Sexy Dance : Retour sur la saga qui fait danser le cinéma

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>>> Mon avis sur Sexy Dance 5 – All In Vegas

Les films autour de la danse appartiennent à un genre un peu bâtard du cinéma. Faire danser ses acteurs c’est bien joli, mais s’il y a pas une histoire tangible en plus ou, comme pour Sexy Dance, un élément vraiment accrocheur, le film peut rapidement se vautrer.
Il y a deux écoles bien distinctes : les films un peu « old school » qui découlent directement de films cultes, tel que Dirty Dancing d’Emile Ardolino (1987), Flashdance d’Adrian Lyne (1983), Fame d’Alan Parker (1980) ou encore La Fièvre du Samedi Soir (1977), où la danse est une passion mais reste un aspect secondaire de l’histoire du film, focalisé sur l’évolution d’un ou de plusieurs personnages.
Petit à petit, l’intérêt pour ce genre de film s’est amoindri, ne laissant de la place qu’à des exceptions où l’on suit une compagnie ou une école de danse, par exemple, ou à des petits bijoux comme Billy Elliot de Stephen Daldry (2000) et Black Swan de Darren Aronofsky (2011).
Puis, en 2001 une nouvelle ère de films de danse débarque grâce à Thomas Carter avec Save The Last Dance, avec Julia Stiles et Sean Patrick Thomas. Pour la première fois, ce film ose confronter deux styles bien différents, à savoir la danse classique et le breakdance, amenant ainsi pour le style urbain sur le devant de la scène. La magie opère pour Save The Last Dance, ce qui va créer plusieurs films dans la même veine. C’est finalement le coté urbain / hip-hop qui séduit le public : Street Dancers de Chris Stokes (2004), suivi de près par Jessica Alba qui se déhanche dans le très bon Honey de Bille Woodruff la même année.

En 2006, la chorégraphe et réalisatrice Anne Fletcher (27 Robes, La Proposition…) flaire le bon filon en réalisant Sexy Dance, créant ainsi une saga solide qui a su conquérir son public en proposant une réelle évolution dans les styles de danse explorés et, surtout, des comédiens qui savent actuellement bien danser (ou qui apprennent vite et bien). Certes, coté scénario chaque film est prévisible avant même d’entrer en salle (ou d’appuyer sur « play »), mais Sexy Dance a, jusqu’à présent, toujours réussi à proposer un spectacle toujours plus ahurissant, où les romances tièdasses sont évincées par des chorégraphies spectaculaires et mouvementées.

Retour sur une franchise superstar, distribuée en France par Universal (depuis Sexy Dance 2).

Sexy Dance, d’Anne Fletcher (2006)

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Le pitch : Rebelle dans l’âme, Tyler Gage a passé toute sa jeunesse dans les bas quartiers et les mean streets de Baltimore, et sait aujourd’hui qu’il ne se tirera d’affaire qu’en rompant avec son milieu. Son seul atout, bien mince : un don naturel pour le hip-hop, qu’il pratique d’instinct, pour son seul plaisir… Ambitieuse et douée, la belle Nora a grandi au sein d’une famille bourgeoise qui a encouragé très tôt sa vocation, et finance ses études de danse classique à la prestigieuse Performing Arts High School. Tyler et Nora : deux mondes diamétralement opposés, deux talents, deux passions dont la rencontre explosive sera à l’origine d’un étonnant conte de fée musical…
Avec Channing Tatum, Jenna Dewan-Tatum, Damaine Radcliff…

Il faut l’avouer, c’est probablement le plus amateur des quatre. Le scénario tient sur un mouchoir de poche et pue la guimauve à plein nez, tandis que les scènes de danse ne sont pas vraiment extraordinaires. Pourtant, le film fonctionne, d’une part parce qu’avec son mélange des genres (danse classique et breakdance), il fait écho à Save The Last Dance en plus moderne, tout en jouant la carte du duo ; d’autre part, Sexy Dance explore les différences de ses personnages principaux jusqu’à en faire une sorte de Roméo et Juliette des temps modernes, et ça… C’est une recette gagnante.
Le film compte plus de 280 000 entrées en France et remporte environ 119 millions de dollars au total. Il faut explorer le filon : une franchise est née.

