
Le pitch : Sasha est une jeune vampire avec un grave problème : elle est trop humaniste pour mordre ! Lorsque ses parents, exaspérés, décident de lui couper les vivres, sa survie est menacée. Heureusement pour elle, Sasha fait la rencontre de Paul, un adolescent solitaire aux comportements suicidaires qui consent à lui offrir sa vie. Ce qui devait être un échange de bons procédés se transforme alors en épopée nocturne durant laquelle les deux nouveaux amis chercheront à réaliser les dernières volontés de Paul avant le lever du soleil.
Avec son premier long-métrage, Vampire Humaniste Cherche Suicidaire Consentant, Ariane Louis-Seize livre une œuvre délicate et audacieuse qui délaisse les conventions du fantastique pour creuser au cœur des tourments adolescents. Bien que les vampires soient présents, ce n’est pas tant leur dimension surnaturelle qui intéresse la réalisatrice, mais leur capacité à incarner les crises identitaires et la quête de sens.

Vampire Humaniste Cherche Suicidaire Consentant brosse le portrait de deux personnages isolés par leur incapacité à s’insérer dans les cases imposées par leur entourage. Que ce soit à travers l’humanisme maladif de la protagoniste ou la détresse silencieuse de son compagnon de route, la réalisatrice québécoise normalise ces failles comme autant d’expériences universelles. Harcelés et rejetés, ils trouvent dans leur rencontre une bouée de secours, une chance de grandir et de s’affirmer en dehors des attentes sociales.

Derrière sa noirceur apparente, le film se distingue par une douceur inattendue. La narration prend le temps de suivre ces deux âmes cabossées, dans une épopée nocturne teintée d’une poésie lugubre. Cette façon de jouer avec la nuit et le fantastique m’a rendue nostalgique, rappelant évidemment la façon dont Buffy Contre Les Vampires utilisait les créatures et l’occulte pour parler de sujets beaucoup plus profonds. De la même façon, le film d’Ariane Louis-Seize évoque en filigrane les aléas de l’adolescence, de la sexualité à la pression sociale, en passant par le mal-être adolescent.

Sans jamais inciter au passage à l’acte (évidemment), ni céder à la mélancolie pesante, malgré son titre Vampire Humaniste Cherche Suicidaire Consentant utilise le macabre comme une toile de fond pour évoquer des thèmes épineux et fédérateurs. En effet, si le film parvient à faire sourire et amuse par son ton décalé et ses dialogues piquants, il reste néanmoins le marqueur d’un âge trouble, souligné par une photographie habilement maîtrisée qui illumine l’obscurité ambiante.

Au casting, Sara Montpetit et Félix-Antoine Bénard forme un duo attachant et conquérant. Autour d’eux, on retrouve ou découvre Steve Laplante, Sophie Cadieux et surtout Noémie O’Farrell en cousine en cousine au tempérament punk.
En conclusion, Vampire Humaniste Cherche Suicidaire Consentant séduit par son approche unique : un récit fantastique qui, loin de glorifier l’extraordinaire, révèle la beauté et la poésie du banal, même dans les moments les plus sombres de la vie. À voir.

