
Le pitch : Un groupe de lycéens tombe sur un artefact oublié : un Sifflet de Mort Aztèque. Ils découvrent que souffler dedans libère un son terrifiant, capable d’invoquer leurs morts futures pour les traquer. Alors que le nombre de victimes augmente, les adolescents doivent briser la chaîne de la Mort avant que le dernier écho du sifflet ne scelle leur destin.
Après avoir déjà démontré sa capacité à saboter un concept pourtant prêt-à-tourner avec La Nonne, Corin Hardy persiste et signe avec Le Sifflet, un pseudo film d’horreur qui semble cocher avec application toutes les cases du manuel de la réalisation pour les nuls. On y retrouve un groupe d’ados aussi archétypaux qu’incompatibles : le quaterback et sa bimbo, l’héroïne dark un peu paumée (comprendre : dépressive), son love interest interchangeable (bon, ok, cette fois c’est une romance LGBT) ainsi qu’un personnage rigolo incapable de se déplacer normalement tout au long du film. Au passage, on aura également droit à un vague vilain et un discours anti-drogue… why not.

Pour les réunir, rien de tel qu’un artefact vaguement mésoaméricain (aztèque, inca, peu importe) qui traîne là, bien sagement, en attendant qu’un génie ait l’idée de souffler dedans. Le problème, c’est que le film est aussi paresseux dans son écriture qu’il est démonstratif dans ses effets. Le Sifflet enchaîne des scénettes peu inspirées, entre surexposition et jumpscares, sans jamais chercher à construire une véritable tension. Et pourtant, difficile de nier un certain plaisir coupable : cette succession de tableaux absurdes finit presque par devenir amusante malgré elle.

Visuellement, le film ne fait aucun effort pour masquer ses limites : décors en carton-pâte, dialogues surexplicatifs, enchaînements mécaniques… Tout semble conçu pour aller vite, très vite, quitte à sacrifier toute crédibilité (si tant est qu’il en est une). Plus que la peur, c’est le choc qui est recherché, avec des morts spectaculaires pensées comme des attractions. Le souci, c’est que ces séquences n’ont aucun impact narratif : les personnages meurent seuls ou sous les yeux de figurants qui n’avaient rien demandé et dont le traumatisme ne sera jamais exploré. Résultat, un enchaînement de morts graphiques aussi creux que les jumpscares sonores qui les accompagnent. Et oui, comme l’histoire tourne autour d’un sifflet, le volume poussé à fond devenant presque l’unique ressort du film. Waouh.

On est clairement face à du fast-food horrifique : un scénario expédié, des enjeux inexistants, des adultes fantômes (ou chair à canon, coucou Nick Frost) et des rebondissements sortis du chapeau pour maintenir artificiellement l’histoire en mouvement. Mention spéciale à ce festival aux accents Halloweenesque, surgissant de nulle part dans une bourgade anonyme, uniquement pour justifier un labyrinthe clin d’œil (très, très appuyé) à The Shining. Subtilité : zéro. Et oui, car le réalisateur veut rendre hommage à ses pairs, alors qu’il ne fait que passablement pomper la vibe laissée par le film La Main du duo Danny et Michael Philippou. Le film accumule les clins d’œil (Craven, Verhoeven, Muschietti…) sans jamais atteindre le niveau de ceux qu’il cite. Pire, ces emprunts ne font que souligner le manque cruel de personnalité de l’ensemble.

Au casting, au lieu de l’habituelle chair à canon, on retrouve quelques visages connus dont Dafne Keen (Logan, His Dark Materials, Deadpool & Wolverine…) en tête d’affiche, aux cotés de Sophie Nélisse (Heated Rivalry, Yellowjackets…) et Percy Hynes White (Mercredi, The Gifted…), tandis que Nick Frost (Dragons, Une Famille sur le Ring…) et Michelle Fairley (Tu Ne Mentiras Point, Game of Thrones…) font un passage éclair.
En conclusion, Le Sifflet n’est ni effrayant, ni raté. C’est un film d’horreur pop-corn qui se hisse au niveau du nanar anecdotique, vite vu et vite digéré. Et c’est déjà pas si mal. À tenter.

