[RATTRAPAGE 2017] Chez Nous, de Lucas Belvaux

Le pitch : Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Sorti juste avant les élections présidentielles, le film de Lucas Belvaux (Pas Son Genre, 38 Témoins…) a été noyé dans un climat déjà houleux à cause de son sujet. En effet, Chez Nous s’immerge dans la France profond pour proposer l’histoire d’une femme approchée par un parti politique extrémiste pour faire entendre la voix du peuple. Bien fichu et solide, Lucas Belvaux tisse un piège implacable autour de son personnage, créant un tableau accessible installé dans un cadre simple et rural, loin des agitations politiques de la capitale. Chez Nous propose donc un univers proche, dans lequel Lucas Belvaux creuse un point de vue accessible sur le quotidien de ses personnages à première vue humbles et concernés par le bien-être de leur communauté.

Là où le film brille c’est dans sa façon de mettre en parallèle la vie simple de Français, loin des agitations urbaines, et de montrer la façon dont la politique et les médias atteignent la « France profonde ». Plus le film avance et plus Lucas Belvaux ressert son étau pour petit à petit creuser ses personnages à travers le choix politique de son héroïnes. Entre choc et encouragements, Chez Nous divise se personnages et dénonce le discours manipulateur et conscient du parti politique visé. En effet, au-delà de la fiction, le film de Lucas Belvaux s’attaque de plein fouet à un parti politique bien réel qui, derrière un message populaire en façade, se nourrit dans la haine et la manigance, appliquant l’adage « diviser pour mieux régner » à la lettre.
Chez Nous fait froid dans le dos tant on comprend trop aisément l’engrenage dans lequel l’héroïne s’est enlisée, tandis que l’excitation des élections ont tendance à réveiller des facettes insoupçonnées des gens qui l’entourent. En plus de l’objectif à peine voilé de Lucas Belvaux, le film alerte sur les discours politiques, invitant chacun à creuser les ambitions réelles des différents partis au lieu de se laisser enfumer par de trop belles paroles, rappelant, au final, que les politiciens ne s’intéressent finalement pas au peuple mais au pouvoir (peu importe le camp choisi).

Au casting, Emilie Dequenne (Au Revoir Là-Haut, Maman A Tort…) est excellente dans ce personnage déchiré entre ses convictions et ses choix, face à un André Dussollier (Adopte Un Veuf, Le Grand Jeu…) convaincant et à l’aise en mentor manipulateur. Autour d’eux, Catherine Jacob (Telle Mère, Telle Fille…) et Anne Marivin (L’Embarras du Choix…) ont des rôles difficiles mais restent toujours très crédibles, malgré les vives émotions que leurs personnages peuvent susciter.

En conclusion, période d’élection ou pas, Chez Nous est un bon rappel, non pas pour haïr qui que ce soit, mais pour se méfier des apparences trop propres des partis politiques avant de s’engager. Et éventuellement, apprendre à mieux s’entourer aussi. Grâce à son approche simple et sans jugement de valeur au niveau humain, le film de Lucas Belvaux montre un visage français authentique et malheureusement exploitable. À voir.

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