Sexy Dance 2 de Jon M. Chu (2008)

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Le pitch : Andie est une fille d’origine modeste, une rebelle qui s’efforce de trouver sa place au sein de la très respectable Maryland School Of The Arts, sans renier pour autant ses racines et son vieux rêve : intégrer la troupe Underground 410 qui rassemble les meilleurs danseurs de rue de Baltimore. Chase est l’étudiant le plus brillant de la MSA – une star en devenir qui aspire à rompre avec les traditions et contraintes de la danse classique. Son but : monter sa propre équipe pour affronter la 410 dans une grande « bataille » de rue. Irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, Chase et Andie arriveront-ils à concilier leurs ambitions respectives, leurs rêves et leurs désirs ?
Avec Robert Hoffman, Briana Evigan, Cassie Ventura…

Dans cet opus, Sexy Dance 2 passe au niveau supérieur : si on ne peut pas échapper à la romance bateau, le réalisateur Jon M. Chu livre un film effervescent et beaucoup plus rythmé. En effet, grâce au succès du film précédent, le film est accompagné par une bande-originale dans laquelle squattent de nombreuses stars du hip-hop / R’n’B, comme Missy Elliott, Keyshia Cole ou encore Timbaland.
Cette fois, le film s’intéresse de plus près à la « danse de rue » en introduisant le phénomène de « crew » et de « street battle », alors que l’héroïne du film est forcée de s’inscrire à la MSA (l’école dans laquelle se sont rencontrés les héros du premier film), sur les bons conseils de Channing Tatum, dont la présence sert de transition aux deux films. L’idée générale du film est excellente, grâce aux « crews », Sexy Dance 2 rend hommage aux différentes danses urbaines, mixant la rudesse du break à la sensualité de la danse latine, dans un spectacle explosif et impressionnant. Si dans le premier film, Sexy Dance s’était conclu avec un spectacle de danse mignon tout plein, Sexy Dance 2 termine avec une longue séquence de dance-battle ahurissante qui laisse sur le carreau (avec une grosse envie de « shaker son Pom Pom »).
Résultat, Sexy Dance 2 est un gros succès au box-office grâce à sa créativité qui excuse aisément les faiblesses du scénario (de la romance pauvrette à la morale bien-pensante), tant on a envie de les voir danser et surtout, on y découvre plusieurs personnages attachants, dont Moose. Le film remporte un total de 144 045 195 dollars dans le monde entier.

Sexy Dance 3D – The Battle, de Jon M. Chu (2010)

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Le pitch : Fraîchement diplômé de la prestigieuse Université de New York, Moose fait équipe avec une bande de loyaux street dancers et, parmi eux, Luke et Natalie. Ensemble ils vont se mesurer aux meilleurs break dancers du monde au cours d’un affrontement dont l’issue changera leur destin à tout jamais.
Avec Rick Malambri, Adam G. Sevani, Sharni Vinson…

Fort de son succès avec Sexy Dance 2, Jon M. Chu reprend du service. Surfant sur l’avènement du cinéma en 3D, Sexy Dance 3D propose plus de spectacle et plus de chocs visuels, en suivant Moose (Adam G. Sevani) lors de son entrée à l’université. La danse prend une place plus importante : dans Sexy Dance, il s’agissait de s’exprimer et dans Sexy Dance 2, il fallait danser pour se faire respecter. Cette fois, Sexy Dance 3D sort de l’adolescence et quitte (partiellement) des bancs de l’école pour aller à la rencontre d’artistes pour qui danser est la seule raison d’être (et aussi un moyen de garder un toit sur la tête). On retrouve donc l’univers des battles, à plus grande échelle et avec de l’argent à la clé, tandis que le film propose de suivre le parcours de deux histoires parallèles. Si l’amour reste au centre du film, Sexy Dance 3D semble opposer sa version bankable (Roméo et Juliette) à une version plus teenager avec Moose.
Certes, le film est toujours aussi extraordinaire et profite de la 3D pour donner de l’emphase aux scènes de danse (en nous jetant de l’eau au visage…), avec une bande-originale toujours aussi appréciable et dans l’air du temps (Alicia Keys et Jay-Z, Jessie J, Flo Rida…). Oui, mais voilà… la danse de rue, les battles… on connait déjà. Du coup, si le public répond toujours présent, une légère (très légère) baisse d’intérêt se fait sentir. Mais bon, plus de 135 millions de dollars de recette mondiale, c’est pas mal quand même.

