
Le pitch : La nuit du 13 novembre 2015, Christelle, comme le reste du pays est sous le choc. Tous les concerts des Eagles of Death Metal à Paris, elle y était. Mais là, elle n’y était pas. Pourtant, elle rentre en contact avec plusieurs victimes pour leur apporter son soutien et trouve auprès de ces survivants de la compagnie et un but. Quand l’idée de créer une association prend forme, Chris s’impose comme un élément essentiel. Mais à mesure que son influence et ses relations grandissent, les incohérences de son histoire suscitent des soupçons. Vrais mensonges, fausse victime. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller ?
Inspiré du livre-enquête La mythomane du Bataclan d’Alexandre Kauffmann.
Créée par Jean-Baptiste Delafon et Fanny Burdino
Disponible sur Disney+
Avec Laure Calamy, Arieh Worthalter, Lengronne, Ava Baya…
Une Amie Dévouée, mini-série diffusée sur Disney+, joue sur l’ambiguïté de son personnage principal pour explorer une histoire de manipulation et de mensonges au cœur de l’un des drames les plus marquants de l’histoire récente. Portée par une Laure Calamy fascinante, la série s’attache à dépeindre une femme complexe, aussi charmante qu’insaisissable, dans sa quête trouble de reconnaissance.
Le point fort de la série réside dans son atmosphère tendue et son portrait psychologique. Les créateurs, Jean-Baptiste Delafon et Fanny Burdino, parviennent à maintenir une tension latente, amplifiée par la fragilité apparente de « Chris », personnage principal en quête désespérée d’un rôle central dans un drame auquel elle n’a pourtant pas pris part. Les seconds rôles, bien qu’effacés par l’omniprésence de Chris, enrichissent cette spirale de manipulations, où l’on observe les ravages d’une mythomanie qui ne s’arrête devant rien : faux témoignages, escroqueries émotionnelles et stratagèmes financiers.

Pourtant, malgré une montée en puissance prometteuse, Une Amie Dévouée trébuche dans son dernier acte. En seulement quatre épisodes, la série s’efforce de condenser une histoire complexe, mais finit par s’arrêter net, au moment même où l’intrigue semblait prendre toute sa mesure. La chute de Chris, ses explications et les répercussions de ses actes sont laissées hors champ, privant le spectateur d’un dénouement pleinement satisfaisant. Le choix de se concentrer sur la construction du personnage au détriment de la résolution narrative laisse un sentiment d’inachevé, comme si le récit s’interrompait avant d’avoir tenu toutes ses promesses.
Peut-être est-ce une question de pudeur, mais Une Amie Dévouée peine à transcender son sujet et à mettre les mains dans le cambouis en projetant une mauvaise image de cette arnaqueuse qui pourrait déteindre sur les véritables victimes. Cependant si elle captive par moments, son manque de profondeur dans le traitement des victimes et son final abrupt laissent une impression mitigée.

Au casting : autour de l’excellent Laure Calamy (Iris et Les Hommes, L’Origine du Mal, Annie Colère…), on retrouve un autre acteur oscarisé Arieh Worthalter (Rien à Perdre, Le Procès Goldman…), ainsi qu’Annabelle Lengromme (Les Femmes du Square, Filles de Joie…), Ava Baya (Comme Une Actrice, Notre-Dame Brûle…) ou encore Alexis Manenti (Diamant Brut, Les Misérables…).
En conclusion, Une Amie Dévouée intrigue par son portrait fascinant de manipulation et de mythomanie, mais son dénouement abrupt et son manque de profondeur envers les victimes laissent une impression d’inachevé. À voir.

