[CRITIQUE] The French Dispatch, de Wes Anderson

Singulier et, comme souvent, burlesque, le nouveau film de Wes Anderson rassemble le meilleur du savoir-faire du réalisateur dans The French Dispatch. Entre un recueil de mini-récits fantaisistes et un casting qui en impose, The French Dispatch est une comédie grinçante et s’installe comme un des films les plus accessibles du réalisateur, jubilatoire autant pour ses aficionados que pour les curieux.

Le pitch : The French Dispatch met en scène un recueil d’histoires tirées du dernier numéro d’un magazine américain publié dans une ville française fictive du 20e siècle.

Paré d’une filmographie plus qu’honorable, depuis La Famille Tenenbaum jusqu’au dernier L’Île Aux Chiens, en passant par À bord du Darjeeling Limited, Moonrise Kingdom ou encore The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson est de ces réalisateurs qu’on ne présente plus et dont on reconnaît l’œuvre grâce à son style particulier. Tons pastels, récits séquencés et des personnages tantôt loufoques tantôt indicibles, les films de Wes Anderson donne souvent l’impression de n’être réservé qu’à un public averti ou curieux de découvrir la patte farfelu du réalisateur donc les films semblent souvent tout droit sortis d’une bande-dessinée franco-belge. C’est d’ailleurs un constat assez vrai en général, mais avec The French Dispatch, Wes Anderson propose un film plus accessible qui présente, à mon avis, un concentré de ses choix artistiques, comme si le film était une sorte d’étendue de son « savoir-faire » à travers de petites histoires aux styles différents, en couleurs ou en noir et blanc.

Auréolé du Label du Festival de Cannes 2020 puis présenté en compétition au Festival de Cannes 2021, The French Dispatch s’inspire des courtes nouvelles publiées dans le New Yorker et du cinéma français (incarné par des noms comme George Méliès ou encore Jacques Tati) pour proposer trois histoires aux tableaux surprenants même si parfois inégaux, dans une ville imaginaire française qui répond au doux nom d’Ennui. De manière générale, j’ai aimé la prise de risque de Wes Anderson qui installe ses cadres dans un cocon familier, à travers la rédaction d’un journal à l’empreinte désuète et un trésor de mise en scène en faux plan-séquence impressionnant dès le début du film. Mais dès la présentation de sa première histoire, The French Dispatch étonne et déroute avec ses personnages à la dualité douce-amère, tant on oscille entre le rejet et l’empathie. Que faire de ce psychopathe artiste peintre obsédé par une muse irascible ? Ou un jeune manifestant et de sa relation trouble avec une journaliste plus âgée ? Et de ce polar fantastique qui intègre une séquence animée improbable ?
Et bien comme beaucoup des œuvres de Wes Anderson, The French Dispatch se laisse raconter, comme une échappatoire vers un imaginaire pétillant ou une parenthèse hors du temps ou, tout simplement, comme un bon livre qui transporte le temps de sa lecture. The French Dispatch n’en demande et n’a pas besoin de plus. Grâce à son style particulier, Wes Anderson nous emporte dans son univers à la fois sardonique et caustique, porté par une mise en scène souvent brillante et maitrisée.

Ajoutons à cela un casting impeccable où de nombreux noms se bousculent au portillon. Je retiens surtout quelques groupes délicieusement improbable comme Benicio Del Toro (Dora et la Cité Perdue, Sicario : La Guerre des Cartels…) et Léa Seydoux (Mourir Peut Attendre, France…), Timothée Chalamet (Dune, Les Filles du Docteur March…), Frances McDormand (Nomadland, 3 Billboards…) et Lyna Khoudri (Hors Normes, Papicha…), ou encore Jeffrey Wright (The Laundromat, What If…) aux cotés de Mathieu Almaric (Oxygène, Le Grand Bain..).
Bien sûr, le réalisateur retrouve ses acteurs favoris, comme Owen Wilson, Bill Murray, Edward Norton, Saoirse Ronan ou encore Jason Schwarztman… La liste est longue puisqu’il faut également compte sur Tilda Swinton, Adrien Brody, Christoph Waltz, Liev Shcreiber, Willem Dafoe et encore des frenchy comme Cécile de France et Guillaume Gallienne ! Ce casting est aussi incroyable et ambivalent que les films de Wes Anderson, ce qui ajoute encore plus d’attrait pour son petit dernier.

En conclusion, si j’admets ne pas être une adepte du cinéma de Wes Anderson, j’ai été séduite par The French Dispatch, notamment avec sa forme qui mélange le burlesque faussement bordélique à une réalisation aussi singulière que soignée. A découvrir, qu’on soit un habitué du style de Wes Anderson ou non, car justement j’ai trouvé The French Dispatch hyper accessible !

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