quand Del Toro, ce cinéaste de génie et esthète ( L’échine du diable, Hell Boy 1 et 2, Le Labyrinthe de Pan…), choisit de s’éclater en réalisant un film pop-corn en mixant les ingrédients du pur blockbuster et en se basant sur un genre qui compte beaucoup de nanars (les films de kaiju), cela ne l’empêche pas de s’en approprier les codes et de les redistribuer à travers une histoire de son cru, quelque part entre le réel et l’imaginaire. Pacific Rim est donc l’exemple qu’on peut avoir un film à sensations fortes, destructions massives et des créatures invraisemblables sans pourtant avoir l’air interchangeable (pour ceux qui auraient oublier Avatar de James Cameron, un film qui, malgré les critiques, étaient déjà bien en avance sur son temps) !
A croire qu’il suffisait de faire appel à un réalisateur espagnol pour réaliser un film d’inspiration japonaise pour des américains…

Pacific Rim en met plein la vue et ce, dès les premiers minutes alors que le film nous entraîne au cœur d’un affrontement entre titans. Avec ses mouvements de caméras vertigineux et ses effets spéciaux magnifiques, le film subjugue et donne d’entrée de jeu le ton : ce qui va suivre est encore mieux. Difficile à croire et pourtant le pari sera tenu.
Si Pacific Rim est avant tout un film d’action, il n’oublie cependant pas de développer sa trame et ses personnages pour nous occuper pendant le creux de la vague. Car tout en se préparant à un ultime affrontement, les personnages de Pacific Rim ne sont ni de simples soldats obéissant aux ordres comme des moutons, ni des adolescents en pleine rébellion. Si bien qu’entre ceux qui affronteront leurs démons ou leurs peurs et ceux qui n’hésiteront pas à prendre des risques inconsidérés, Pacific Rim compte beaucoup de moments d’émotions, aussi bien intenses qu’assurément hilarants, en passant de souvenirs douloureux à l’apparition de personnages décalés.
Tout en cherchant à comprendre d’où viennent les monstres, Del Toro construit une légende autour du film et de ses créatures, peut-être un peu farfelue mais finalement plausible, qui sert à justifier le film tout en nous aidant à adhérer à l’existence de ces créatures extraordinaires. Pacific Rim est un juste équilibre entre ce que le public veut voir (de l’action) et ce que le public attend, même inconsciemment, à savoir : une histoire fournie et accessible, ainsi que des personnages attachants, qu’ils soient du bon ou du mauvais coté de la barrière. En effet, Pacific Rim refuse de partir en guerre contre l’ennemi (comme l’aurait fait un bon vieux film américain) et garde une touche fun, oscillant souvent entre le second degré jusqu’au-boutiste (notamment avec l’apparition de Ron Perlman) et un ton relativement sérieux lorsqu’il s’agit de riposter (parce que bon, c’est l’apocalypse tout de même), sans pour autant sombrer dans la morale lourdaude ou pire, du patriotisme déplacé. Au contraire, Pacific Rim préfère tenir un message optimiste, valeureux et sain, tel que l’esprit d’équipe et le sens du sacrifice pour la survie de l’humanité. Un pied-de-nez, pourquoi pas, à d’autres films surfant sur la vague apocalyptique et arborant un message politico-écologique…  Sur écran, rassurez-vous, c’est beaucoup moins pompeux que ça, et c’est l’une des forces du film.

Paradoxalement, Pacific Rim est d’une subtilité rare et étonnante pour ce genre de film à maxi budget et maxi-monstres. Et pourtant, le film prend le temps de développer, sans se hâter ni trop en faire, les relations entre les personnages, que ce soit au niveau de la complicité naissante entre nos deux héros ou les relations parents/enfants, voire mentor/élève, ainsi que ses recherches et autres découvertes sur les créatures qui les attaquent. Du coup, Pacific Rim évite brillamment la niaiserie et les temps morts inutiles, tout en s’octroyant même le luxe de ne pas avoir recours à une potiche de service ! Pacific Rim, grâce à un scénario solide et gonflé à bloc, réussit donc à inclure le spectateur dans le film, lui permettant de découvrir l’univers captivant des Jaegers et les monstres, mais aussi d’assister aux liens solides qui se forment entre les différents personnages. Si ces moments sont ponctués par de l’action et une tension omniprésente, le film s’assure d’avoir bien accroché son public avant de lancer le dernier acte. Bien vu, m’sieur Del Toro – mais aussi le scénariste Travis Beacham – qui a su mettre le doigt sur tous les aspects souvent rébarbatifs des blockbusters pour ne se concentrer que sur le meilleur, avec une générosité affolante.

