Prisoners : Un thriller noir et angoissant

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Angoissant et terriblement réussi, le dernier film de Denis Villeneuve est un thriller noir, bien ficelé et superbement écrit. Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman partagent l’affiche de Prisoners pour un face-à-face déchirant et psychologiquement épuisant, nous entraînant dans une course contre la montre palpitante. Poignant et époustouflant, Prisoners est un cauchemar captivant qui ne cesse de mettre nos nerfs à l’épreuve… jusqu’à la dernière minute !

Le pitch : Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent…

Si le sujet du film est d’une simplicité incroyable et que d’autres réalisateurs se sont déjà frottés à ce type de film (impossible de ne pas penser à Gone Baby Gone de Ben Affleck, sorti en 2007), Denis Villeneuve (Incendies, 2009) joue son va-tout sur la puissance émotionnelle de son film. Prisoners a la particularité de faire cohabiter deux points de vue de l’histoire, celui des familles (Jackman) et celui de la police (Gyllenhaal), nous permettant non seulement de suivre les événements sur le fil du rasoir, mais aussi de partager la douleur, l’anxiété, la colère… toutes les émotions fulgurantes qui traversent le film de part en part. Prisoners joue avec nos nerfs, dès le début, avec son introduction lumineuse, présentant deux familles américaines en pleine célébration de Thanksgiving. Mais quand les petites filles disparaissent, Prisoners dévoile son véritable visage : sombre, poisseux et inquiétant. Le film évolue dans une ambiance incertaine et terrifiante où chaque rebondissement nous fait chuter un peu plus dans l’horreur au fur et à mesure que le puzzle s’assemble, tandis que ces deux familles, si unies au début, finissent par s’éloigner peu à peu.
Grâce à un scénario cohérent et intelligent, Denis Villeneuve (Incendies, 2009) explore toutes les facettes de son sujet, principalement à travers ses deux personnages principaux, de leurs questionnements à leurs réactions, qu’il dissèque et explore avec justesse, quitte à se salir les mains. Si l’un est guidé par ses émotions, l’autre oscille entre méthode et frustration, deux personnalités différentes qui permettent aisément au public de s’identifier à eux et donc d’avoir une vue d’ensemble. Pourtant le sentiment d’impuissance est omniprésent, ne faisant que décupler une inquiétude palpable, parfois pesante, teintée de rage et de désespoir. Il n’y a rien d’autre à faire que de se laisser guider dans ce labyrinthe éprouvant et de plus en plus obscur, car chaque personnage avance en terrain inconnu. Certes, le kidnapping d’enfant est toujours un sujet qui touche en plein cœur, mais Prisoners va au-delà du schéma classique en prenant soin de dépeindre le parcours infernal de ses personnages et la façon dont ils sont touchés par ce drame horrible, avec une réalité effrayante ; le temps avance et ne joue pas en faveur des enfants disparus. Une notion horrible qui colle à la trame du film et qui pousse lentement nos deux héros au bord du précipice.

Prisoners est un cocktail d’émotions intenses et viscérales que l’on se prend en pleine face, de façon inattendue. Les premières minutes peuvent sembler longues, mais petit à petit, le rythme lent et glaçant du film prend à la gorge sans qu’on s’en aperçoive. Plus le film avance, plus on se perd dans ce thriller sinueux et terrifiant ; ce n’est que proche de l’issue que tout se met en place… ou presque.

Au casting, Hugh Jackman (la saga X-Men et Wolverine, Le Prestige, Les Misérables…) prouve qu’il n’a pas que des griffes à son arc et c’est tant mieux. Bouleversant, Jackman excelle dans le rôle du père désespéré. En face, Jake Gyllenhaal (Donnie Darko, Le Secret de Brokeback Mountain, Jarhead, Source Code…) livre une prestation étonnante et incroyablement touchante, volant – selon moi – la vedette à Hugh Jackman, haut la main.
A leurs cotés, nous retrouvons également Paul Dano (Little Miss Sunshine, Elle s’appelle Ruby), brillant dans ce rôle complexe et très surprenant, ainsi que Viola Davis (La couleur des sentiments) et Melissa Léo (The Fighter, Flight), superbes et remarquables, à l’instar de Maria Bello et Terrence Howard qui ne font que passer.

En conclusion, Prisoners est un thriller psychologique aussi bouleversant que captivant, grâce à un scénario bien rôdé, qui explore tous les aspects de son sujet, même les plus sombres, une mise en scène appliquée qui nous maintient en haleine et un duo éprouvant et magnifique avec Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman. A voir absolument.

You know what happened when Batman came and interrogated the Joker, right?

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