
Le pitch : À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.
Adaptation du roman graphique d’AJ Dungo (2019).
Amatrice de romans graphiques, de BD et de comics (duh), j’avais repéré In Waves à sa sortie. Mais les BD remplies de planches muettes, aussi jolies soient-elles (et dans un style graphique qui ne me parlait pas vraiment), ont tendance à me donner des oursins dans les poches. Résultat : j’ai passé mon tour.
Phuong Mai Nguyen adapte In Waves, qui est tiré du vécu de son auteur, AJ Dungo, et donne vie aux planches en respectant l’œuvre initiale. Objectivement, In Waves est un beau film. La photographie est soignée, respectant le dessin original. J’ai aimé découvrir ces paysages que j’avais trouvé plats sur papier qui deviennent ici vivants, magnifique, les paysages marins sont magnifiques et l’ensemble dégage une vraie douceur par son choix de couleurs chaudes et réconfortantes, même dans ces moments les plus sombres. On sent la volonté de proposer une œuvre sensible, presque méditative, où les silences comptent autant que les dialogues.

Le problème, c’est que si cette adaptation de Phuong Mai Nguyen reprend exactement les mêmes qualités du roman graphique, j’y retrouve également les mêmes défauts. Cette approche contemplative finit par peser sur le rythme. La narration manque de fluidité et les ellipses temporelles ne sont pas toujours évidentes à suivre. In Waves donne régulièrement l’impression de ronronner. À plusieurs reprises, je me suis demandé combien de temps s’était réellement écoulé entre deux scènes et pour un film d’à peine 90 minutes, c’est dommage.

In Waves est évidemment un bel hommage à une personne disparue, à travers une histoire d’amour naissante soudainement confrontée à la maladie. Une intention parfaitement louable, mais qui ne suffit malheureusement pas à maintenir l’intérêt. J’espérais un poil plus d’émotions vu le sujet, mais In Waves s’éternise dans un mélodrame très sage, presque attendu. Les émotions sont bien présentes, mais elles restent étonnamment en surface. Le film accumule les situations tristes sans jamais parvenir à transformer cette douleur en véritable réflexion.

C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus manqué. Certes, ce n’est pas un Dreamworks ni un Disney/Pixar, mais je m’attendais à ce que le récit dise quelque chose sur la résilience, sur la façon dont une épreuve transforme une vie ou sur l’empreinte que laisse une personne après sa disparition. Mais In Waves ne fait qu’exposer ses thématiques et observer ses personnages, certes avec beaucoup de pudeur, mais avec un manque réelle de profondeur. Certains y verront une grande délicatesse ; de mon côté, j’y ai surtout trouvé une certaine distance émotionnelle.
C’est finalement le paradoxe d’In Waves. Tout est fait avec beaucoup de sincérité et de sensibilité, mais cette retenue permanente finit aussi par empêcher le film de réellement décoller. On admire davantage qu’on ne ressent.

Au casting vocal, en VF, c’est Lyna Khoudri (Le Gang des Amazones, Les Trois Mousquetaires, The French Dispatch…) qui prête sa voix à Kristen, tandis que Rio Vega (Stalk, Extra…), Paul Kircher (Le Règne Animal, La Venue de l’Avenir…) et Birane Ba (Je Verrai Toujours Vos Visages, Mercato…) complètent l’ensemble.
En conclusion, In Waves est une adaptation élégante et visuellement réussie, qui séduira sans doute les amateurs de récits contemplatifs. Pour ma part, comme avec le roman graphique, je suis restée au bord de la vague : touchée par l’intention, mais jamais véritablement emportée par l’émotion. À tenter.

