Imogene : une comédie fade et brouillonne portée par un casting attachant

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Peu convaincante mais attachante, Imogene est une comédie passable qui se laisse gentiment regarder. Shari Springer Berman et Robert Pulcini (Le journal d’une baby-sitter en 2007) s’intéressent à nouveau au parcours rocambolesque d’une jeune femme alors que tout son monde s’écroule. Malheureusement, si Imogene a su s’entourer d’un casting hautement attachant, le film peine a avancer. Chaque personnage ayant sa propre histoire, Imogene ne manque pas d’idées mais ne parvient pas à les exploiter, ce qui finit par devenir assez frustrant. Éparpillé, un peu mou et souvent froid, Imogene emprunte ses idées ça et là pour offrir un film anecdotique, plutôt brouillon, attendu et mollement drôle.

Le pitch : Après avoir tout tenté pour attirer l’attention de son petit ami qui vient de la quitter, Imogene, auteur new yorkaise sans succès, se voit obligée de retourner dans le New Jersey où elle doit à nouveau cohabiter avec sa famille plutôt excentrique.

Imogene est une comédie pleine de promesses. Shari Springer Berman et Robert Pulcini avaient déjà marqué les esprits avec Journal d’une baby-sitter en 2007, retraçant le parcours sympathique d’une jeune femme moderne et diplômée mais qui n’a pourtant aucune idée de ce qu’elle souhaite faire dans la vie. Une trame honnête à laquelle on pouvait aisément s’identifier, joyeuse et rythmée qui, même si l’issue était prévisible, réussissait à surprendre et à amuser.
Six ans plus tard, le duo de réalisateurs nous revient avec Imogene, qui pourrait être une suite non officielle, tant la ressemblance entre les deux héroïnes se fait sentir. Mais en dehors de ça, Imogene prend une toute autre direction…
Dès le début, Imogene installe un climat incertain et superficiel, laissant amplement deviner que le monde parfait de notre héroïne ne va pas tarder en éclat. Dans une première partie peu intéressante, Imogene établit ses bases à la va-vite et cette introduction finit par peser bien lourd sur les épaules de Kristen Wiig, forcée de nous divertir en attendant que le reste de la famille débarque. Révélée au grand public grâce au film Mes Meilleures Amies, le personnage d’Imogene ressemble à une version sous somnifère d’Annie, ce qui rend les choses inquiétantes car on attend le moment où elle nous fera rire… en vain.
C’est alors que la famille d’Imogene entre en scène et, comme on nous l’avait promis, ce ne sont pas les bizarreries qui manquent. De la mère accro aux jeux au frère légèrement perturbé, chaque personnage apporte son lot de surprises, à la fois bizarres et sympathiquement drôles, et on finit par entrevoir pourquoi le personnage d’Imogene est aussi instable au milieu de cette famille timbrée. Tous vont cohabiter dans un joyeux bordel, jusqu’au moment où Imogene prend un nouveau virage en révélant une nouvelle intrigue, comme s’il n’y en avait pas déjà assez ! Débordant d’idées, le film vogue d’une intrigue à l’autre avec un manque de cohérence évident et avance à petits pas vers une issue incertaine. Trop de sujets abordés et pas assez de temps, Imogene tente de faire évoluer son personnage principal en l’amenant à se découvrir et à accepter ses racines dans un imbroglio bruyant, hystérique et parfois vain. Pourquoi autant se compliquer la vie ?

Forcément, au bout d’un moment, il faut savoir boucler la boucle et à force de s’être étaler en long en large et en travers sur chaque problème de chaque personnage, Imogene perd le fil et se raccommode maladroitement dans un final plutôt bancal et aseptisé. Pour une comédie aussi centrée sur la famille, le manque de chaleur entre les personnages est plutôt frustrant et ne parvient pas à convaincre de sa sincérité. Séparément, les personnages sont attachants et souvent même touchants, mais ensemble, on y croit pas une minute. En sur-vendant les acteurs phares du film, Imogene tente de calquer ses personnages sur d’autres succès, si bien qu’en plus d’une Kristen Wiig ressemblant vaguement à Annie (Mes meilleurs amies), nous n’échapperons pas à une ou deux chansonnettes de Darren Criss (Glee) et le frangin pourrait être le petit frère caché de Zach Galifianakis… A travers tous ces personnages vivotant dans une sorte d’hystérie permanente, Imogene tente d’explorer une mini crise identitaire pas vraiment intéressante,en multipliant les péripéties plus ou moins drôles dans un ensemble maussade et plutôt terne.

Au casting, Kristen Wiig était la pièce maîtresse du film et pourtant, on l’a déjà vu plus drôle et plus à l’aise, y compris dans des films où elle n’assurait pas forcément l’ambiance. A ses cotés, Annette Bening (The Kids are All Right, 2010) est superbe dans ce rôle étonnant de mère givrée, tandis que Matt Dillon refait surface dans un personnage étrange et peu crédible. Même manque de crédibilité chez Darren Criss qui incarne Lee, sexy en diable mais desservi par le poids de son personnage dans Glee.

En conclusion, Imogene s’agite beaucoup pour ne brasser que du vide. Malgré ses nombreux personnages tendrement loufoques et attachants, Imogene en fait beaucoup trop, surtout en surfant éhontément sur la notoriété existante de son casting, et la multiplication des idées rend le film brouillon et bordélique. Du coup, on finit par en ressortir en se demandant : mais en fait, ça parle de quoi ?

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