[CRITIQUE] Simetierre, de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer

Moderne sur la forme, plutôt datée sur le fond : cette nouvelle adaptation du roman de Stephen King tente de moderniser un film old school en proposant des personnages qui tiennent la route malgré un tableau très formaté. Le film de Kevin Kölsch et Dennis Widmyer s’avère bien trop sage et codifié pour tenir ses promesses. Parfait pour une soirée Halloween pour les plus sensibles, Simetierre choisit la facilité contemplatrice ponctuée par des jumpscares et autres artifices nocturnes pour fonctionner, ce qui plombe un film qui aurait pu faire des étincelles s’il avait osé sortir de la zone de confort des films de genre actuels qui préfèrent assurer les entrées en salles, plutôt que de satisfaire les amateurs de sueurs froides.

[CRITIQUE] Captain Marvel, d’Anna Boden et Ryan Fleck

Le premier super-héros féminin adapté par Marvel Studios débarque au cinéma quelques semaines seulement avant Avengers: Endgame, ce qui est un sacré défi en soit. Sans véritable prise de risque, Captain Marvel s’inscrit comme une origin story séduisante en introduisant un personnage en pleine quête existentielle alors qu’elle possède des pouvoirs extraordinaires et une mémoire…

[CRITIQUE] Mary, de Marc Webb

Attendu mais joliment interprété, Mary fait partie de ces films solaires et attendrissants qui savent s’approprier des sentiers, certes, déjà battus maintes fois, mais avec une fraîcheur et un point de vue intéressants, neufs et efficaces. Marc Webb signe une dramédie familiale, entre éducation et ruptures, dans une histoire accessible, mignonne et teintée d’espièglerie mais surtout portée par un sous-texte douloureux qui renforce la sincérité touchante et conquérante du film. Simple mais charmant, Mary réchauffe les cœurs, surtout grâce à la jeune McKenna Grace, une belle découverte.

[COUP DE CŒUR] Nous Trois ou Rien, de Kheiron

À la sortie du film (et après une belle standing ovation pour Kheiron et Leila Bekhti), on m’a demandé de décrire ce film en trois adjectifs. Encore à chaud et sous l’émotion, j’en ai donné plein. Aujourd’hui, pour décrire le film Nous Trois ou Rien de Kheiron, je dirais juste un mot : formidable. Ce film est formidable et les raisons sont multiples. Drôle, touchant et vrai, Nous Trois Ou Rien est un bel hommage qu’offre Kheiron à ses parents et un véritable cadeau pour son public et le cinéma français. Pour un premier film, c’est tout simplement formidable. Oui, comme la chanson de Stromae, et vous l’avez dans la tête maintenant.

[CRITIQUE] Unfriended, de Levan Gabriadze

Drôle et étonnant, Unfriended dénonce les dérives des réseaux sociaux à travers un film original, composé de vidéos sur Skype. Malgré la facilité apparente, la prouesse technique est notable, de la traduction des écrans et des échanges au dynamisme du film qui empêche les temps morts. Le hic dans tout cela, c’est que le film de Levan Gabriadze est annoncé comme un film d’horreur. Si Unfriended permet aux ados de réfléchir à deux fois avant de harceler ou de ridiculiser un camarade d’école sur internet, coté flippe on y est pas, mais alors, pas du tout. Par contre, on rigole bien.

[CRITIQUE] The Voices, de Marjane Satrapi

Pop, coloré et sanglant, The Voices réunit plusieurs ingrédients qui d’ordinaire parviennent à me séduire. Cette fois, le dernier film de Marjane Satrapi, son second degré cynique et sa seconde lecture dramatique m’ont laissé… de marbre. Alors que l’ensemble est prometteur, tous les efforts sont anéantis par des personnages trop poussifs et un chat qui parle un tantinet lourdingue, tandis que les traits d’humour tombe à plat à cause d’une ambiance légèrement anxiogène mais savamment entretenue. Marjane Satrapi a bien du mal à faire cohabiter les deux visages de son film, du coup The Voices fait l’effet d’une overdose crispante de sourires plâtrés et de bonne humeur forcée, hanté par des personnages bien difficiles à apprécier. Malgré de bonnes attentions visibles et un sujet intriguant, The Voices se révèle finalement un peu (trop) éteint et souvent redondant. Vraiment dommage, pour une fois que Ryan Reynolds s’en sort bien !