Cheba Louisa : Inintéressant mais aussi agréable qu’un téléfilm

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Sympathique et touchant, Cheba Louisa est l’une des sorties discrètes de la semaine. S’attelant à un sujet complexe et épineux, Cheba Louisa associe la justesse à la bonne humeur en nous proposant le parcours d’une femme franco-algérienne qui cherche son identité. Porteur d’un message positif et sans jugement, premier film de Françoise Charpiat (principalement scénariste de téléfilms) dissèque les liens familiaux et les amitiés inattendu avec tendresse (prudence) et bonnes intentions. Malheureusement, avec un traitement aussi simpliste, peu étoffé et légèrement passe-partout, Cheba Louisa s’essouffle rapidement et manque rapidement d’intérêt.

Le pitch : A 30 ans, Djemila, juriste célibataire a enfin son propre appartement… à deux pas de chez ses parents. Française d’origine maghrébine, elle fait tout pour gommer ses origines. Emma, sa voisine déjantée et fauchée, rame pour élever seule ses deux enfants. Alors que tout oppose les deux femmes, une amitié profonde va naître grâce à leur amour de la musique.

Au cours des dernières années, nombreux ont été les films ayant pour sujet l’intégration et la mixité. Malheureusement, la plupart sont des comédies décevantes qui n’ont jamais réussi à s’assumer et qui, pour atténuer leurs messages, se sabordaient joyeusement à coups de gags à nauséabonds (Il reste du jambon ? en 2010 ou Mauvaise foi en 2006).
Bien éloigné des paillettes de ces films portés par des comédiens reconnus, Cheba Louisa avait l’avantage de ne pas être attendu au tournant et pouvait donc s’exprimer librement, en suivant les traces de l’intéressant Le noir (te) vous va si bien de Jacques Bral (2012). Du coup, le ton est plus authentique, sans chercher à convaincre son public, et propose une vision plutôt juste du dilemme auquel Djemila (Rachida Brakni) doit faire face au quotidien.
Cependant, le début du film n’est pas très encourageant : Cheba Louisa passe la première partie du film à abattre ses cartes les plus reluisantes comme pour justifier son existence, de la présentation du personnage d’Isabelle Carré à la présence de Rachid Taha (qui fait la bande-originale du film, au cas où on ne l’aurait pas compris), le film tarde à poser son intrigue et s’empêtre dans des lieux communs dignes d’un téléfilm (oui, comme Aïcha en fait).
Petit à petit, l’histoire se met en place. On découvre la double (triple ?) vie de Djemila et la pression qui pèse sur ses épaules, tandis qu’elle se lie d’amitié avec sa voisine, malgré sa mauvaise réputation et une première approche plutôt effrontée. À travers un parcours semé d’embûches, la jeune femme va finalement mettre le doigt sur son mal-être et enfin pouvoir commencer à se construire une identité.

Certes, le tout est plaisant et passe relativement bien. Mais est-ce réellement digne d’un film ? Pas vraiment.
Le scénario a la vivacité d’un téléfilm à peine diffusible en prime-time et manque cruellement de profondeur, la plupart des personnages secondaires n’étant pas exploités. On aurait aimer en savoir plus sur la liaison de Djemila ou connaître les origines de sa relation avec Ahmed (pourquoi avoir accepter de se fiancer alors qu’aucune once de tendresse est visible entre les deux ?). Et si Djemila réussit à puiser de l’inspiration et de la force grâce à Emma, sa voisine, il aurait été judicieux de voir le chemin inverse. D’autant plus que ce personnage a un capital sympathie bien plus élevé et, surtout, qu’on nous avait promis un film centré sur leur amitié improbable. Cheba Louisa ne fait pas non plus d’étincelle à la réalisation, plutôt classique et transparente, ce qui accompagne à merveille un scénario aux qualités similaires.  Finalement, plutôt que de choc des cultures, Cheba Louisa s’intéresse bien plus à l’univers de son héroïne qui, bien qu’attachant, ne mérite pas vraiment qu’on s’y attarde aussi longuement.
Malgré tout, on appréciera la relation entre la jeune femme et ses parents, qui est finalement l’unique source émotionnelle du film.

On en attendait d’un plus, sur cette rencontre contrastée et même si le film nous fait souvent sourire, le traitement superficiel des intrigues de la jeune femme n’apporte rien de nouveau sous la lune.

Coté casting, Rachida Brakni mène la danse et en profite d’ailleurs pour nous démontrer ses talents de chanteuse toutes les 5 minutes. A ses cotés, Isabelle Carré apporte fraîcheur et légèreté au film, grâce à son personnage souriant et optimiste.

En conclusion, Cheba Louisa propose un agréable divertissement qui, même s’il est criblé de défauts, réussit à nous séduire grâce à une bonne humeur ambiante et un final qui donne envie de se déhancher.

Regarde, c'est moi mais en fait c'est pas moi. Je suis belle, hin ?

Regarde, c’est moi mais en fait c’est pas moi. Je suis belle, hin ?

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