[CRITIQUE] Mowgli : La Légende de la Jungle, d’Andy Serkis

Le pitch : Le film s’attache au parcours de Mowgli qui, enfant, est élevé par une meute de loups au cœur de la jungle indienne. Tandis qu’il apprend les lois souvent âpres de la jungle, sous la responsabilité de l’ours Baloo et de la panthère Bagheera, Mowgli est accepté par les animaux de la jungle comme l’un des leurs – sauf par le terrible tigre Shere Khan. Mais des dangers bien plus redoutables guettent notre héros, au moment où il doit affronter ses origines humaines.

Deux ans après l’adaptation en prises de vues réelles du conte Disney, Le Livre de la Jungle, par Jon Favreau, la version très attendue d’Andy Serkis (réalisateur de la 2ème équipe pour la saga Le Hobbit de Peter Jackson, puis de son premier film Breathe) débarque enfin… sur Netflix. Et oui, le film Mowgli : La Légende de la Jungle, initialement prévu pour le grand écran, a été acheté par la plateforme et cela permet de découvrir le film dans le confort de son canapé. C’est un choix… que j’ai du mal à comprendre, mais bon.
Directement adapté des écrits de Rudyard Kipling, ne cherchez pas des chansons et des animaux qui dansent dans Mowgli : La Légende de la Jungle. Forcément, le résultat est bien plus sombre et plus mature : le film d’Andy Serkis s’attache à l’évolution de Mowgli dans la jungle et du rôle important qu’il va jouer pour la survie des siens, déchiré entre sa nature humaine et sa famille animale. Le film inscrit son récit dans un cadre plus réaliste, opposant son jeune héros aux dangers du monde dans lequel il évolue, entre un Shere Khan plus revanchard que jamais et une famille de loups bien consciente du danger qu’il représente. Contrairement à la version Disney, la jungle est beaucoup moins accueillante et enchanteresse tandis que, en étant plus fidèle à la version de Kipling, le film d’Andy Serkis se penche également sur le passage de Mowgli chez les hommes.

Cependant, si Mowgli : La Légende de la Jungle est plus proche de l’histoire originale, il faut dire qu’il lui manque aussi l’attrait fédérateur du conte repris par Disney. Si globalement, l’intrigue garde le même objectif à travers le parcours de son héros, le film s’avère nettement moins attachant. Malgré son univers plus sombre, Andy Serkis s’éparpille entre le rapport entre Mowgli et les animaux, puis Mowgli et les humains, sans parvenir à équilibrer les relations multiples qui en émergent. Du coup, les personnages sont moins accessibles : Bagheera reste une sorte de mentor, mais Baloo perd de sa jovialité pour devenir un alter-ego de la panthère bourrue et Akela n’est plus un chef de meute solaire, tandis que coté humaine, le film développe multiple détours pour éviter de se confronter aux pièges narratifs. En effet, comment un enfant élevé dans la jungle se retrouve dans le monde des humains ? Mowgli : La Légende de la Jungle contourne maladroitement le problème en rendant ses personnages quasi-muets pour éviter les incohérences.

Finalement, le plus gros bémol reste l’esthétique du film. Dans l’ensemble, la réalisation est entraînante et Andy Serkis se montre inventif dans le traitement de l’action afin de rendre les scènes lisibles et lumineuses. Là où le bât blesse, c’est quand on se penche sur l’aspect des animaux. Difficile de fermer les yeux sur le petit budget du film et de ne pas marquer la différence avec Le Livre de La Jungle de Jon Favreau dans laquelle les animaux étaient criant de vérité. Ici, dès les premières minutes, Mowgli : La Légende de la Jungle montre rapidement ses limites tant les animaux ne font pas entièrement vrai et que certains détails d’animation vont parfois piquer les yeux. Alors oui, on peut débattre des heures sur quelle version est la meilleure, d’un point de vue narratif, mais en ce qui concerne le visuel, Disney remporte haut la main ce face-à-face. Et pis,il n’y a pas de hyène dans la jungle.
En fait, ce n’est pas plus mal que le film ne soit pas sorti au cinéma : sur grand écran, ses défauts auraient largement pris le pas sur l’histoire qui, globalement, reste captivante sans être extraordinaire.

Au casting vocal : habitué à donner de la voix à des créatures de tous poils (ou écailles), Benedict Cumberbatch (Sherlock, Avengers – Infinity War…) donne encore plus de relief à un Shere Khan déjà flippant, Andy Serkis (Black Panther, La Planète des Singes – Suprématie…) propose un Baloo plus sérieux à l’accent cockney et Christian Bale (Hostiles, The Big Short…) livre un Bagheera qui rappelle parfois une certaine chauve-souris. Cate Blanchett (Ocean’s 8, Thor : Ragnarok…) incarne Kaa, tandis que Peter Mullan (Hostiles…) et Naomie Harris (Rampage, Moonlight…) bouclent un ensemble plutôt bien choisi. À noter, que les acteurs ont également fait de la motion capture pour rendre leurs personnages plus vivants.
Coté humains, le jeune Rohan Chand (Les Recettes du Bonheur, Jumanji : Bienvenue dans la Jungle…) est plutôt convaincant, même si parfois ses mimiques sont un peu grossières (et qu’il m’a souvent fait penser à Michael Jackson étrangement). À ses cotés, Matthew Rhys (The Americans, Pentagon Papers…) et Freida Pinto (Knight of Cups…) sont également de la partie, bien qu’en retrait.

En conclusion, plus dark que la version Disney, certes, mais aussi plus éparpillé et moins attachant, en cherchant le réalisme, Mowgli : La Légende de la Jungle est nettement moins convaincant. Ça manque de doubidibou I wanna be like you-ou-ou 🙂 À voir… sur Netflix.

Une réflexion sur “[CRITIQUE] Mowgli : La Légende de la Jungle, d’Andy Serkis

  1. Pas de hyène dans la jungle et pas de défenses gigantesques sur les éléphants d’Asie. Beaucoup d’erreurs et d’incohérences sur ce film, mais il reste regardable malgré tout.
    Bonne critique, merci.

    Amicalement,
    Thomas

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