
Le pitch : Ju-young, malentendante, découvre que sa sœur a mystérieusement disparu de son appartement. En cherchant des réponses, elle se heurte à des voisins terrifiés, obsédés par le silence, et à une atmosphère de plus en plus oppressante. La nuit, des bruits inexpliqués résonnent dans l’immeuble déserté, éveillant une présence invisible. Ce qu’elle croyait être une simple disparition devient une plongée terrifiante dans un cauchemar hanté par le silence.
Sorti en Corée du Sud en 2024, Noise aura mis près de deux ans avant d’arriver discrètement dans les salles françaises, après un joli parcours en festivals, notamment au Festival International du Film de Toronto. Une arrivée en catimini pour un film d’horreur qui, sans révolutionner le genre, possède une idée de départ suffisamment efficace pour accrocher dès les premières minutes, se glissant dans le sillage de films comme Sleep.
Car qui n’a jamais rêvé de faire disparaître son voisin du dessus après une nuit entière à subir ses meubles traînés à trois heures du matin ? Kim Soo-jin part de cette angoisse très concrète pour construire un huis clos où le quotidien bascule progressivement dans l’inquiétant.

La première moitié du film fonctionne plutôt bien. Entre la disparition mystérieuse d’une jeune femme, un voisinage peu rassurant et une héroïne malentendante qui peine à distinguer certains sons, Noise installe une atmosphère lugubre et paranoïaque. Le mystère s’épaissit, le paranormal semble s’inviter dans le récit sans jamais totalement se dévoiler et, surtout, on a envie de comprendre ce qui se passe.
Le véritable point fort du film réside dans son travail sonore. Cela peut sembler évident au vu du titre, mais Kim Soo-jin exploite intelligemment le handicap de son héroïne pour mêler notre perception et la sienne, notamment en nous montrant ce qui échappe à son champ de vision. La bande-son devient un véritable moteur de tension et permet au film de décrocher plusieurs moments de flippe franchement réussis.

Malheureusement, cette belle promesse s’essouffle un peu. À mesure que le scénario avance, Noise se perd dans son propre mystère. Une partie des réponses est bien apportée, mais le film contourne constamment ce qui semblait être sa question principale : son aspect paranormal. Au lieu d’assumer pleinement cette dimension, Kim Soo-jin préfère accumuler les suggestions peu subtiles et multiplier les personnages secondaires, qui finissent par brouiller un récit pourtant simple au départ.
Résultat, le scénario ne parvient jamais à être à la hauteur de l’ambiance qu’il avait si bien installée. Les révélations arrivent sans véritable surprise, la conclusion paraît bancale et plusieurs interrogations restent sans réponse. C’est d’autant plus frustrant que Noise laissait entrevoir un potentiel bien supérieur. Son ambiance est solide, son travail sur le son remarquable et certaines séquences fonctionnent vraiment très bien. Mais une fois le mystère éventé, il ne reste finalement pas grand-chose à quoi se raccrocher.

Au casting : Lee Sun-bin nous embarque aisément dans ce piège sonor, au coté de Kim Min-seok, Jeon Ik-Ryung et l’inquiétant Ryu Kyung-soo, tandis que Han Su-a donne le « la » de l’ensemble.
En conclusion, Noise vaut surtout le détour pour son atmosphère oppressante, son excellent design sonore et quelques scènes de tension particulièrement efficaces. Dommage que le scénario se perde en cours de route et ne soit jamais à la hauteur de son excellente mise en place. À tenter.

