The Wolverine : Éteint, long et peu passionnant

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Quatre ans après la sortie du décevant X-Men Origins : Wolverine, le mutant griffu reprend du service sous la houlette de James Mangold (Girl Interrupted, Identity, Walk the line…). Mieux réfléchi, mieux écrit et plus proche du héros des comics, The Wolverine – le combat de l’immortel corrige les erreurs du passé. Malheureusement, malgré tous ses efforts, le film souffre d’un manque de rythme évident et d’idées mal exploitées qui le rendent rapidement insipide, brouillon et légèrement… ennuyeux. Si les fans des aventures solos de Wolverine devraient apprécier cette nouvelle approche, le reste du public, lui, risque de se demander quel est l’intérêt de ce nouvel essai, si ce n’est celui de nous faire patienter en attendant le prochain X-Men : Days of Future Past prévu en 2014. Un coup dur pour ce héros si populaire aujourd’hui présenté dans un film peu accessible…

Le pitch : Wolverine, le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité.

Alors que toutes les adaptations de film de super-héros s’efforcent de répondre aux attentes du grand public, sans oublier les fans de la première heure, The Wolverine décide d’avancer à contre courant. En 2009, on avait reproché au film de Gavin Hood de n’être qu’un grand foutoir incohérent et peu crédible, bien trop éloigné de l’univers du mutant taciturne. X-Men Origins : Wolverine, dopé à l’époque par la saga X-Men, s’était joyeusement emmêlé les pinceaux en réécrivant l’histoire et en lâchant un mutant hurleur griffonnant tout sur son passage, pensant vainement que le spectacle ferait oublier les inexactitudes du film. Pour ce nouvel opus, Mangold décide de retourner aux sources et propose un film plus sombre et plus axé sur la psychologie de son personnage. The Wolverine n’est pas un film de super héros et c’est peut-être là que le bat blesse.
Situé après les événements qui ont eu lieu dans X-Men 3 : l’affrontement final réalisé par (sic) Brett Ratner, nous retrouvons un Wolverine tourmenté par le fait d’avoir tué Jean Grey, l’amour de sa vie. Alors qu’il se résigne à mener une vie loin des autres humains (et donc, des mutants), il est rattrapé par un acte héroïque du passé qui va l’entraîner dans une aventure japonisante, aussi éprouvante physiquement que psychologiquement. The Wolverine s’éloigne d’entrée de jeu de l’univers X-Men, se fondant dans un monde bien plus réaliste et largement moins fantastique, en explorant les remords et les doutes bien, trop présents, qui rongent notre héros au moment où il est le plus vulnérable. On se réjouit donc à l’idée de découvrir une véritable histoire construite autour du personnage de Wolverine, ou plutôt Logan, à travers ces fameuses aventures au Japon, qui ont contribué à rendre notre mutant aussi populaire dans les comic books. Mais pourtant le film peine à décoller. En effet, le film tourne autour de l’immortalité de Logan et se pose la question fatidique : est-ce un fardeau ou un don ? Alors que notre héros hésite encore, d’autres semblent avoir la réponse tandis que cette intrigue se noie dans un conflit familial alambiqué, alimenté par l’avarice des uns et les ambitions personnelles des autres.

Si cette double intrigue était intéressante et méritait d’être creusée, permettant donc à notre héros de se retrouver tout en plantant ses griffes un peu partout, le problème c’est qu’on s’attarde beaucoup trop longtemps sur des aspects peu captivants de l’histoire. Entre les réminiscences répétitives qui tardent à être concluantes et les personnages qui mettent du temps à comprendre ce qui leur arrive, alors que le public est déjà au courant depuis le début… l’ennui finit rapidement par poindre le bout de son nez, surtout pendant la looongue première partie du film. Encore frileux à cause des retours désastreux sur le précédent film, The Wolverine préfère se perdre dans une introspection bavarde et souvent décousue, plutôt que de passer à l’action, comme on pourrait l’attendre de ce genre de film. The Wolverine a du mal à faire la transition entre l’évolution psychologique du personnage et la renaissance de son héros, le tout alourdi par des histoires secondaires soit brouillonnes (chaque vilain se renvoie la balle), soit inintéressantes (la petite love-story inutile). Ajoutons à cela, une brochette d’ennemis peu charismatiques, dont notamment la Vipère qui, en dehors de nous montrer l’étendue de sa verdoyante garde-robe et de se lécher les ongles, ne fait finalement pas grand chose.
Coté mise en scène, Mangold s’inspire évidemment de son décor pour tenter de donner une âme au film, entre tradition et inspiration orientale, truffé de pirouettes de biomen ninjas. Du déjà-vu en somme, qui finit par faire ressembler The Wolverine a un banal film d’action où, finalement, le héros aurait pu être un homme quelconque. En effet, en dehors de quelques punchlines bien senties, on ne retrouve pas la personnalité de notre singulier mutant, ni l’énergie et l’excitation qui vont avec les films de (super) héros. A force de nous asséner qu’il est un soldat, Wolverine finit par se comporter en tant que tel et suit un chemin tout tracé et tête baissée, sans nous embarquer une seule fois dans son périple. Du coup, cela laisse tout le temps voulu pour s’attarder sur les petits détails qui intriguent (l’absence de cigare, les évanouissements intempestifs, ces griffes qui ne se rétractent jamais…), donnant l’impression d’avoir été trompé sur la marchandise. Mais alors, qui est le « vrai » Wolverine ? Celui de la trilogie X-Men ou celui-ci ?

The Wolverine risque donc de diviser. D’un coté les lecteurs assidus seront sûrement ravis de retrouver l’univers du comics, car ce film est clairement fait pour eux, tandis que les autres, moi y compris, risquent d’être déroutés par l’absence d’adrénaline et d’effervescence dans le film. Les amateurs de sensations fortes et d’effets spéciaux spectaculaires resteront sur leurs faims et devront s’accrocher pour ne pas s’endormir devant une histoire qui aurait pu être intéressante, mais qui prend décidément bien trop de temps à aboutir. C’est dommage, car même si Wolverine est loin d’être un personnage de foire, à l’heure des films coups de poings, j’en attendais plus : plus d’actions, plus d’effets « waouh » et une meilleure mise en valeur du personnage via son courage, ses valeurs mais aussi sa hargne vengeresse et violente. Probablement soumis à trop de pression, The Wolverine reste incroyablement plat, calibré et assez froid, ne réussissant jamais à créer une quelconque alchimie entre ses personnages ni à susciter de l’émotion.

Coté casting, dans le rôle titre, nous retrouvons évidemment Hugh Jackman, toujours adepte de la salle de muscu (mais moins massif que dans X-Men Origins: Wolverine, heureusement). Will Yun Lee (Total Recall en 2012) et Svetlana Khodtchenkova sont relégués au second plan. Si Rila Fukushima (Yukio) réussit à capter notre attention, Tao Okamoto (Mariko) tient le rôle ingrat de la potiche à laquelle on ne s’attache pas vraiment (son air boudeur y est certainement pour quelque chose…).

En conclusion, The Wolverine a bien appris des erreurs du passé mais continue de surprendre là où on ne l’attend pas. Et encore une fois, cela ne fonctionne pas. Dans un ensemble plutôt mou et trop calculé, The Wolverine avait pourtant de bonnes idées mais a clairement préféré éviter de prendre des risques. Allez, encore un essai ?

Half of my wardrobe is green. The other half belongs to Poison Ivy...

Half of my wardrobe is green. The other half belongs to Poison Ivy…

PS : Bien entendu, ne partez pas tout de suite au moment du générique 😉

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