Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde : À boire absolument !

worldsend

Si la traduction française du film The World’s End d’Edgar Wright a tendance à provoquer chez vous une envie violente de « facepalm« , ne vous laissez pas avoir. Fans de Cornetto et de palissades en tout genre, réjouissez-vous : Le Dernier Pub Avant La Fin du Monde est un véritable régal : drôle, dense, étonnant et tout simplement génial. Edgar Wright signe ici une conclusion épique et hilarante, un brun nostalgique et fantastique. Le tandem Frost-Pegg est gonflé à bloc et comment dire… Ça décoiffe !

Le pitch : Vingt ans après avoir accompli une tournée de pubs épique mais inachevée, 5 amis d’enfance se réunissent quand l’un d’entre eux se met en tête de reprendre le marathon de la boisson : 12 pubs, 12 pintes. Mais une fois arrivée dans leur ville natale, ils découvriront que celle-ci a bien changé et atteindre le dernier pub, The World’s End, sera alors le dernier de leurs soucis…

Si lorsqu’on vous parle de Cornetto, vous ne pensez à rien d’autre qu’à un cône glacé, alors il est vite temps de réviser vos classiques si vous ne voulez par rater ce qui est peut-être bien le film le plus drôle de l’année. Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde est le dernier volet d’une trilogie extrêmement drôle et délirante (Cornetto en français, Blood and Ice Cream en anglais) signée Edgar Wright qui a su faire son chemin en douce. Petit retour en arrière : en 2004, parmi les « vrais » films de zombies flippants et dégoulinants, sort le film Shaun of the Dead qui, à l’instar des Scarie Movie,  est une petite perle géniale et décalée, boostée par un humour anglais décapant et bien écrit, où on découvrait le duo Simon Pegg et Nick Frost. En 2007, Edgar Wright récidive et rembarque son tandem de choc dans un film policier Hot Fuzz, toujours avec ce même humour décalé et incisif à s’en décrocher la mâchoire. Rapidement le phénomène a pris de l’ampleur, car si Hot Fuzz était bourré de clins d’œil au premier volets (le Cornetto et le saut -crash- de palissade, entre autre), ces deux films signés Edgar Wright brillent d’une intelligence rare, réussissant à parodier un genre cinématographique (film de zombie pour l’un, film policier pour l’autre) en jonglant brillamment avec codes et autres références cultes sans jamais tomber dans la singerie potache, voire, pire, le nanar honteux. Si le duo Frost-Pegg est à la fois tordant et attachant, il faut avouer qu’il ne fonctionne jamais aussi bien que quand Edgar Wright est aux manettes. La preuve avec le film Paul, réalisé par Greg Mottola et co-écrit par Frost-Pegg (2011), qui avait beau être sympatoche, il manquait de cette folie jubilatoire qu’on aime dans les films Cornetto. Si Wright en a profité en 2010 pour nous concocter le superbe (mais très controversé) Scott Pilgrim, c’est avec joie et impatience que nous retrouvons cette dynamique géniale, inventive et drôlissime à trois têtes pour Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde. Jamais deux sans trois, le film est à la hauteur de cette expression, aussi fun et délirant que les deux premiers volets de la trilogie Cornetto… voire plus ?

Cette fois, Wright s’attaque à un nouveau genre et décide de mêler comédie et science-fiction. Le film puise aussi bien dans des souvenirs de jeunesse que dans les films de science-fiction d’antan, l’époque où les faits surnaturels ou plus ou moins étranges étaient approchés avec un mélange d’incrédulité ahurie et d’action-réaction. Dans Le Dernier Pub (…), cette nostalgie est très présente et ce, dès le début alors que nous découvrons Simon Pegg en Gary King, un homme quelque peu marginal qui tente de réunir sa bande de l’époque pour terminer le « bar-a-thon » (marathon de bars et non un bar de moches, n’est-ce pas) qu’ils avaient tenté de faire, en vain, 20 ans plus tôt. Revivre ses heures de gloire alors que le présent semble bien sombre est une note universelle souvent familière et c’est certainement l’élément qui va tout de suite rendre cette bande atypique incroyablement attachante alors que le film choisit d’adopter une dynamique différente. En effet, si les deux premiers films tournait autour du duo Frost-Pegg, ici il faut compter avec trois personnages supplémentaires. Paradoxalement à Hot Fuzz, où Simon Pegg était le seul esprit sensé au milieu de collègues puérils et irresponsables, cette fois c’est lui qui représente l’adulte névrosé qui refuse de grandir alors qu’il retrouve ces copains, y compris et surtout Nick Frost, qui ont bien grandis et tous dans la même direction. Une opposition intéressante que va développer Wright tout au long du film en réussissant habilement à explorer des sujets plutôt sensibles sans jamais alourdir la frénésie ambiante. En effet, grâce à une écriture brillante et une première partie centrée sur ces retrouvailles, Le Dernier Pub n’a aucun mal à nous replonger dans l’univers déjanté de la trilogie Cornetto entre un humour efficace et tordant, tout en appliquant sa « marque de fabrique » via cette mise en scène si particulière (le remplissage des chopes de bières fait écho à la paperasse dans Hot Fuzz, par exemple) et parfois inattendue. Après nous avoir mis en confiance, Le Dernier Pub dévoile soudain l’intrigue majeure du film et aborde sa trame fantastique dans un revirement de situation extraordinaire. Car si les cinq « Mousquetaires » ont tous changé, ou presque, leur ville natale n’est plus exactement la même et finalement la route jusqu’au dernier bar va se révéler bien plus dangereuse que prévue.

