[CRITIQUE] Geostorm, de Dean Devlin

Le pitch : Grâce à une coopération sans précédent entre États, un réseau de satellites contrôle désormais le climat et protège les populations. Jusqu’à ce que le dispositif se dérègle… S’agit-il d’un complot ou d’une faille dans le système ? S’engage alors une véritable course contre la montre…

Les films catastrophe, c’est un peu comme les films de danse : on y va pas pour le scénario mais pour le spectacle. Bon, et bien là, c’est simple : il y a ni l’un, ni l’autre.
Après avoir travaillé en tant que scénariste aux cotés de Roland Emmerich sur Universal Soldier, Independence Day ou encore Godzilla, Dean Devlin passe derrière la caméra pour son premier long-métrage, Geostorm. Si en apparence le film semblait se glisser dans la lignée d’un 2012, Le Jour d’Après ou autre San Andreas, Dean Devlin a cru avoir la bonne idée d’intellectualiser le tout en ajoutant une théorie du complot capillotractée sur fond de manigances politiques. Forcément, dans un film pop-corn, ça fait tâche… surtout quand c’est aussi mal amené.

Derrière ses airs de morales écologiques, Geostorm balaie des l’introduction toute responsabilité de l’Homme dans le dérèglement climatique qui menace la vie humaine (« we fought back! » nous clame la narration en VO, mais contre quoi ? La nature ???), pour tricoter des bases branlantes autour de la création d’un super système de satellites super puissants qui contrôlent la météo mondiale (hmmmphhff)… jusqu’au jour où, évidemment, la machine s’enraye et qu’un village se glace en plein désert afghan.
Dans un premier temps, j’ai fermé les yeux sur le scénario, en attendant que le show démarre mais vu que Geostorm traîne la patte, il devient difficile de passer outre les clichés bricolés les uns à la suite des autres pour porter un film complètement bancal. Entre des personnages qu’on envoie dans l’espace sans aucun entraînement ou vérification médicale et avec la facilité d’un aller-retour Paris/Lyon (dans des navettes privatisées, vu qu’apparemment c’est pas cher), un complot qui s’enfonce dans du faux jargon scientifique et informatique pour faire sérieux avec une intrigue dont la modernité à bien 15 ans de retard, ou encore des agents secrets qui ne seraient même pas crédibles en tant que vigiles chez Lidl, le tout saupoudré par des twists trop commodes, des dialogues creux à la recherche vaine de punchlines et des acteurs qui font un service minimum… Geostorm est une resucée des meilleures idées que Dean Devlin a pu proposer dans les films de Roland Emmerich (il refourgue même le coup du chien vu dans Independence Day !), mais bricolées à la va-vite et sans aucune crédibilité possible.

En choisissant de prendre au sérieux son film catastrophe, Dean Devlin s’enfonce dans une intrigue naviguant dans un suspens de bas étage, faisant ressembler son Geostorm à un téléfilm Syfy boosté par un bien meilleur budget (et un casting plus alléchant). Malheureusement, le film cumule les clichés aberrants et faciles pour masquer difficilement les creux et faire avancer une histoire claudicante, portée par un ensemble pas vraiment convaincant non plus. Moi qui espérait de la destruction massive, le déchaînement des éléments naturels pour du spectacle XXL, Geostorm s’effondre de minute en minute alors que le film tente de gonfler le suspens avec du réchauffé.
C’est dommage, car le potentiel de Geostorm est présent, mais j’ai passé plus de temps à attendre que l’action commence qu’à m’intéresser aux sorts de ces personnages peu crédibles et interchangeables, coincés dans des sous-intrigues encombrantes, entre romance et histoires de familles. Malgré quelques scènes qui sortent du lot, comme celle à Hong Kong, l’apothéose finale ressemble à un gloubi-boulga bordélique bâclant tous ces fils conducteurs en même temps dans une overdose vomitive d’effets spéciaux souvent approximatifs et annihilant par la même occasion toute intention dramatique voulue tant le film n’apporte aucune surprise ni once d’imagination pour sauver Geostorm de la double catastrophe annoncée. Après tout, même Roland Emmerich lui-même n’a pas réussi à nous convaincre avec sa suite d’Independence Day… alors son scénariste qui débarque 20 ans après avec un film tout droit sorti du siècle dernier, forcément, c’est douloureux. Mais heureusement anecdotique : le bon point avec Geostorm c’est qu’il es aussi vite vu qu’oublié.

Au casting justement : Gerard Butler (Gods of Egypt, La Chute de Londres, La Chute de la Maison Blanche…) assume son personnage d’anti-héros viril et bougon, ce qui le rend plutôt passable contrairement à son acolyte Jim Sturgess (London Fields, Cloud Atlas…) dont la médiocrité flirte douloureusement avec l’excitation de l’acteur moyen et désespéré, ce qui le rend profondément exaspérant. Autour d’eux, quelques visages connus visiblement venu empocher le chèque et fond le job, tels que Ed Harris (Westworld…) ou même Andy Garcia (Passengers…), d’autres dont des efforts malgré un personnage écrit à la truelle, comme Abbie Cornish (RoboCop…), Alexandra Maria Lara (Suite Française…), Amr Waked (Lucy…) ou encore Robert Sheehan (Misfits…).

En conclusion, même si je dis rarement non à un film catastrophe, Geostorm commet l’erreur de vouloir se prendre au sérieux. Dean Devlin propose un mariage raté entre un recyclage daté d’Independance Day et le film d’action pur-jus américain, dans une intrigue à peine maîtrisée et criblée de clichés qui pourraient faire rougir de gênes les requins de Sharknado. À éviter.

PS : à l’occasion, faudra aussi m’expliquer pourquoi le héros porte sa fille sur l’affiche ? Et également l’ensemble de l’affiche, en fait, qui n’a rien à voir avec le film au final…

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