Die Hard 5 – Belle journée pour mourir : Un nanar sans âme

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En 2007, Len Wiseman (l’homme au nom le plus trompeur du monde, n’est-ce pas) s’était attiré les foudres des fans de la saga Die Hard en réalisant un 4e opus à la fois inutile et aberrant, dont le moment le plus « what the fuck » était celui où McClane balançait une voiture dans un hélicoptère. Il semblerait que Len Wiseman ait trouvé son maître quand il s’agit de dénaturer et de piétiner une glorieuse saga, en la personne de John Moore, le réalisateur déjà tristement connu de La Malédiction (2006) ou encore de Max Payne (2008). Die Hard 5 : Belle journée pour mourir n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler une catastrophe, non… C’est tout simplement du grand n’importe quoi, un épisode extra-terrestre et consternant de la saga Die Hard sans âme, sans saveur, sans but si ce n’est celui d’amasser quelques billets verts. Festivals d’explosions toutes les deux minutes, courses poursuites illisibles et inesthétiques au possible, scénario inexistant et des échanges ridicules, John Moore s’en donne à cœur joie et a vraiment bossé dur pour réussir à massacrer la franchise avec un tel manque de respect pour le cinéma en général et pour les fans de Die Hard en particulier.
Le soupir de soulagement que vous entendez, c’est probablement celui Tony Gilroy, le réalisateur de Jason Bourne – L’héritage, qui réalise que sa carrière à encore un peu d’espoir.

Le pitch : John McClane se rend en Russie pour libérer son fils emprisonné. Il apprend que ce dernier est un agent de la CIA hautement qualifié qui doit empêcher un vol d’armes nucléaires. Ils doivent affronter la mafia russe ensemble et faire face à un ennemi sur le point de déclencher une guerre.

L’avantage de reprendre une franchise existante, c’est que l’on peut zapper l’étape où on présente les personnages. Die Hard 5 l’a bien compris, peut-être un peu trop car le film zappe également l’étape où il y a un scénario. Après une intro brouillonne où se suivent des plans hasardeux, entrecoupés de conversations énigmatiques en russe, d’un seul coup : BOOM ! c’est parti pour une looooongue course poursuite dans les rues de Moscou, sans que l’on sache vraiment pourquoi. L’occasion en tout cas de se rendre compte que l’on va souffrir pendant une bonne heure et demie, tant la mise en scène laisse déjà à désirer, entre caméra tremblotante et action illisible.
Die Hard 5 tente vainement de créer une dynamique père-fils afin d’amuser le public, mais entre une écriture plus que médiocre et un Bruce Willis qui a visiblement l’air de s’ennuyer profondément, la sauce ne prend pas. Le coup de la famille brisée avec le papounet qui tente de recoller les morceaux face à un fiston récalcitrant finit par nous donner une dernière raison de vomir discrètement dans notre pop-corn.
Impossible de croire une seule seconde que cet opus a un quelconque lien avec Piège de Cristal ou Une Journée en Enfer tant le film manque d’humour, de rythme et d’originalité. Même le fait d’affubler un des vilains avec une carotte (histoire de nous rappeler Jeremy Irons et ses œufs durs) ne parvient pas à dissimuler le vide astral qui sert d’intrigue. John Moore prend à peine deux minutes pour évoquer une vague affaire en énonçant des termes sensés faire mouche (mafia, CIA, Tchernobyl… Tchernobyl ??), mais on comprend rapidement que son intérêt n’est pas là (de toutes façons, le synopsis officiel, la bande annonce et le film en lui-même n’ont rien à voir ensemble, donc il doit bien y avoir une logique tordue là-dedans). Moore loue visiblement un culte à Michael Bay mais il est loin d’arriver à la hauteur (pourtant pas très haute) du réalisateur des Transformers : bourrin, amateur et loin d’être un esthète, Moore fait tout péter, canarde à tout va, s’en prend à des tas de voitures innocentes et ne cherche même plus à donner du sens à un film qui sombre de plus en plus dans le ridicule et l’imposture. Tout le film mène à une conclusion au-delà du grotesque où personne ne se pose la question de savoir si c’est bien intelligent de faire sauter une cargaison radioactive… Non non, on s’en fout : le feu c’est joli, hin Moore ?

Finalement, Die hard 5 devrait être un cas d’école pour les jeunes et futurs réalisateurs, étant donné que c’est le parfait exemple à ne pas suivre. Incohérences, faux raccords, montage à la hache, direction artistique inexistante, mise en scène pompée sur d’autres films d’action (la scène de l’ascenseur, c’est du vu, revu, mâchouille  digéré et rechié)… Die Hard 5 a clairement été fait par dessus la jambe, sans aucune considération pour le public et accède joyeusement au statut du nanar affligeant, totalement dénué d’ambition.

Coté casting, on est en droit de se demander si Bruce Willis n’aurait pas quelques factures impayées au regard de sa prestation flemmarde où il se contente de réciter ses vannes sans grande conviction. Face à lui, Jay Courtney (Jack Reacher, en 2012) tire la tronche tout du long pour bien souligner son rôle de bad boy, sans jamais expliquer pourquoi il fait la gueule à son père (espèce d’ingrat).

En conclusion, Die Hard 5 : Belle journée pour mourir s’est planté en beauté et n’a de Die Hard que le nom. Le film en entier n’est qu’une plaisanterie de mauvais goût et la franchise ne pouvait pas tomber plus bas. Ah si tiens, un 6e opus a récemment été annoncé… Et l’expression « a touché le fond mais creuse encore » prend tout son sens.

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