
Pour adapter une œuvre populaire, il ne suffit pas simplement d’en reprendre le titre et les personnages. Encore faut-il comprendre ce qui a fait son succès. Entre l’occidentalisation (voire white-washing total), la simplification d’un univers dense et/ou la réécriture des codes pour s’assurer d’appâter le plus grand monde, Hollywood oublie parfois l’essentiel : les fans ne viennent pas seulement voir une marque, ils viennent retrouver un univers qu’ils aiment. Et ça, ces films l’ont appris à leurs dépens. Retour sur quelques films qui n’ont rien compris à leurs licences…
Quand Hollywood ne comprend pas la licence à adapter
Dragonball Evolution, de James Wong (2009)
Adapter Dragon Ball au cinéma relevait déjà du défi tant l’œuvre d’Akira Toriyama est devenue un monument de la pop culture, qu’on soit fan de manga ou non. Pour les Gen X et les Millennials qui ont grandi avec Dragon Ball, Dragon Ball Z puis Dragon Ball GT et compagnie, l’annonce du film par la Fox est un véritable événement. Mieux encore : le studio imagine déjà une trilogie, voire davantage. Avec un univers aussi riche et des personnages aussi iconiques, difficile d’imaginer que cela puisse mal tourner. Oui mais voilà. Le problème majeure (plus un ick finalement), c’est le whitewashing et l’américanisation à outrance. Dragon Ball est une œuvre profondément japonaise, mais Hollywood transforme Goku en lycéen américain Blanc, incarné par un acteur à la vingtaine bien entamée, avant de réécrire les origines et la personnalité de la plupart des personnages. L’univers imaginé par Akira Toriyama laisse place à un teen movie fantastique générique, qui ne conserve de l’œuvre originale que quelques noms et les célèbres boules de cristal. Résultat : un gloubi-boulga sans âme, incapable de convaincre les fans comme les néophytes. Massacré par la critique, boudé au box-office et régulièrement cité parmi les pires adaptations (de manga) jamais produites, Dragonball Evolution enterre immédiatement les ambitions de franchise de la Fox.
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La Tour Sombre, de Nikolaj Arcel (2017)
Adapter La Tour Sombre de Stephen King relevait de la mission impossible. Avec huit romans, une mythologie foisonnante et un univers mêlant western, fantasy, science-fiction et horreur, la saga avait tout pour devenir une grande franchise. Sony y croit d’ailleurs tellement que le film est pensé comme le premier chapitre d’un univers plus vaste, accompagné d’une série télévisée. Le casting est à la hauteur des ambitions, avec Idris Elba en Pistolero et Matthew McConaughey en Homme en Noir.
Le problème, c’est que le film oublie une règle essentielle : une adaptation doit pouvoir se suffire à elle-même. Je n’ai jamais lu La Tour Sombre et cela n’aurait pas dû m’empêcher d’apprécier le film. Or, la mythologie est à peine expliquée, les personnages manquent de développement et l’univers semble constamment nous échapper. À vouloir condenser une œuvre monumentale en moins de cent minutes, le film survole tout sans jamais approfondir et cela se ressent sans même avoir besoin de connaître le livre original. Malgré une ambiance réussie et un casting solide, critiques et public restent sur leurs faims. Le box-office déçoit, la série est abandonnée et les ambitions de franchise de Sony s’effondrent aussitôt.
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Godzilla, de Roland Emmerich (1998)
Pour les fans de kaijus, 1998 reste une année difficile, pendant que le reste de la France (ou presque) célèbre sa première Coupe du Monde de football. Né de l’imagination d’Ishirō Honda en 1954, Godzilla est bien plus qu’un simple monstre géant : véritable icône du cinéma japonais, il est devenu au fil des décennies le Roi des Monstres. Fort du succès d’Independence Day, Roland Emmerich se voit confier la première adaptation entièrement produite par un studio américain. Sony croit tellement au projet qu’une trilogie est déjà envisagée. Le problème, c’est qu’en voulant réinventer Godzilla pour le public américain, le film en oublie ce qui fait son identité. Exit le kaiju quasi indestructible crachant son souffle atomique : place à un immense lézard mutant qui traverse New York pour pondre ses œufs, dans un troisième acte qui lorgne sans complexe du côté de Jurassic Park. Le design de la créature, son comportement et un scénario truffé d’incohérences provoquent un rejet massif des fans, malgré les efforts de Matthew Broderick et Jean Reno (pensée pour l’actrice Maria Pitillo qui a vu sa carrière s’éteindre aussi vite qu’elle a démarré). Surnommée G.I.N.O. (Godzilla In Name Only), puis officiellement rebaptisée Zilla par la Tōhō, cette version enterre aussitôt les ambitions de Sony. Ironie de l’histoire, c’est finalement la série animée Godzilla: The Series, suite directe du film, qui réconciliera une partie des fans avec cette incarnation du monstre.
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D’après vous, lequel de ces films auraient mérité une suite ?

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