Sexy Dance 4 : Miami Heat, de Scott Speer (2012)

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Le pitch : Miami Beach – Amis d’enfance, Sean et Eddy travaillent comme serveurs dans l’hôtel de luxe Dimont, propriété du magnat de l’immobilier Bill Anderson. Ces deux jeunes ont monté ensemble une troupe alternative, « The Mob », à l’avant-garde de la danse de rue et cœur du mouvement protestataire urbain. Le brio, l’audace et l’imagination de la troupe attirent l’attention de la fille d’Anderson, Emily, danseuse classique douée que son père pousse à exercer un « vrai métier » au mépris de sa passion. L’arrivée de cette « gosse de riche », très mal vue par Eddy, et son idylle naissante avec Sean sonneront-elles le glas de « The Mob » ?
Avec Kathryn McCormick, Ryan Guzman, Stephen Boss…

Comme chaque tendance, il faut finir par se renouveler et ça tombe bien car le succès de la franchise Sexy Dance avait créé de trop nombreux concurrents pas toujours convaincants, que ce soit en surfant sur la mode des battles (Steppin’, StreetDance 2…), sur les rêves de gloire (Dancing Girls, Fame version 2009…) ou en proposant des comédies romantiques teintées de danse (Shall We Dance, Dance With Me…).
Il était donc temps de se renouveler, Sexy Dance 4 (filmé en 3D) l’a bien compris et s’intéresse de plus près à la mode des flash-mobs (comme au début de Sexy Dance 2). Certes, on échappe toujours pas à la romance guimauve (on finit par s’y habituer) mais, comme Sexy Dance 3, la danse est utilisée dans un véritable but : faire entendre sa voix et empêcher le rachat d’un quartier par un entrepreneur égoïste). Ici, le film garde l’idée des « crews », Scott Speer opte pour une mise en scène plus visuelle en intégrant un nouveau style (la danse contemporaine) et les arts graphiques et plastiques. Du coup, en plus de proposer des chorégraphies à couper le souffle, Sexy Dance 4 crée également des tableaux étonnants et variés, rendant chaque séquence inédite (le restaurent, l’exposition…) avant de se muer en un énorme flash-mob – dans lequel on retrouve pas mal de visages connus de la franchise.
Coté bande-originale, il y a beaucoup moins d’esbrouffe : la plupart des chansons remixées, incluant plusieurs artistes connus (Busta Rhymes, Skylar Grey, RadioHead…), ainsi que la superbe chanson finale « To Build a Home » de The Cinematic Orchestra.
Autant de nouvelles idées qui permettent à la franchise de reconquérir son public, au lieu de se cloisonner dans les films de danses urbaines (comme le récent Battle Of The Year). Sexy Dance 4 engrange plus de 140 millons de dollars dans le monde. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Sexy Dance 5 – All In Vegas

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Le pitch : Alors qu’un danseur de rue de Miami, Sean Asa, emménage à Hollywood rêvant de fortune et de gloire, il se retrouve confronté aux contraintes quasi insurmontables requises pour réussir dans le milieu professionnel de la danse. Mais lorsque la nouvelle équipe qu’il forme avec la belle et opiniâtre Andie West se qualifie en finale d’un reality show de qualité sous les paillettes de Las Vegas, il trouve alors l’occasion de réaliser son rêve- s’il parvient à oublier des rivalités tenaces et une loyauté de longue date, afin de faire ce qu’il aime par-dessus tout: danser.

En salles le 16 juillet 2014
Réalisé par Trish Sie
Avec Ryan Guzman, Briana Evigan, Adam G. Sevani…

Réglé comme une horloge, deux ans après le 4ème film, Sexy Dance est de retour et en profite pour remettre en avant ses personnages fétiches de la saga. Si Adam G. Sevani (Moose) a toujours été de la partie depuis Sexy Dance 2 et Ryan Guzman vient de Sexy Dance 4, c’est Briana Evigan (Sexy Dance 2) qui crée la surprise en étant de retour. Espérons qu’ils ne seront pas les seuls à faire un passage dans le film comme le promet l’affiche montrant des danseurs de Sexy Dance 3. Mais avouons-le, c’est un peu décevant de voir Sean et Andie célibataires alors que les films précédents tournaient autour de leurs histoires d’amour respectives… :-p

En conclusion, oui, les films de danse font partie d’un genre « bâtard » du cinéma, souvent mal jugés à cause d’un scénario souvent insipide. Mais finalement, ce genre de films, c’est un peu comme les blockbusters : on y va pas vraiment pour l’histoire mais pour en prendre plein les yeux. Alors, je ferai quand même partie de ceux qui iront voir le film dès sa sortie en salles. Et vous ?

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