Le crocodile du Botswanga : Le Thomas Ngijol Show

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Fabrice Éboué et Thomas Ngijol sont de retour avec une nouvelle comédie africanisante et déjanté. Malgré plusieurs longueurs et un film reposant entièrement sur le personnage hyper caricatural de Thomas Ngijol, Le Crocodile du Bostwanga se révèle plutôt sympathique avec son humour piquant et très second degré. Cependant, contrairement à Case Départ (2010) qui est accessible à un large public, Le Crocodile du Bostwanga a tendance à donner dans la « private joke », ce qui pourrait laisser perplexe une bonne partie du public…

Le pitch : Talentueux, le jeune footballeur français Leslie Konda, vient de signer un contrat professionnel dans un grand club espagnol. Son agent Didier, présenté comme étant de faible envergure, l’a repéré durant son adolescence. Évoluant au poste d’attaquant, ses ancêtres sont originaires du Botswanga, pays dirigé par le dictateur Bobo Babimbi. Ce dernier, passionné de football, conclut un arrangement crapuleux avec Didier pour que Leslie Konda intègre la sélection nationale de son pays, les Crocodiles du Botswanga.

Il y a 4 ans, le film Case Départ débarquait sur nos écrans, avec sa dose massive d’humour politiquement incorrect mais diablement efficace. Un tel succès que le trio à l’origine de ce film, Thomas Ngijol, Fabrice Éboué et Lionel Steketee envisageait même une suite, Case Retour, avant de mettre se projet de coté pour mieux se renouveler. C’est ainsi qu’est né Le Crocodile du Botswanga. Entre parodie et dénonciation, cette aventure au cœur d’un pays africain vivant sous la coupe d’un dictateur donne lieu a de nombreux fous-rires, entre stéréotypes attendus (accents et exclamation typiquement africaines) et une intrigue rocambolesque. Éboué et Steketee, à la réalisation et au scénario, exploitent leurs idées dans les moindres recoins, de la personnalité délirante du dictateur à l’agent véreux, en passant pas les clichés les plus extravagantes pour servir au mieux une histoire colorée au fond amer de vérité. En effet, derrière toute cette déferlante d’humour très second degré, Le Crocodile du Botswanga en profite pour dénoncer des agissements bels et bien existants dans certains pays d’Afrique, que ce soit le camouflage honteux de la gravité du Sida aux accords fallacieux tenus avec de gros groupes industriels (Totelf…). Rien est laissé au hasard, certes, mais Éboué et Steketee n’oublie jamais que la vocation première du film est de faire rire, et non de placer un message politique tranché.
Du coup, si ces aspects sont abordés avec beaucoup de légèreté, j’apprécie tout de même l’intégrité de Thomas Ngijol, Fabrice Éboué et Lionel Steketee qui réussissent à faire un film aussi décomplexé sans jamais se compromettre : le film réussit à faire rire en grossissant les stéréotypes liés à la communauté africaine, sans jamais être désobligeant ni borderline, tout en posant un regard attendri sur le Botswanga, ce pays imaginaire qui, derrière le grotesque, rend hommage aux couleurs et à l’excentricité de l’Afrique, sans pour autant nier ses imperfections.

Cependant, Le Crocodile du Botswanga est loin d’être aussi réussi que Case Départ. Si ce dernier était doté d’un humour aussi subversif que très accessible et d’un ensemble d’acteurs cohérents, ce nouveau film est bien plus personnel et clairement inspiré par le parcours de ses protagonistes. Du coup, Le Crocodile du Botswanga se focalise énormément sur ce dictateur déjanté, ses frasques et ses pitreries rappelant les divertissements africains à la Jean-Miché Kankan, si bien que le reste de l’histoire passe au second plan. Le film souffre donc de nombreux temps morts, à peine rehaussé par des rebondissements prévisibles, tant Thomas Ngijol est au centre de toutes les attentions. Au fur et à mesure que le film avance, on finit par se lasser un peu de cette cacophonique un tantinet lassante et les nombreux défauts du film (incohérences, personnages transparents voire inutiles…) deviennent de plus en plus évidents.

Justement, coté casting, Thomas Ngijol est en roue libre et s’éclate dans ce rôle excessif, alors que le film semble reposer sur ses épaules. Fabrice Éboué, quant à lui, ne se mouille pas trop et nous ressert exactement le même personnage qu’il incarnait dans le film Fatal, de Michael Youn (2009). Autour, nous retrouvons beaucoup de seconds rôles à la limite de la figuration : Ibrahim Koma est étonnamment accessoire, alors qu’il est censé être au centre de l’histoire ; Claudia Tagbo fait du Claudia Tagbo (on aime ou on aime pas, donc) ; Eriq Ebouaney et Franck de Lapersonne reprennent du service mais restent dans la lignée de leurs rôles respectifs dans Case Départ, tandis qu’Amelle Chahbi s’illustre dans un personnage très discutable.

En conclusion, Le Crocodile du Botswanga a su relever le défi, à savoir succéder à Case Départ, en innovant. Malgré quelques pertes de rythme et un personnage principal omniprésent, le trio Thomas Ngijol, Fabrice Éboué et Lionel Steketee propose une film suffisamment drôle et fun pour laisser un bon souvenir. Vivement le prochain !

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