Dans l’ombre de Mary : Attendrissant et émouvant

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Si le film Mary Poppins de Robert Stevenson (1964) est un classique, l’histoire derrière la genèse ce film n’en est pas moins extraordinaire. 50 ans plus tard, Dans l’ombre de Mary : La promesse de Walt Disney lève le voile sur la rencontre fascinante entre l’acariâtre Pamela Lyndon (P. L.) Travers, l’auteure des livres Mary Poppins et les studios Disney, pour nous proposer une histoire attendrissante, aussi rocambolesque que touchante. La magie Disney a encore frappé !

Le pitch : En Californie au début des années 1960, le producteur hollywoodien Walt Disney souhaite obtenir les droits d’adaptation cinématographique de la série de livres pour enfants Mary Poppins de la romancière Pamela Lyndon Travers. Ces longues négociations, dues à la volonté de Walt Disney de tenir une promesse faite à ses filles, seront l’occasion pour l’auteure des livres d’un retour sur son enfance en Australie et l’influence de cette enfance sur son œuvre.

Sa silhouette, son parapluie, sa célèbre chanson au titre improbable (Supercalifragilisticexpidélilicieux)… Mary Poppins est un classique incontournable de l’univers Disney. Sorti en 1964, le film de Robert Stevenson a certes un peu vieilli mais n’a jamais perdu son entrain positif et contagieux. Un atout que l’on retrouve tout au long du film Dans l’ombre de Mary. John Lee Hancock dresse le portrait aigre-doux de Pamela Lyndon Travers alors qu’elle négocie l’adaptation de son livre avec Walt Disney et son équipe. Cette rencontre fait des étincelles, notamment à cause du caractère borné et intraitable de l’auteure, stéréotype parfait de la britannique guindée, face au tempérament débonnaire de Walt Disney et la bonne humeur américaine. Un véritable choc des cultures qui donne lieu à des épisodes cocasses tirés de faits réels, révélant alors que cette collaboration n’a pas été de tout repos. Pointilleuse, maniaque et revêche, P. L. Travers n’est pas prête à laisser ses droits d’auteurs et se montre très exigeante, mettant souvent en péril le projet Mary Poppins. Le charme évident de ces scènes amusantes n’est en vérité qu’un vernis, car en grattant la surface, on découvre une réalité beaucoup moins légère.
Dans l’ombre de Mary propose plus qu’une simple aventure derrière le décor de Mary Poppins et cherche à comprendre pourquoi cette femme est aussi peu sympathique, grâce à de nombreux flashbacks retraçant son enfance. John Lee Hancock parvient à mener ces deux histoires parallèles et complémentaires, l’une ancrée dans le passé et dévoilant l’admiration sans borne et naïve d’une petite fille pour son père instable ; l’autre avançant dans le présent tandis que Walt Disney, autre figure paternelle du film, tente de percer la carapace de P.L. Travers. Alors que cette dernière avait tout pour être détestable et antipathique, ces deux relations très fortes qui irradient le film nous permettent de l’apprécier, puis de la comprendre. Finalement, l’origine de Mary Poppins est presque reléguée au second plan, tant cette héroïne peu ordinaire fascine et attendrit au fur et à mesure que son histoire douloureuse est révélée.

Si le film est parfois alourdi par de longs passages dramatiques, John Lee Hancock construit son film comme un conte. On y retrouve les codes Disney, du cocon familial qui éclate à la renaissance de son héros, en passant à travers une gamme d’émotions palpables. Mais surtout, c’est toujours cet esprit positif et bienheureux qui marque le film, illuminé par des scènes magnifiques et extrêmement touchantes, notamment le moment où les scénaristes proposent la fameuse chanson Beau Cervolant (Let’s Go Fly A Kite). Que l’on se souvienne précisément de Mary Poppins ou pas, une chose est sûre, c’est que Dans l’ombre de Mary donne envie de (re)découvrir cette histoire, avec un regard neuf, tant John Lee Hancock réussit à conserver le ton enthousiaste du film original, tout en dévoilant son véritable secret.

Coté casting, Tom Hanks (Cloud Altas, Captain Phillips…) est excellent dans le rôle de Walt Disney, grâce à son charisme qui séduit dès sa première apparition. Face à lui, la grande actrice Emma Thompson (les derniers Harry Potter, Love Actually, Good Morning England…) est incroyablement superbe et parfaite dans ce rôle complexe, qui lui a valu d’être nominée à plusieurs reprises, notamment aux Golden Globes et aux BAFTAs.
Autour, nous retrouvons un Colin Farrell (Fright Night, Dead Man Down…) étonnant dans le rôle difficile du père, Rachel Griffiths (Six Feet Under, Brothers & Sisters…) fait un passage très remarqué et Paul Giamatti (12 Years A Slave…) nous fera sourire de nombreuses fois. B.J. Novak (Inglorious Basterds…), Bradley Whitford (La cabane dans les bois…) et Jason Schwartzman (Moonrise Kingdom…) forment un duo hilarant, parfait miroir des réactions que peuvent susciter les interventions ahurissantes de P.L. Travers au cours de l’écriture du scénario de Mary Poppins.
La petite erreur de casting serait peut-être Ruth Wilson (Lone Ranger…) qui, au-delà du fait d’être inintéressante, est on ne peut plus agaçante…

En conclusion, Dans l’ombre de Mary est une réussite, permettant non seulement de faire revivre Mary Poppins, mais aussi de lever le voile sur les secrets de sa conception. John Lee Hancock livre une histoire émouvante, pleine de sympathie et de tendresse, oscillant du rire au larmes avec une aisance étourdissante, alliant la magie des contes de Disney à une trame bien réelle et touchante.

Everybody's happy in Disneyland... but her

Everybody’s happy in Disneyland… but her

PS : Ne partez pas trop vite et restez pendant tout le générique de fin 😉

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