Plus posé, si Le Dernier Pub prend du temps à se mettre en place, c’est justement pour en mettre plein la vue pendant toute la deuxième partie. Le film se transforme sous nos yeux, des scènes de castagnes superbement chorégraphiées et impressionnantes à cette course contre la montre complètement folle et délirante. Edgar Wright ne se contente pas seulement de nous faire rire mais réussit à nous laisser bouche bée à chaque nouveau rebondissement. Le plus fou, finalement, c’est le film ne cesse jamais d’être drôle, multipliant les moments cocasses, entre running-gags, vannes percutantes et les références bien placées (dont une à Batman – The Dark Knight Rises qui est énorme !) alors que le fil de l’intrigue est plus tendu que jamais. Le plus impressionnant, c’est peut-être la facilité avec laquelle Le Dernier Pub a bien failli nous avoir, alors qu’on s’attendait à retrouver une trame similaire à Shawn Of The Dead et Hot Fuzz, le film réussit à nous prendre au dépourvu en proposant de la nouveauté et en explorant toutes ces idées à fond, du taux d’alcoolémie qui grimpe en flèche aux travers de ces personnages, en passant bien entendu par une lutte acharnée et titubante afin de sauver sa peau.

Si les deux premiers films se résumaient à du gros délire, entre un hommage aux genres et l’idée du passage à l’âge adulte, Le Dernier Pub réussit à garder ce ton incroyablement léger et fun tout en distillant un message plus profond, une réflexion personnelle teintée de nostalgie sur l’âge adulte et l’influence des nouvelles technologies sur la communication entre les Hommes. A aucun moment pourtant ces idées ne viennent empiéter sur le divertissement, car Le Dernier Pub  est un film abouti, où rien est laissé au hasard et se savoure du début à la fin, sans jamais ralentir, permettant tout aussi bien de vivre l’intensité du film tout en lisant entre les lignes. Une véritable réussite qui prouve qu’on peut allier comédie déjantée et une trame solide sous des allures complètement loufoques (et WTF !).

Coté casting : si certains en doutent encore, Simon Pegg (Mission Impossible, Star Trek…) est un excellent acteur et est tout bonnement génial dans ce rôle de doux dingue qui a pourtant tout pour être détestable. A ces cotés, nous retrouvons des habitués du Cornetto, à savoir Paddy Constantine (Hot Fuzz) et Martin Freeman (Shaun of the Dead, Hot Fuzz, mais aussi Le Hobbit en 2012), ainsi qu’un petit nouveau, Eddie Marsan (Sherlock Holmes en 2009 et 2011), qui réussissent parfaitement à faire vivre ce groupe complice et hilarant. Rosamund Pike (Jack Reacher en 2012) s’éclate, même si elle est souvent en retrait.
La bonne grosse claque du film c’est surtout Nick Frost, carrément génial, qui abandonne ici le rôle du crétin de service pour nous laisser bouche bée devant son personnage de choc.

En conclusion, Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde est le Cornetto que l’on attendait, et même mieux, mêlant humour, fantastique et émotions dans un cocktail incroyablement hilarant, fou furieux et brillant. A voir et re-boire !

Of course we're the Beatles, they were five... Like us.

Of course we’re the Beatles, they were five… Like us.

2 réflexions sur “Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde : À boire absolument !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s