[CRITIQUE] Roubaix, Une Lumière, d’Arnaud Desplechin (sortie DVD)

Le pitch : À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Roschdy Zem, Antoine Reinartz, Léa Seydoux, Sara Forestier…
Disponible le 3 janvier 2020 en VOD, DVD et Blu-Ray
Bonus DVD : Dialogue avec Arnaud Desplechin et Jean-Christophe Ferrari (Rédacteur en chef cinéma de Transfuge) • Bande-annonce

Mon avis : À mi-chemin entre le drame social et le thriller policier, Roubaix, Une Lumière scrute le quotidien routinier d’un commissariat dans une ville austère. Dès l’introduction, le film ne manque pas de peindre un tableau désenchanté : Roubaix, l’une « des cinq communes les plus pauvres de France » et son aspect « France profonde » trop accessible, hanté par les poivrots, racailles, autres accros du coin (il ne manque que la consanguinité pour compléter le bingo). Arnaud Desplechin (Les Fantômes d’Ismaël, Trois Souvenirs de ma Jeunesse…) tente de capturer cette authenticité grisâtre avec une certaine distance, mais cède toujours à ses travers de mise en scène trop académiques, ce qui décrédibilise beaucoup les différentes scénettes d’installation qui s’accumulent avant que le film entre enfin dans le vif du sujet.
Globalement, Roubaix, Une Lumière forme un ensemble intriguant, captant la détresse humaine engluée dans un décor triste, sous le regard aguerri d’un inspecteur qui, malgré tout, tente de garder le sourire. C’est d’ailleurs le personnage de Roschdy Zem qui permet au film de ne pas s’enfoncer dans la caricature, car en dehors de son rôle, l’ensemble du film manque de maîtrise narrative. En effet, beaucoup d’histoires ont l’air de parenthèses ouvertes, tandis que l’intrigue principale cherche de l’intensité à travers une tragédie trop banale pour mériter autant d’attention. Du coup, le film s’attarde sur une enquête sans véritable intérêt et surtout téléphonée à peine démarrer, finissant par transformer le thriller en un déballage de nervosités feintes et, finalement, barbantes.

Au casting, autour d’un Roschdy Zem (Le Jeu, Le Prix du Succès…) impeccable, Antoine Reinartz (Chanson Douce, La Vie Scolaire…) tente de jouer les flics nerveux et éprouvés mais ne parvient jamais à donner le change, tandis que Sara Forestier (M, La Tête Haute…) et Léa Seydoux (Kursk, L’Île Aux Chiens…) jouent les white trash du ch’nord sans véritable conviction.

En conclusion, si on est loin de l’exercice de style poussif qu’était Les Fantômes d’Ismaël – ma dernière rencontre avec Arnaud Desplechin, Roubaix, Une Lumière reste néanmoins une œuvre trop empruntée à l’exécution académique qui, malgré ses éclats de voix, ne parvient jamais à atteindre la noirceur attendue du polar – et ce, malgré l’excellent choix d’illustrer une ville aussi grisâtre et froide que Roubaix. À tenter.

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