The Impossible : Enfin un film catastrophe sans mélo ?

Émouvant, intense et brut, The Impossible nous transporte dans un récit bouleversant au coeur d’une tragédie tristement réelle. Juan Antonio Bayona (L’orphelinat, 2007) signe ici un film catastrophe douloureux et sensible, tiré d’une histoire vraie, réussissant là où beaucoup d’autres se sont vautrés : donner une âme à ses personnages et une véritable leçon de courage. Ici, pas de patriotisme déplacé, ni de bonne vieille morale pseudo-religieuse, comme on aurait pu s’y attendre (d’un film américain, par exemple…). The Impossible livre avec justesse le témoignage poignant d’une famille rescapée.

Le pitch : 24 décembre 2004, la famille Bennet arrive en Thaïlande sur l’île paradisiaque au large de Phuket, pour des vacances de Noël ensoleillées. Le 26 décembre 2004, le tsunami le plus meurtrier de l’histoire s’abbat sur la Thaïlande…

Rares sont les films qui osent aborder le sujet délicat du tsunami de 2004. C’est encore trop présent, trop douloureux et trop frais dans nos mémoires. Si certains films s’en servent en toile de fond (Vynian en 2008, Au-Delà en 2010…), The Impossible est le premier à oser se lancer. Là encore, l’idée d’adapter une histoire vraie sur grand écran est un excellent choix, on évite ainsi de déformer ou d’exagérer les faits et cela préserve ceux qui ont été touchés de près ou de loin par cette catastrophe qui, contrairement au 11 septembre (autre évènement marquant du début des années 2000), ne relève pas de la main de l’Homme. D’ailleurs, c’est sûrement parce qu’il n’y a aucun coupable à désigner que ce drame nous touche tous autant.

Du coup, avant même d’entrer dans la salle et que le film ne commence, une boule se forme déjà dans le ventre. Avec un sujet aussi épineux, mis en scène autour d’une famille avec de jeunes enfants, de bons mouchoirs sont de rigueur…

Après une introduction rapide, The Impossible ne perd pas de temps et nous plonge, c’est le cas de le dire, dans le coeur de l’histoire. Dans une scène époustouflante et incroyablement maîtrisée Juan Antonio Bayona nous propulse dans le tourbillon impitoyable et dévastateur de la vague, dépeignant avec brio la violence inouïe du tsunami. Ici, on ne se contente pas de nous montrer des images panoramiques de terres inondées, de vagues impressionnantes de vingt mètres de haut ou de débris à la dérive, Bayona s’accroche coûte que coûte à ses personnages et la caméra ne les quitte pas un seul instant, qu’ils soient entrain de lutter en surface ou violemment emportés sous les eaux. Un choix judicieux et surtout à contre-courant de ce que l’on a l’habitude de voir dans les films catastrophes, usant et abusant d’effets spéciaux pour impressionner les spectateurs. A travers cette formidable scène, The Impossible innove et rend un visage humain aux victimes, provocant de l’empathie (bien mérité) pour cette famille qui va soudainement voler en éclats.

Une fois les eaux apaisées, les membres de la famille Bennet, en état de choc, vont tenter de se retrouver. Entre le dévouement d’une mère pour son fils, au détriment de ses graves blessures, et le désespoir d’un père qui culpabilise, c’est au milieu d’une Thaïlande dévastée, mais unie, que nos personnages vont devoir puiser dans les dernières forces qu’ils leur restent. Même si l’issue de leurs recherches est connue à l’avance (merci la bande-annonce), The Impossible joue avec nos nerfs en nous déstabilisant à la moindre occasion, tant et si bien que l’on finit par respirer aux rythmes des personnages du film. The Impossible sème le doute et réussit à maintenir un suspens permanent jusqu’au bout. L’Homme (avec un grand H) est mis à l’honneur, entre le courage des membres de la famille Bennet et l’entraide universelle qui s’installe autour du film. The Impossible est aussi un hommage aux liens du sang et cette famille, pourtant si anodine et rapidement présentée, nous prend littéralement aux tripes.

Rempli d’humilité, The Impossible est une oeuvre brûlante et éprouvante. Filmé avec une sincérité paralysante, Bayona rend la vie à une histoire dont on ne compte plus les morts et délivre un message d’espoir lumineux et puissant, même si on touche le fond de nombreuses fois. En effet, pour les plus sensibles d’entre vous, les larmes ne manqueront pas de couler. Alors oui, parfois, The Impossible a tendance à tirer un peu sur la corde du mélo et on peut reprocher au film de vouloir faire “pleurer dans les chaumières” (sans passer pour un monstre), mais globalement, Bayona tire son épingle du jeu et nous offre tout simplement un très beau film.

Coté acteurs, deux monstres talentueux, habitués à ce type d’exercice, se partagent l’affiche : si Naomi Watts nous bouleverse en mère courage, c’est bien Ewan McGregor qui assénera le coup de grâce pour les plus durs à cuire. Face à eux, Tom Holland qui, sous ses faux airs de Jamie Bell dans Billy Elliot (étonnamment il ne tenait pas le rôle titre dans la comédie musicale du même nom), ne manquera pas de nous impressionner en incarnant le fils aîné de la famille Bennet, à mi-chemin entre le petit garçon effrayé et le jeune homme courageux.

Pour finir, The Impossible est toujours en salles et si vous n’êtes toujours pas convaincu par les regards embués de ceux qui viennent de voir le film, vous pouvez toujours allez voir Silent Hill pour vous punir.

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