Dark Touch : Glauque et sans intérêt

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Avec son sujet bien glauque et une ambiance très fade, Dark Touch est un film d’épouvante (?) très dispensable. Entre des enfants agaçants et des jumpscares inefficaces, le film de Marina de Van est un flop géant, noyé dans une mise en scène lugubre et ridiculisé par des personnages exagérés. Dark Touch aurait pu être une excellente version dark du film Mathilda de Danny DeVito (1996), s’il n’avait pas autant manqué d’intérêt, sans parler des scènes de brutalités gratuites et dérangeantes.

Le pitch : Une nuit, dans la campagne profonde, une maison isolée prend vie. Meubles et objets se rebellent contre les occupants, laissant Neve, une fillette de 11 ans, seule rescapée du massacre sanglant qui a décimé sa famille. Des proches la recueillent et s’efforcent de lui faire surmonter cette épreuve traumatique en l’entourant d’amour. Mais la violence continue de se manifester et Neve ne retrouve pas la paix…

Actrice et scénariste chez Ozon (Sitcom, Regarde la mer, Huit femmes…) et abonnée aux films troublants (Dans ma peau, Ne te retourne pas), Marina de Van s’est inspirée de son parcours pour réaliser Dark Touch. La réalisatrice montre un net intérêt pour les personnages perturbés, dont la noirceur s’exprime par des moyens extrêmes (Dans ma peau, son premier film en 2002) et décide d’explorer les méandres de la psychologie infantile après son exposition à un trauma.

Malheureusement, le scénario sur lequel s’appuie Dark Touch ressemble en grande partie à celui de An American Haunting de Courtney Solomon (2005). À la différence de ce dernier, Dark Touch n’aborde pas son sujet avec la même subtilité et confronte sans aucun détour son public à l’horreur de l’inceste et de la maltraitance. Le problème, c’est qu’au lieu d’instaurer un climat d’épouvante c’est plutôt le malaise qui s’installe alors que le film insiste sur ces violences, allant même jusqu’à montrer des scènes vraiment brutales où des enfants se font tabasser. Ces scènes, heureusement peu nombreuses, créent une atmosphère pesante, nous faisant alors passer à côté de la trame horrifique du film qui, de toutes façons, patauge sérieusement. Ce qui faisait penser au début à une version dark et dérangée du film joyeux de Danny DeVito ne parvient pas à se décider : le film doit-il choquer ou effrayer ?

En effet, Dark Touch tente de démarrer en nous plongeant directement dans l’horreur, à grands renforts de cris stridents et de petite fille apeurée. Mais rapidement, le manque suspense et le mutisme de la gamine commence à jouer avec nos nerfs et, devant l’absence de crédibilité du casting entier (les adultes, comme les enfants), le film va petit à petit devenir de moins en moins intéressant. Qui dit télékinésie pense forcément à la reine du genre, Carrie (le roman de Stephen King, le film de Brian de Palma ou encore le récent remake de Kimberly Pierce), et ici Dark Touch ne fait qu’emprunter ses idées à mauvais escient. Du coup, en lieu et place d’épouvante, Dark Touch nous offre des crises d’hystérie irritantes, avec une gamine aussi peu attachante qu’amorphe, le tout amplifié par un sifflement permanent et énervant. Malheureusement, Marina de Van a beau se démener et enchaîner les scènes de spectacle où des meubles bougent tout seuls (bouuuuh), toute cette agitation peine à masquer la vacuité grandissante du scénario.

Plus le film avance et plus Dark Touch patauge dans la médiocrité et semble ne plus savoir quoi faire pour épater la galerie car, dès le milieu du film, l’intrigue s’essouffle considérablement. Du coup, Marina de Van tire sur la corde et fait durer le supplice jusqu’à un final à la limite du ridicule et de l’indécence, aussi bizarre qu’inexpliqué. Rien ne vient sauver ce film qui tente de camoufler sa supercherie dans une photographie si sombre et uniforme qu’on y voit quasiment rien. Certes, le sujet était osé et si on peut excuser le manque de finesse, difficile de passer outre l’absence d’émotions ni l’étrangeté du film qui vire rapidement au lugubre malvenu.

Au casting, on jongle entre inertie et exagération. La petite Missy Keating est aussi vive qu’un bulot, surtout face à Marcella Plunkett qui fait partie de ces personnages de films d’horreur qu’on a envie de voir mourir rapidement, tant elle est agaçante.

En conclusion, Dark Touch passe quasiment inaperçu en salles et ce n’est pas étonnant. Jamais flippant et légèrement sordide, le film de Marina de Van est sans aucun intérêt, froid et s’oublie aussitôt une fois vu. À éviter donc.

Promenons-nous dans les bois... parce qu'on a que ça à faire...

Promenons-nous dans les bois… parce qu’on a que ça à faire…

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