[CRITIQUE] La Belle Époque, de Nicolas Bedos (Sortie DVD)

Le pitch : Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour…

Réalisé par Nicolas Bedos
Disponible en Blu-ray et DVD le 11 mars
Avec Daniel Auteuil, Doria Tillier, Guillaume Canet, Fanny Ardant…
Édition Classique : Film • Commentaire audio du film par Nicolas Bedos • Bonus Cannes (Conférence de presse, montée des marches) • Making-of du film
Édition Spéciale Fnac :  Film • Commentaire audio du film par Nicolas Bedos • Bonus Cannes (Conférence de presse, montée des marches) • Making-of du film

Après son premier film Monsieur et Madame Adelman en 2017, Nicolas Bedos poursuit son observation du couple en fin de vie à travers La Belle Époque, un drame nostalgique dans lequel cette le réalisateur choisit de rester derrière la caméra. À travers un procédé coûteux qui permet de revivre un souvenir ou de se projeter dans une autre époque, le film, salué par 11 nominations aux César, suit le parcours d’un homme vieillissant à la recherche de la flamme de sa jeunesse

Rapidement, Nicolas Bedos s’éloigne de l’ambiance austère d’une vie de couple capitonnée par l’âge et le ressentiment pour se réchauffer au cœur des années 70, entre flirt des premiers jours et époque empreinte de liberté. Accessible et attendrissant, je me suis d’abord prise au jeu de cette histoire qui conserve un peu de mystère autour de cette amourette du passée, tout en explorant l’atmosphère bonhomme de l’époque qui contraste avec la société actuelle. Au fur et à mesure que le film avance, le personnage s’ouvre et semble plus se plaire dans ce monde imaginaire, qui a se laisser emporter par les événements qui déraillent.
En effet, en filigrane de l’histoire principale, se tisse une sous-intrigue qui vient entraver le récit, tiraillé entre les amours chaotiques d’un réalisateur et de son actrice. Une facette qui va peu à peu ternir l’atmosphère bohème pour virer au triangle amoureux qui tâche. Si l’attachement du héros à son fantasme fonctionnait même si on le devine peu plausible, Nicolas Bedos laisse à nouveau transpirer son ego qu’il projette sur sa muse, Doria Tillier, encore et toujours. Un ego qui navigue entre une passion abusive et la contemplation fantasmée de l’actrice que la caméra dévore à chaque instant, comme le besoin de rappeler sa présence et l’électricité qu’elle suscite autour d’elle. Le réalisateur tente de lui donner le beau rôle et joue à exorciser ce qui semble être des bribes de leur relation à la vie, ce qui finit par empiéter sur le cœur du récit et gâcher l’aventure nostalgique et grisante du héros. La Belle Époque finit par presque oublier son personnage principal, rendant sa conclusion presque transparente au profit de sa belle actrice (et la banalisation du narcissisme pervers).

Pour son deuxième film, Nicolas Bedos cherche visiblement à varier les styles et joue avec sa caméra, faisant des choix risqués comme les scènes où les dialogues se suivent dans des plans hachurés. Une pratique assez déroutante, qui étonne au début, avant, pour ma part, de franchement agacer car cela n’apporte jamais le dynamisme recherché et gâche la fluidité de la narration. Néanmoins, La Belle Époque offre une mise en abîme superbe dans les années 70, des décors et costumes à la photographie chaude du film, Nicolas Bedos a su conserver les bons clichés et en faire une toile de fond accueillante.

Au casting : Daniel Auteuil (Rémi Sans Famille, Le Brio, Amoureux de ma Femme…) est attachant et touchant dans son rôle désabusé qui cherche à retrouver sa jeunesse et le frétillement des débuts d’une belle rencontre, tandis que Fanny Ardant (Ma Mère Est Folle, Lola Pater, Five…), trop rare, est toujours aussi superbe. Autour d’eux, Guillaume Canet (Au Nom de la Terre, Doubles Vies, Le Grand Bain…) et Doria Tillier (Le Jeu, Monsieur et Madame Adelman…) vampirisent la trame et s’approprient la part du lion dans le film, sans pour autant briller. Et un carnet d’adresses bien rempli permet d’avoir d’autres visages connus en toile de fond, comme Pierre Arditi (Les Estivants, Comme Un Avion…) et Denis Podalydès (Toute Ressemblance, Plaire, Aimer et Courir Vite…), quitte à ne pas en faire grand chose.

En conclusion, après des débuts chaleureux et nostalgiques, La Belle Époque a tendance à perdre de son superbe romanesque au profit d’une seconde relation amoureuse torturée qui finit par vampiriser tout l’espace. À tester.

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