Gangster Squad : Fun, fun, fun !

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Décidément, Ruben Fleischer refuse de faire comme les autres et c’est une bonne nouvelle pour nous. Après l’excellent Bienvenue à Zombieland (2009) où déjà il prenait un malin plaisir à mélanger les genres – humour et horreur, ce réalisateur nous revient avec Gangster Squad, un énorme délire, fun et explosif, alliant violence et glamour dans une Amérique transfigurée des années 40, saupoudrée d’une bonne dose de second degré. Entaché par le drame survenu à Aurora en juillet 2012 (une scène de gunfight dans un cinéma a même été supprimée et remplacée), cette adaptation du livre de Paul Liebermann a souffert d’une mauvaise réception outre-atlantique, car soupçonné de faire l’apologie de la violence. C’est bien dommage qu’ils n’aient pas su voir au-delà, car avec son casting de choc et sa réalisation aussi vivante et originale, Gangster Squad dépoussière le genre qui stagnait depuis Scorsese et Coppola père, et lui donne une nouvelle dimension furieusement badass !

Le pitch : À Los Angeles, en 1949, le parrain Mickey Cohen règne en maître sur toute la ville et la mafia. Alors qu’il contrôle déjà le trafic de drogue, des armes et des prostituées, il tente de diriger tous les paris de Los Angeles jusqu’à l’ouest de Chicago. Pour cela, il peut compter sur l’aide de ses nombreux hommes de main, mais également sur celle de la police et des hommes politiques corrompus. Seule une brigade officieuse du LAPD, dirigée par John O’Mara et Jerry Wooters, va tenter de détruire l’empire de Cohen…

Dès les premières images, on devine que Gangster Squad sera un véritable plaisir pour les yeux, quoiqu’il arrive. Et heureusement, car si l’histoire reste plutôt prévisible, les dialogues inspirés et la mise en scène surprenante relèvent largement le niveau du film. Adieu les films de gangsters obscurs errant dans les bas-fonds d’une ville noircie par la pègre et les personnages patibulaires, Gangster Squad préfère jouer la carte de la légèreté et du sex-appeal, n’hésitant à miser sur de l’humour sans retenue et à érafler l’image du policier héroïque et infaillible. En bon blockbuster assumé (même s’il a raté le coche à cause d’une sortie retardée), Gangster Squad développe une storyline balisée répondant à des critères figés dans le marbre : un grand méchant loup cruel, une équipe de justiciers sans foi(e) ni loi et une jolie fille qui ravira le cœur d’un des héros, et tous connaîtront des heures difficiles durant cet affrontement entre le bien et le mal qui ne supporte aucune demi-teinte.
Ruben Fleischer truffe sa pellicule de références, n’hésitant pas à piocher dans différents styles, comme avec la formation de l’escouade en mode super héros et ses faux airs de western. Il prend ainsi le risque de déplaire aux aficionados des films de gangsters classiques et à ceux qui s’attendaient au moins à un Lawless bis au mieux à un revival des Affranchis.

Criblé de répliques percutantes, Gangster Squad ne perd pas de vue son objectif et n’hésite pas à noircir le tableau en semant le trouble, quand la tension insidieuse revient nous titiller régulièrement, accompagnée par des vagues de violence souvent très crues. Le personnage impressionnant de Sean Penn (Mickey) tient à lui seul la baraque, quand il s’agit de jouer les bad boys, et chacune de ses apparitions fait monter la pression d’un cran et nous rappelle le fond de sérieux du film (prostitution et drogue) à travers une agressivité contenue mais palpable qui ne fait qu’augmenter de minute en minutes jusqu’à l’explosion.

Gangster Squad c’est aussi une réalisation réfléchie et affûtée, alliant de nombreux plans captivants, notamment une scène de course-poursuite où la caméra suit la vitesse de l’action, sans coupure, pour mieux en capter l’intensité, mais aussi une utilisation efficace de nombreux slow-motions qui vous laisseront bouche bée. Le film bénéficie également d’une photographie feutrée et d’un jeu de lumières habiles qui nous plonge instantanément dans une ambiance rétro comme si on y était.

Finalement, là où certains vont s’attarder sur la banalité de l’histoire et l’exagération des personnages, Gangster Squad se révèle être un excellent divertissement sans prétention, rehaussé par un ensemble jubilatoire. Le piège serait de croire qu’arriver à un tel résultat est une chose aisée, mais à y regarder de plus près, derrière la nonchalance, le travail est bien réel.

Coté casting, que du bonheur : L’immense Sean Penn (La dernière marche, Sam je suis Sam, Mystic River, Harvey Milk, mais aussi réalisateur du mémorable Into The Wild en 2007) s’éclate dans le rôle de l’impitoyable Mickey, quitte à forcer un peu le trait tout en réussissant à rester convaincant, entre fascination et frissons. Face à lui, une équipe de rêve : Josh Brolin (Un coup d’enfer, No country for old men, American Gangster…) est impeccable dans le rôle du justicier droit et intraitable, l’incontournable Ryan Gosling (N’oublie Jamais, Stay, Blue Valentine, et bien sûr Drive) incarne parfaitement la coolitude de l’époque, malgré le fait qu’on lui ait collé le rôle du beau gosse de la bande (mais on s’en remet très bien) et nous retrouvons également le talentueux Giovanni Ribisi (Intuitions, Dangereuse Séduction, Ted…) toujours aussi attachant dans ce jeu nerveux qui le rend reconnaissable entre mille. Emma Stone (Easy A, La couleur des sentiments, The Amazing Spiderman) joue l’éternelle beauté épineuse qui passe d’un camp à l’autre pour les beaux yeux du héros et prouve qu’elle a d’autres cordes à son arc. Malheureusement, ce rôle de faire-valoir n’est pas vraiment à la hauteur de son talent.

En conclusion, Gangster Squad mérite d’être vu et apprécié pour ce qu’il est : un vrai moment de plaisir.

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