[CRITIQUE] Insidious : Chapitre 3, de Leigh Whannell

Layout 1

La saga Insidious s’offre un nouveau chapitre, un nouveau réalisateur et quitte la famille Lambert pour un opus plus léger, plus jeune et moins efficace. Si Insidious : Chapitre 3 doit beaucoup au succès des deux précédents films, Leigh Whannell parvient à développer une histoire indépendante, un chouilla prévisible mais rehaussée par de jolis moments d’angoisse, souvent trop courts. Cependant, l’abus de jumpscares, un montage abrupt et le repos évident sur des pistes déjà lancées par James Wan rendent Insidious : Chapitre 3 un peu plus faible, malgré une intrigue de fond sympathique.

Le pitch : Parce qu’elle a l’impression que sa mère défunte cherche à entrer en contact avec elle, la jeune Quinn Brenner se tourne vers Elise, un médium qui possède un véritable don mais refuse de l’utiliser depuis la tragédie qu’elle a vécue autrefois. Lorsque Quinn est attaquée par une entité malveillante, Sean, le père de la jeune fille, supplie Elise de les aider. Secondée par deux parapsychologues, Tucker et Specs, Elise accepte alors de tenter d’entrer en contact avec les morts. Forcée de s’aventurer dans les tréfonds de l’au-delà pour protéger Quinn, Elise va affronter le pire ennemi qu’elle ait jamais rencontré : un démon dévoreur d’âmes…

Étrangement, je n’ai jamais écrit sur Insidious auparavant. Pourtant, les deux premiers films m’ont bien plu, d’une part parce qu’ils proposaient leurs propres visions du monde paranormal – le premier opus jouant avec nos cauchemars, le second mêlait possession et maison hantée en poursuivant l’intrigue déjà entamée ; d’autre part, parce que James Wan a su cultiver une vraie tension prenante dans ces films qui, si elle ne découlait pas sur des insomnies, parvenaient toutefois à me maintenir en haleine pendant le film.
Ajoutons à cela le souvenir d’un ami qui se met à hurler de terreur au cinéma pendant Insidious 2… mais c’est une autre histoire (j’aurai vraiment dû vous la raconter :D).

Pour en revenir à nos moutons, alors que James Wan (aussi papa de Death Sentence et Conjuring : Les Dossiers Warren) s’offre une pause coté films d’horreur pour aller réaliser Fast And Furious 7 et prochainement Aquaman, c’est Leigh Whannell, anciennement producteur exécutif sur la saga Saw, scénariste aux cotés de James Wan et aussi acteur, qui se lance. Endossant ses casquettes multiples, le jeune réalisateur a la lourde de tâche de proposer un nouveau volet d’Insidious avec une intrigue neuve pour éviter la répétition. Si on retrouve des personnages connus de la saga, cette fois l’héroïne est une adolescente qui a récemment perdu sa mère qui va se retrouver aux prises avec un esprit malfaisant. Rapidement, le scénario d’Insidious : Chapitre 3 se referme sur sa victime, allant jusqu’à l’immobiliser physiquement pour mieux l’enfermer dans un cauchemar éveillé et un état de stress permanent. Le point fort de cette nouvelle trame, c’est l’isolation de son personnage central, face à un entourage sceptique. Du coup, il ne s’agit plus d’une maison hantée mais d’une traque ciblée par une présence justement insidieuse. Le film de Leigh Whannell propose, comme le veut la « tradition », un nouvel exemple intéressant de la perfidie de ces âmes damnées qui errent dans ce monde parallèle démoniaque. Résultat, c’est toujours un plaisir que de basculer dans cet au-delà obscure pour découvrir le nouveau piège qui s’y cache.
Les plus sensibles s’attacheront immédiatement au calvaire de l’héroïne, tandis que le film parvient à ménager son intrigue pour obscurcir son tableau. Pourtant, si l’ensemble n’est pas trop mal, il reste cependant ultra prévisible. Malgré des scènes captivantes où on attend le frisson, Insidious : Chapitre 3, comme pratiquement tous les films dits d’épouvante qui atteignent les salles de cinéma de nos jours, a plus souvent recours aux jumpscares qu’à de vrais moments d’angoisse. De plus, cette manie de couper une scène sensée être angoissante pour passer à autre chose casse le rythme du film et ainsi tout essai de créer une tension tenace jusqu’au bout. Les personnages manquent de réactions logiques, notamment l’adolescente qui subit de véritables traumas à chaque attaque, sans les transporter d’une scène à l’autre. De plus, orienter le film vers une cible plus adolescente n’était probablement pas la meilleure option pour faire perdurer la saga Insidious, puisque celle-ci est déjà une référence dans le nouveau cinéma d’horreur, ère Blumhouse Productions.
À défaut d’être effrayant, Insidious : Chapitre 3 est criblé de petits électrochocs efficaces et plaisants sur le coup mais mais pas suffisamment solide pour poursuivre le spectateur tout au long du film. D’ailleurs, une scène se démarque réellement du film, celle de la chambre, et fait durer le supplice avant de rater son apogée, avec une coupure hâtive, laissant le public se demander « Et donc ? ». C’est vraiment le problème du film : on veut pouvoir s’y attacher, mais le manque de crédibilité, malgré le divertissement, ne fait que rendre l’ensemble anecdotique.

Au casting : Stefanie Scott (Les Mondes de Ralph…) a la lourde de tâche de porter le film sur ses épaules et s’en sort de façon plutôt convaincante. À ses cotés, Dermot Mulroney (Un été à Osage County, Stoker…) semble un peu paumé mais correct, tandis que Lin Shaye (Ouija, Insidious 1 et 2…) opère son come-back, entraînant dans son sillage Angus Sampson et, évidement, Leigh Whannell (Saw, Insidious 1 et 2…) qui reprennent leurs rôles. Hayley Kyoko (CSI: Cyber…) et Ashton Moio sont là pour assurer le service teenager.

En conclusion, après Annabelle, c’est un autre film de James Wan qui se voit attribuer une suite (préquel), réalisé par un autre. En renouvelant sa trame, Insidious : Chapitre 3 joue la carte du cas de possession isolé à travers une adolescente pour rafraîchir une saga qui n’en avait pas vraiment besoin. Le mode opératoire diffère tout en conservant cette notion de monde parallèle démoniaque et un tantinet pervers, de plus on y retrouve des personnages et beaucoup d’éléments vus dans les films précédents mais globalement, Insidious : Chapitre 3 a de quoi tenir la route face aux récents Poltergeist et Unfriended, bien que l’on soit bien loin de l’ambiance horrifique créée par James Wan, aussi discutable soit-elle. À voir.

Did you feed the monster under the bed?

Did you feed the monster under the bed?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s