Comédie

Paris à tout prix : une comédie estivale mignonne et girly

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Léger et sympathique, le premier film écrit et réalisé par Reem Kherici (d’abord humoriste et parfois actrice) nous embarque dans une aventure pétillante et ensoleillée. Entre découverte et remise en question, Paris à tout prix est une comédie mignonne, girly et parfois touchante, même avec ses nombreuses erreurs inhérentes à un premier essai, desservi par un scénario plus que prévisible.

Le pitch : Originaire du Maroc, Maya, une styliste d’une maison de haute couture importante, vit à Paris depuis vingt ans. En plein succès, elle se retrouve en lice pour un CDI, face à une collègue concurrente. Mais un soir, la police la contrôle et elle découvre que son permis de séjour est périmé : elle doit retourner dans son pays d’origine en moins de vingt-quatre heures. C’est alors qu’une fois arrivée, elle retrouve sans joie sa famille et fera tout pour retourner à Paris…

Très honnêtement, les premières minutes du film font un peu peur. Paris à tout prix dresse un portrait caricatural de ses personnages, nous noyant sous tous les stéréotypes possibles et imaginables liés au monde sans pitié de la mode, entre les copines hypocrites, les lieux branchés et le boss horrible. Mais au moment où on pense retrouver un semblant de normalité, voilà qu’on nous impose un personnage réellement crétin et balourd (Philippe Lacheau) qui a tendance à agacer profondément. Heureusement, après nous avoir jeté toutes ses informations en vrac à la tête, afin qu’on se fasse une idée de la vie trépidante et glamour de Maya, Paris à tout prix arrive enfin au cœur de son sujet : le retour au pays.

Le point fort du film est son habilité à dépeindre avec authenticité et humour les retrouvailles entre la jeune femme et son pays d’origine. Là où d’autres auraient forcé le trait en proposant des vannes lourdes et en mettant en exergue des clichés faciles, Paris à tout prix pose un regard juste et attendri sur un Maroc sans fard et ses différentes facettes, tout en faisant évoluer son personnage principal à travers de multiples gags hilarants et une simplicité déroutante. Malgré un scénario cousu de fils blancs et sans surprise, on s’attache à ces personnages sincères et le film nous charme par sa convivialité communicative, agrémenté d’une romance naissance. Maya, marquée par son pays d’adoption,  poursuit une remise en question salvatrice qui lui permettra de se reconnecter avec ses origines et de découvrir qui elle est. Souvent hilarant, parfois touchant, Paris à tout prix se distingue par sa bonne humeur et une écriture souvent efficace et remarquable.
Cependant, tout n’est pas tout rose. Si on passe un bon moment devant Paris à tout prix, il faudra toutefois composer avec les nombreux bémols, allant d’une Maya souvent très bruyante à des pirouettes scénaristiques faciles, voire un peu louches (le mystérieux retour en France ?). Malgré tout, le film déborde d’une tendresse et d’une sincérité palpable, opposant le glamour de la mode au paysage bucolique du Maroc.

Coté casting, nous découvrons Reem Kherici dans un rôle qui lui sied à merveille. A ses cotés, Cécile Cassel, secondaire, est flanquée d’un Philippe Lacheau lourdingue et benêt, bien qu’il ait participé à l’écriture du scénario, tandis que Shirley Bousquet reprend à nouveau un rôle de garce. Il vaut mieux se concentrer sur Tarek Boudali (la série En Famille, sur M6), le frère plaisantin, et Fatima Naji, la grand-mère, qui forment un duo familial touchant et très drôle.
De plus, Reem Kherici a su s’entourer d’invités de marque tels que Florence Foresti et François-Xavier Demaison qui font un passage remarqué, mais aussi Stéphane Rousseau (son partenaire dans la vie) qui incarne son boss implacable.

En conclusion, Paris à tout prix est une comédie très girly, guillerette et amusante, dont on pardonnera aisément ses faiblesses scénaristiques et sa réalité fantasmée, puisqu’on l’aura déjà oublié à la rentrée. En attendant, Reem Kherici nous fait rêver pendant un peu plus d’une heure et demie, on en ressort avec le sourire aux lèvres et une forte envie de voyager. Tout ce qu’on demande d’une comédie de l’été, donc.

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