[CRITIQUE] Song To Song, de Terrence Malick

Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas, deux couples – d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse – voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison.

[CRITIQUE] It Comes At Night, de Trey Edward Shults

Prenant et mystérieux, Trey Edward Shults signe un film noir et étouffant, hanté par un monde désolé et des personnages livrés à eux-même, qui parvient à créer une atmosphère suffisamment insidieuse et inquiétante pour intéresser. Pourtant, It Comes At Night méritait mieux que le traitement horrifique qui lui est réservé, car en voulant jouer la carte du mystère et épicer la trame avec des tentatives de frissons transparents et inutiles, le résultat botte en touche et passe à coté d’une histoire au potentiel inexploité. Dommage, car le casting est très bon et la mise en scène est judicieuse et bien fichue.

[CRITIQUE] A Cure For Life, de Gore Verbinski

Tourmenté et envoûtant, A Cure For Life tisse un thriller captivant, à mi-chemin entre la réalité et le cauchemar. Malgré pas mal de faiblesses de rythme, Gore Verbinski tisse une intrigue troublante, portée par une photographie spectrale qui vient asseoir une ambiance à la fois nerveuse, curieuse et étrangement repoussante. Voulez-vous vraiment connaître la vérité derrière la cure ?

[CRITIQUE] Corniche Kennedy, de Dominique Cabrera

Maladroit mais sympathique, le nouveau film de Dominique Cabrera surfe sur les clichés pour illustrer le quotidien désœuvré d’une bande de jeunes Marseillais, oscillant entre la quête du frisson pour exister et l’absence de repère. Entre rêve de liberté et illégalité, Corniche Kennedy livre une histoire assez convenue, mais facile à suivre, à la réalisation assez abrupte et linéaire, proche du téléfilm. Toujours juste rattrapé par une ambition solaire, le film essuie de nombreux défauts qui gâchent son potentiel.

[CRITIQUE] Iris, de Jalil Lespert

Truffé de twists et fleurant bon l’entourloupe, Iris captive grâce à son univers sophistiqué au visuel séduisant. Jalil Lespert tisse un thriller sensuel qui s’effeuille lentement sous nos yeux avant de révéler un trognon bien maigre : une fois le mystère levé, il ne reste qu’un trio de personnages en demi-teintes et une intrigue cousue de fil blanc, voire inintéressante et bancale. Dommage, car Charlotte Le Bon est magnifique.

[BLABLA] Petit guide pour une expérience ciné réussie

L’incivilité au cinéma touche tout le monde : nous avons tous été face à des exemples qui nous ont fait regretter le déplacement. Parfois, si les gens optent pour la VOD ou autres voies plus ou moins légales, ce n’est pas seulement à cause du prix du billet (entre 11 et 12 euros à Paris), c’est aussi pour éviter certaines personnes qui se croient à la maison. Alors voici un petit guide pratique pour cinéphile de tout poil et pour un monde meilleur. Bonne lecture.

[CRITIQUE] Le Chasseur et la Reine des Glaces, de Cédric Nicolas-Troyan

Dans la catégorie des suites qu’on attendait pas vraiment, Les Chroniques de Blanche-Neige : Le Chasseur et la Reine des Glaces débarque sur nos écrans, quatre ans après le film Blanche-Neige et le Chasseur, un film de Rupert Sanders qui a connu un succès controversé au vu de son ensemble plutôt moyen, notamment grâce au scandale de l’époque autour de la romance entre l’actrice principale, Kristen Steward (alors promise pour toujours à Robert Pattinson) et le réalisateur (marié). Au-delà des gossips people, les producteurs ont cru bon de préparer une suite, sans Blanche-Neige, mais valorisé par un casting alléchant (qui devrait faire regretter à certains leurs manies de signer des contrats impliquants plusieurs films…). À l’arrivée, Le Chasseur et la Reine des Glaces est un film plutôt joli, bien que déjà vu, mais surtout chiant comme la pluie à cause d’une intrigue en papier mâché qui prend l’eau dès les vingts premières minutes. Bref, l’ennui total rivalise avec l’incompréhension, surtout quand on voit des actrices aussi talentueuses qu’Emily Blunt et Jessica Chastain venir se perdre dans un film aussi pauvret.

Rattrapage 2015 : À Trois On Y Va, de Jérôme Bonnell

Le pitch : Charlotte et Micha sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour. Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie… Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour… mais avec Mélodie aussi ! Pour Mélodie, c’est le vertige. Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps…

[CRITIQUE] Joy, de David O. Russell

Après Hapiness Therapy et American Bluff, David O. Russell est de retour avec un film au casting bien familier et une histoire plutôt déconcertante (pour ne pas dire décevante). Sans surprise, Joy tente de noyer le poisson dans une cacophonie familiale et survoltée pour mieux forcer le trait sur une héroïne méritante qui fabrique des serpillières pour sauver le monde (ou presque). Si les intentions de David O. Russell sont claires, il choisit le chemin le plus compliqué pour y parvenir au lieu d’assumer pleinement le parcours modeste de son personnage. Au bout de trois films fabriqués dans le même moule, Joy ne parvient pas à donner le change bien longtemps et fleure bon l’arnaque. Et si le très bon Fighter était l’exception qui confirme la règle ?

[CRITIQUE] A Love You, de Paul Lefèvre

Dans un road trip ensoleillé fleurant bon les comédies françaises des années 70-80, Paul Lefèvre disserte sur l’amour et ses nombreuses perceptions actuelles à travers le périple de deux amis en vadrouille. Potache et éparpillé, A Love You est un premier film très bavard et malheureusement vide, à peine sauvé par le duo attachant que Paul Lefèvre forme avec Antoine Gouy.

[CRITIQUE] Comme Un Avion, de Bruno Podalydès

Léger et agréable, Comme Un Avion est une parenthèse bucolique et sympathique, sur l’art oublié de se laisser porter par le courant (littéralement). Autour d’un personnage balbutiant, le film de Bruno Podalydès ne paie pas de mine et est parfois un peu gauche, mais le coté pétillant de ses personnages décalés et le ton estival de Comme Un Avion crée un ensemble envoûtant et amusant. Un bon moment.

[CRITIQUE] Inherent Vice, de Paul Thomas Anderson

Compliqué, fade, laborieux… le dernier film de Paul Thomas Anderson réussit si bien à retranscrire la vision enfumées des années hippies qu’il n’en reste qu’un amas de dialogues insipides, à la frontière d’élucubrations incompréhensibles et d’inspirations psychédéliques. Coincés quelque part entre le trip planant et les essais un peu arty, Inherent Vice, c’est presque deux heures et demie perdues dans un océan de vide où des acteurs talentueux s’agitent sous la houlette d’un cinéaste d’ordinaire… extraordinaire mais qui, pour la première fois, se plante violemment.