Insaisissables : Comme son nom l’indique…

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Louis Leterrier (Le Transporteur, Danny The Dog, L’incroyable Hulk ou encore Le Choc des Titans…) a toujours su s’entourer et il le montre une nouvelle fois dans son dernier film. Si le casting d’Insaisissables est renversant, le film se révèle être un divertissement en demi-teinte. Comme un tour de magie, Insaisissables nous bluffe avec une trame entraînante aux rebondissements multiples et surprenants pour mieux capter notre attention, mais en y regardant de plus près le film souffre d’une mise en scène un poil brouillonne, de nombreux prétextes faciles et d’un dénouement vainement compliqué et obscur. On apprécie la théâtralité du film, mais finalement Insaisissables s’oublie rapidement une fois vu, laissant un sentiment indécis… voire insaisissable.

Le pitch : Un quatuor de talentueux magiciens, Les Quatre Cavaliers, fait soudainement parler d’eux suivent à leur dernier show à Las Vegas en faisant pleuvoir une pluie de billets sur un public déchaîné. Au même moment, à Paris, le coffre d’une banque est dévalisé. Deux agents spéciaux du FBI et d’Interpol sont déterminés à élucider cette affaire…

Divertissant serait peut-être le mot qui conviendrait le mieux pour décrire Insaisissables. Louis Leterrier a toujours été un homme d’action et pour son dernier-né, il nous plonge directement dans le vif du sujet. C’est à la fois l’atout majeur et le plus gros défaut du film. D’un coté, le film ne perd pas de temps et se lance dans une aventure ébouriffante où, entre deux tours de magie spectaculaires, nous découvrons les véritables enjeux de chaque personnage. Le ton est plaisant, alternant des touches d’humour efficaces et créant suffisamment d’intérêt pour captiver son public, donnant envie de suivre l’évolution de l’intrigue. Entre ces quatre magiciens énigmatiques, l’agent du FBI coincé avec une recrue d’Interpol et un traqueur de magiciens averti, Insaisissables ne cesse de s’étoffer et de rajouter toujours plus d’attrait et de strate à son histoire, en multipliant les genres. On ne s’ennuie pas devant cette pellicule lumineuse et attirante, dotée d’effets spéciaux superbes et au rythme effréné.
Cependant, bien qu’Insaisissables s’évertue à nous en mettre plein la vue, difficile de nier les défauts qui grossissent à vue d’œil. Dans un premier temps, la narration s’embourbe dans une intrigue complexe et peu maîtrisée, si bien qu’au final les questions soulevées par le film restent en suspens, notamment la plus importante : quel but poursuivait donc nos Quatre Cavaliers ? Nombreuses seront les allusions à un certain « œil » sans pour autant développer le sujet. Ajoutons à cela le fait que le film a une forte tendance à ressembler au Ocean’s Eleven de la magie, et ce, dès le début avec le « recrutement » des quatre magiciens, mais aussi par son déroulé. Après chaque spectacle, Insaisissables tente de se donner une consistance en nous dévoilant les dessous de l’affaire, révélant des plans bien trop ficelés pour être crédibles jusqu’au bout. Tandis que l’enquête piétine et que l’on s’amuse à voir les « gentils » se faire avoir alors qu’ils pensaient avoir un temps d’avance, il devient finalement facile de deviner le dénouement à l’avance. De plus, comme je le disais plus haut, si Leterrier sait séduire avec de l’action, il a encore beaucoup d’efforts à faire quand il s’agit de développer ses personnages. Malgré un casting incroyable, un scénario plutôt travaillé malgré ses failles et une écriture agréable qui ne lésine pas sur l’humour, il manque toutefois un semblant d’interaction entre les personnages. Les quatre magiciens ont beau travailler ensemble et avoir chacun une personnalité bien distincte (bien que peu éloignée des rôles que les acteurs ont l’habitude de jouer), l’alchimie est inexistante car on ne les voit que trop peu, et ce n’est certainement pas le semblant de romance timide qui flotte dans l’autre camp qui relèvera le niveau.

Coté mise en scène, Leterrier s’emballe inutilement derrière sa caméra en essayant de créer de l’intensité et de renforcer le coté spectaculaire de son film. Mais au bout d’un moment, à force de tourbillonner autour des personnages sans discontinuer puis d’enchaîner avec de grands mouvements plongeants, Insaisissables a tendance à donner le mal de mer surtout dans la première partie du film.
Qui dit tour de magie, dit forcément effets spéciaux. Souvenez-vous, en 2006, nous avons eu les faux-jumeaux Le Prestige de Christopher Nolan et L’Illustionniste de Neil Burger. L’un comme l’autre abordait le thème de la magie, nous faisant prendre part à la conception de ces fameux tours de passe-passe. Bien entendu, ces deux films utilisaient des effets spéciaux pour que les tours fonctionnent, mais avec parcimonie afin de rendre le résultat plus crédible. Dans Insaisissables, la magie du numérique l’emporte sur le reste. Du coup, même si c’est beau et bien fait, on n’y croit pas une seule minute et nos quatre magiciens ont tendance à se transformer en manipulateurs patentés – ce qui pourrait les rendre beaucoup moins sympathiques.

Au casting, que du lourd. Pourtant, si le casting impressionne, la plupart s’en sorte en livrant une interprétation sans risque. Jesse Eisenberg a mûri depuis The Social Network en 2011, sans se départir de son habituel débit verbal. A ses cotés, Isla Fisher est toujours aussi pétillante et sympathique, tandis que Woody Harrelson décroche le rôle le plus intéressant du quatuor, avec nonchalance et humour. Nous retrouvons également un face-à-face qui sent bon le déjà-vu avec Michael Caine et Morgan Freeman, tout deux impeccables pour ne pas changer, mais sans plus. De l’autre coté, Mark Ruffalo reprend du poil de la bête dans un rôle qui lui va bien et Mélanie Laurent assure l’autre touche féminine ET française du film.
Oh, et puis il y a aussi Dave Franco, mignon certes, mais finalement très transparent.

En conclusion, Insaisissables est un film divertissant et captivant, multipliant les genres pour mieux accrocher son public à son histoire pleine de rebondissements. Malgré un bon dosage entre l’humour et le spectaculaire, notamment grâce à un casting de haut vol et des effets spéciaux séduisants, Insaisissables se perd dans une histoire au dénouement complexe et bancal, tandis que le manque de réalisme du film achève de nous désintéresser. Au final, le choix du titre en français de Now You See Me (titre original) est plutôt bien trouvé car il définit bien le film. Tout comme un tour de passe-passe, Insaisissables intrigue et plait au premier abord mais quand on creuse un peu, il ne reste plus que l’esbroufe… Dommage.

And yes, ladies and gentlemens, this card does come in black.

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