Sexy Dance 5 – All In Vegas : Une suite très décevante

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Après un quatrième volet graphique et original, Sexy Dance 5 – All In Vegas fait l’effet d’une douche froide. La franchise retrouve ses vieux démons en mettant de nouveau en avant le streetdance dans un opus brouillon et répétitif aux scènes de danses plutôt inégales, voire médiocres (non pas que je serais capable de faire pareil). De plus, le film de Trish Sie s’encombre d’un scénario bavard et bien trop développé pour, admettons-le, le niveau des acteurs qui sont plus danseurs qu’autre chose. Bref, Sexy Dance 5 – All In Vegas a beau essayer dans mettre plein la vue, mais rien y fait : c’est du (mauvais) réchauffé.

Le pitch : Alors qu’un danseur de rue de Miami, Sean Asa, emménage à Hollywood rêvant de fortune et de gloire, il se retrouve confronté aux contraintes quasi insurmontables requises pour réussir dans le milieu professionnel de la danse. Mais lorsque la nouvelle équipe qu’il forme avec la belle et opiniâtre Andie West se quali­fie en finale d’un reality show de qualité sous les paillettes de Las Vegas, il trouve alors l’occasion de réaliser son rêve.

Pour la première fois depuis le premier opus, une femme est de retour aux commandes d’un Sexy Dance. Etant donné que je n’avais pas aimé le premier, je me demande vraiment si c’est lié car les défauts sont assez semblables, de l’histoire trop bavarde portée par des acteurs moyens aux chorégraphies peu spectaculaires et redondantes. En effet, là où les Sexy Dance 2, 3 et 4 proposaient une histoire simpliste rythmée par des chorégraphies extrêmes, ils sembleraient que ces dames tiennent absolument à creuser une histoire plus étoffée. Or, même si l’un des premiers reproches d’un film de danse c’est le fait d’avoir un scénario prévisible, il faut dire qu’on s’y était habitué et contenté. En fait, personne n’est vraiment contre, mais en y regardant de plus près, si les acteurs de Sexy Dance sont d’excellents danseurs, coté interprétations, ça pique un peu les yeux.

>>> Sexy Dance : Retour sur la saga qui fait danser le cinéma

C’est justement un des problèmes principaux dans Sexy Dance 5 – All In Vegas. Certes les retrouvailles avec The Mob et les personnages de Sexy Dance 2 et 3 font plaisir – notamment le retour d’Andie -, mais dès le départ, le film montre de grosses faiblesses scénaristiques. Avec une ouverture sous forme de casting aux performances inhabituelles, hanté par un monologue morne, Sexy Dance 5 – All In Vegas a beaucoup de mal à démarrer et à nous épater, déjà parce que l’ambiance n’est pas au beau fixe mais aussi parce que l’univers street et battle flaire bon le déjà vu. Entre retrouvailles à rallonge, montage à la hache et ellipses temporelles commodes, Sexy Dance 5 – All In Vegas papote au lieu d’entrer dans le vif du sujet et cumule des invraisemblances de plus en plus visibles pour permettre au film d’avancer.
Si d’habitude on excuse volontiers les erreurs de ce genre de film, surtout dans cette franchise, c’est parce que les scènes de danses prennent toute la place et sont spectaculaires. Sauf que cette fois, à force de stagner sur du réchauffé, les défauts de Sexy Dance 5 – All In Vegas sautent aux yeux, du jeu d’acteurs très moyens à la mise en scène amateure, en passant par une histoire ronflante et, comment dire – allez j’ose – chiante ! Le film surfe, en retard, sur la mode de la télé-réalité (sic) en plongeant ses personnages dans les affres d’un concours de danse obscure animé par une Lady Gaga du pauvre. Entre rivalités téléphonées et amourettes transies, le manque d’inspiration évident du scénariste (John Swetnam, également scénariste de Black Storm…) ne fait qu’étirer une trame inintéressante et poussiéreuse ponctuée par des chorégraphies disney-like, des personnages aussi caricaturaux que lourds et des sous-intrigues embarrassantes. En voulant être plus cérébral, Sexy Dance 5 – All In Vegas met en avant une histoire brouillonne, porté par un casting approximatif qui tente visiblement de garder la face, même si la démotivation n’est pas loin (en tout cas sur le visage du héros, elle y est en permanence…).

Coté spectacle et bande-originale, ce n’est pas la joie non plus. Il y a très exactement deux scènes en tout et pour tout qui valent le détour, c’est-à-dire un clip vidéo sympathique et le grand finale (même si ce dernier est criblé de faux raccords ahurissants). Si on admire toutefois le talent indéniable des acteurs (quand ils dansent bien sûre, car quand ils ouvrent la bouche c’est rapidement insupportable), la franchise Sexy Dance nous avait déjà proposé beaucoup mieux. Sexy Dance 5 – All In Vegas ressemble à un véritable retour en arrière, après un dernier opus inventif et vraiment réussi, ne serait-ce qu’en faisant passer la danse au second plan (les battles sont survolées au profit des intrigues envahissantes). Derrière la caméra, Trish Sue livre un ensemble figé et sans surprise, en réutilisant des effets déjà vus auparavant, le tout engoncé dans un film monté à la hâte. Si la narration laisse à désirer, la 3D se révèle carrément inutile, sauf si on aime bien se prendre une casquette en pleine tronche ou du sable dans les yeux. Et même ça, ça a déjà été fait dans Sexy Dance 4 !
La seule chance pour le film de se démarquer serait, éventuellement, de plaire à un public très jeune, grâce à son ambiance colorée et m’as-tu-vu de Las Vegas (où les participants d’un sombre concours de danse sont logés dans des suites luxueuses au Caesar Palace… haha… la bonne blague !).

Au casting, on retrouve surtout des personnages découverts dans les films précédents : Ryan Guzman montre ses abdos à défaut de montrer les dents, à force de tirer la tronche, il devient rapidement transparent face à une Briana Evigan adoucie et plus féminine que dans Sexy Dance 2. Adam Sevani troque ses habituels caméos pour un vrai rôle dans lequel Moose se démarque un peu plus. Autour, nous retrouvons également Misha Gabriel, Mari Koda et Alyson Stoner dans des rôles secondaires, tandis qu’Izabella Miko décroche la palme du ridicule dans un rôle très agaçant.

En conclusion, Sexy Dance 5 – All In Vegas est très décevant. Alors que la franchise était reine parmi les films de danse, il semblerait qu’on assiste à la fin d’un règne, car si le spectacle est à peine assuré, l’histoire globale ne permet certainement pas de relever le niveau à cause d’un casting pauvret et d’un scénario aberrant de nullité. Jolie plantade.

Even the director is trying to be incognito...

Even the director is trying to be incognito…

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