Two thousand five hundred tons of awesome !

L’intérêt principal d’aller voir un film comme Pacific Rim, c’est évidemment d’assister à du grand et beau spectacle. Del Toro n’est certainement pas un novice en la matière et même si on ne retrouve pas son univers (à la fois dark, féerique et fantaisiste) habituel, Pacific Rim n’a pas à rougir. Comme souvent, Del Toro aime mélanger des décors réalistes et contemporains avec ses créatures fantastiques et impressionnantes. Un métissage maîtrisé à merveille dans lequel on plonge sans hésiter, d’une part grâce à une mise en scène sublime, précise et intelligente, permettant non seulement de profiter du spectacle mais aussi de le comprendre (et oui, car souvent, dans ce genre de film, il est très difficile de lire l’action… souvenez-vous du premier Transformers et de ses transformations bordélique des Autobots), d’autre part grâce à une direction artistique superbe où la fantaisie pointe sans prévenir, dans un monde superbement détaillé. On pourrait éventuellement reprocher au film le fait que de nombreuses scènes ont lieu de nuit, mais Pacific Rim n’est absolument pas radin en images et ne manque pas de nous régaler avant, pendant et après chaque affrontement, grâce à des plans larges et des beauty shots savoureux et enthousiasmants. Pacific Rim nous offre donc un film grandiose dans tous les sens du terme, aux effets spéciaux exceptionnels, si bien qu’à aucun moment on ne doute de l’existence de ces gigantesques robots, que ce soit par la façon dont ils sont activés ou par leurs mouvements. Pacific Rim est en passe d’être l’un des films les plus réussis de l’année, tant il a tout pour plaire.

Alors oui, bien sûr, on peut toujours chercher la petite bête et se plaindre du scénario légèrement attendu… Laissons les cyniques chercher la fameuse petite aiguille dans cette gigantesque botte de foin, car Pacific Rim est une énorme claque visuelle et doit être apprécié pour ce qu’il est : du divertissement jubilatoire, spectaculaire et absolument génial. C’est rare d’avoir un film bourré d’effets spéciaux qui tienne aussi bien la route sur le plan scénaristique, aussi léger soit-il. Certes, le film a sa part de prévisibilité, mais son traitement est original et travaillé, ce qui fait toute la différence.

Coté casting, nous retrouvons beaucoup de visages connus sur le grand mais aussi le petit écran. Le sexy Charlie Hunnam (Hooligans en 2005 et la série Sons of Anarchy depuis 2008) incarne le héros sans prétention, un personnage appréciable et humble, auquel on s’attache dès les premières minutes. A ses cotés, nous retrouvons Idris Elba (la série Luther depuis 2010, avec un passage remarqué la même année dans la série The Big C, mais aussi Thor en 2011 et bien sûr, Prometheus en 2012), toujours aussi charismatique et impeccable, bien qu’un peu en retrait au début du film. Rinko Kikuchi (Babel en 2006) interprète Mako, la (presque) seule touche féminine du film, et réussit avec brio à être crédible et touchante, dans un rôle souvent relégué aux clichés (Megan et autre Rosie, prenez en de la graine…).
Ron Perlman est un peu la cerise sur le gâteau et on prend un véritable plaisir à le retrouver dans un univers décalé !

En conclusion, Pacific Rim est LE film à voir sans attendre, seul, entre amis, en couple ou en famille (bon, pas trop jeunes les enfants quand même). Brillant, fun, époustouflant, Pacific Rim réunit tous les ingrédients du bon gros blockbuster appétissant, délirant et jouissif avec efficacité et justesse. Guillermo Del Toro rend un superbe hommage au cinéma japonais, accessible aussi bien aux adeptes du genre qu’à n’importe qui souhaitant passer un excellent moment. Vous en ressortirez bouche bée !

PS : pensez à rester pendant le générique de fin 😉

Transform... what?

Transform… what?

En tout cas, ça donne envie d’être déjà en 2014 pour voir le prochain remake de Godzilla !

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