Ninja Turtles : Tout juste divertissant, mais trop ciblé (ado)

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Coloré mais bancal, Ninja Turtles débarque en trombe sur les écrans français, après avoir caracolé en tête du box-office US cet été. L’adaptation du célèbre dessin animé Tortues Ninja, produite par Michael Bay et réalisée par Jonathan Liebesman se révèle suffisamment divertissant pour tenir éveiller mais souffre de nombreux défauts qui auraient pu être corriger avec un peu plus de maîtrise. Entre les scènes d’action illisibles et l’humour qui fait souvent un flop, Ninja Turtles a beau être traversé par une énergie communicative, le résultat est trop adolescent et ficelé à la hâte… Les Tortues Ninja méritaient mieux.

Le pitch : Tenez-vous prêts : quatre héros de légende vont bientôt faire parler d’eux à New York… Leonardo, le leader, Michelangelo, le beau gosse, Raphael, le rebelle et Donatello, le cerveau, vont tout faire pour défendre la ville de New York, prise entre les griffes de Shredder. Entre deux dégustations de pizzas (sans anchois, bien sûr) et un entraînement intense aux arts martiaux, prodigué par leur maître Splinter, ils vont accomplir leur destin, aidés par la courageuse reporter, April O’Neil.

Adolescentes, mutantes, ninjas, dévoreuses de pizza… On ne présente plus les fameuses Tortues Ninja, issues d’une bande-dessinée américaine parue en 1984, puis adaptées en dessin animé en 1987. Ces quatre (super) héros hors du commun reviennent au cinéma pour une quatrième adaptation (hors films d’animation) réalisée par Jonathan Liebesman (Massacre à la Tronçonneuse : Le Commencement, La Colère des Titans…).
Dans l’ensemble, Ninja Turtles est tout juste divertissant. Le film installe une « origin story » basique en présentant ses différents personnages et les liens entre April O’Neil et les quatre Tortues Ninja. Dans une ambiance décontractée à la sauce blockbuster, le film mise énormément sur le potentiel attachant de ses héros survoltés (et adolescents, cela est bien précisé dans le film au cas où cela échapperait au public), en enchaînant action et humour à toutes vitesses. Jonathan Liebesman parvient à camoufler les faiblesses de son scénario grâce à un rythme soutenu, du coup, si l’intrigue finalement banale de Ninja Turtles n’est pas vraiment captivante, les héros du film assurent le show entre des cascades époustouflantes et des échanges intensifs de vannes.

Avec un film pratiquement servi clé-en-main et des héros déjà connus et appréciés du grand public, j’en attendais bien plus. Alors que l’intrigue empreinte pas mal d’éléments à d’autres films de super héros et autres blockbusters bien connus (Star Wars…), l’histoire de Ninja Turtles est étrangement similaire à celle de The Amazing Spider-Man de Marc Webb (2012), que ce soit au niveau de l’histoire que du ressenti en sortant de la salle (la déception). Cependant, rebooter une franchise n’a jamais été une tâche aisée et le film de Jonathan Liebesman est l’exemple parfait du choix de la facilité. Compréhensif, certes, mais facile quand même.
En fait, le plus décevant reste le traitement général du film, souvent hâtif, tandis que les dialogues du film sont bien trop adolescents. Du coup, la plupart des running-gags et des vannes tombent à plat car trop juvéniles (la colocataire d’April…) et risquent de laisser de marbre un public plus adulte.

NinjaTurtles2

Si Ninja Turtles réussit à maintenir le rythme et une certaine dynamique grâce à ses nombreuses scènes d’actions, la réalisation du film, visiblement influencée par Michael Bay, rend la plupart de ces scènes illisibles (notamment celles filmées de nuit) à cause d’une caméra trop instable, tandis que d’autres semblent tout droit sorties d’un jeu vidéo. En effet, alors que les personnages principaux du film sont grandement créés grâce à des effets spéciaux, les choix du réalisateur sont particulièrement discutables, comme si le look de ces nouvelles Tortues Ninja n’était pas assumé, ce qui semble freiner les ambitions d’un film. Les affrontements auraient pu être nettement plus spectaculaires si le film ne se planquait pas derrière des subterfuges fumeux (alors qu’entre nous, Maître Splinter est probablement le personnage le plus repoussant). De plus, alors que les Tortues Ninja sont connues pour fonctionner comme une équipe menée par Leonardo, le film choisit de mettre Raphael en avant sans véritable justification, quitte à décrédibiliser le personnage connu pour son esprit rebelle et impulsif.

Clairement destiné à un public jeune, Ninja Turtles a tendance à délaisser les fans de la première heure qui ne verront que les incohérences entre le film et l’histoire originale. Si, globalement, le film de Jonathan Liebesman n’est pas un désastre, Ninja Turtles parvient difficilement à satisfaire les amateurs du genre. Heureusement, après le succès du film outre-atlantique, les Tortues Ninja auront l’occasion de rectifier, espérons-le, le tir lors du prochain opus prévu en 2016.

Au casting, Megan Fox (Transformers 1 et 2, Jennifer’s Body…) fait quasiment de la figuration et n’aura droit qu’à un seul plan inutile sur son fessier tandis que Alan Ritchson (Hunger Games – L’embrasement…), Noel Fisher (Twilight IV et V…), Jeremy Howard et la voix de Johnny Knoxville (Jackass…) se passent le relais afin de maintenir le rythme effréné du film. William Fichtner (Lone Ranger, The Homesman…) a encore une fois la tête de l’emploi, Whoopi Goldberg (Sister Act, Ghost, Une Vie Volée…) est également de la partie (!), tandis que Tony Shalhoub (No Pain No Gain…) donne de la voix pour incarner Maître Splinter. Seul Will Arnett (La Grande Aventure Lego…) semble trouver sa place, malgré un rôle secondaire et pourtant plus accessible.

En conclusion, Ninja Turtles s’adresse à un public trop ciblé (les ados), ce qui a tendance à attirer l’attention des défauts qui auraient pu être corrigés avec une meilleure écriture et mise en scène. Amusant et divertissant, certes, le film de Jonathan Liebesman remplit tout juste sa part du contrat, mais sans grande conviction, comme si le fait d’adapter les sympathiques Tortues Ninja sur grand écran garantissait à lui-seule le succès du film sans effort. Aux US, peut-être, chez moi… pas trop.

Call me: Shredder Scissorhands!

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