Trance : un thriller fascinant et bluffant

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Intense, fascinant et délirant, Danny Boyle nous revient avec un thriller haletant qui nous entraîne  et nous perd, dans les dédales de l’esprit humain, à travers une trame brillante et ambitieuse. Grâce à un scénario à l’apparence classique et prévisible, Trance surprend autant par son intrigue aux rebondissements multiples, que par sa mise en scène déjantée et une bande-originale qui prend aux tripes. Souvent critiqué, Danny Boyle prouve une nouvelle fois sa capacité à se renouveler tout en gardant un style qui lui est propre et en débarquant là où ne l’attend pas. Trance est un cocktail détonnant, violent et souvent angoissant, où le sexe et les amours déviants y trouvent une place de choix. Attention toutefois, certaines images peuvent choquer les âmes sensibles (et je ne parle pas de la sublime Rosario Dawson).

Le pitch : Simon est commissaire-priseur. Un jour, il est laissé inconscient après un mauvais coup. Il est alors confronté à Franck, un caïd de la pègre voulant récupérer un célèbre tableau peint par Francisco de Goya. Pour retrouver ses souvenirs, Simon va pouvoir compter sur l’hypno-thérapeute Elizabeth.

Sorti presque en catimini, à l’ombre de blockbusters qui déferlent (ou vont déferler) sur nos écrans et qui accaparent notre attention, Trance avait de quoi laisser perplexe. En effet, après Slumdog Millionnaire et 127 heures, Danny Boyle semblait avoir céder son goût pour les drames sombres et un poil torturés pour mieux se lancer dans la chasse aux Oscars, tandis que ce nouvel opus avait tous les atours d’un film policier basique. En effet, dès les premières minutes, Trance installe sa première intrigue nous offrant une scène d’ouverture ébouriffante et prometteuse, on s’attend alors à assister à une lutte simplette entre un gentil Simon (James McAvoy) amnésique et un méchant Franck (Vincent Cassel) prêt à tout pour récupérer le tableau.
Mais soudain, le film prend un virage qui va totalement changer la donne, révélant son véritable visage, nous faisant ainsi passer du film attendu au thriller surprenant et captivant. Tout comme les poupées russes, Trance va alors nous entraîner de rebondissements en rebondissements, chaque verrou débloqué révèle une nouvelle serrure plus complexe que la précédente, nous plongeant toujours dans l’incertitude la plus totale. Grâce à l’hypnose, le film va explorer la manipulation psychologique et jouer aussi bien avec ses personnages que son public. A chaque fois que l’on pense avoir cerné le film, un nouvel élément apparaît et donne un nouvel élan à l’intrigue, brillante et incroyablement bien ficelée. Tout comme les personnages, nous voilà rapidement perdus et délicieusement contraints de suivre la suite des événements. Palpitant,  Trance cultive notre curiosité et nous pousse fébrilement à tenter de décrypter toutes les scènes afin de pouvoir anticiper la suite, mais parfois, devant de tels bijoux, se laisser guider est tout aussi jouissif.
Impressionnant et superbe, Trance est un véritable régal à tous points de vue, d’une part parce qu’il est complètement imprévisible et que le film se déroule à une vitesse effrénée et haletante et, d’autre part, grâce à des personnages saisissants (mention spéciale à Rosario Dawson, dont l’implication dans l’histoire semblait hasardeuse, mais qui heureusement prend tout son sens au final). De plus, Trance maîtrise son sujet et joue sur les différentes facettes de l’hypnose en explorant aussi bien ses succès que ses failles, rendant alors le film crédible et intelligent.

Pourtant, Boyle ne laisse rien au hasard, même si on ne le réalise que plus tard : sa mise en scène regorge de plans ingénieux, jouant sur l’inclinaison de sa caméra ou avec les reflets, si bien que les personnages vont et viennent constamment entre la réalité et le rêve. S’ajoutent à cela des sons répétitifs qui reviennent à certains moments-clés (le toc-toc-toc, par exemple) et une bande originale psychédélique, Trance est une expérience complète, qui nous projette entièrement dans son univers ahurissant.
Cependant, il faut toutefois avouer que ces effets de style, bien que l’on reconnaisse la patte du réalisateur, ont déjà été vus chez d’autres réalisateurs, comme Gaspar Noé par exemple, ce qui peut peut-être atténuer le coté spectaculaire et plaisant de ce qui ressemble de plus en plus à un trip incontrôlé sous l’effet délirant d’un psychotrope.

Heureusement, après nous avoir trimbalé dans les méandres de son film où la tension ne cesse de grimper, nous scotchant littéralement à la toile, Trance nous offre un dénouement inattendu, prenant peut-être risque d’annuler tous ces efforts d’ailleurs, mais qui fonctionne parfaitement car on y voit que du feu.
Au final, à travers ce film, Danny Boyle délivre un message passionné et, derrière des ambitions cupides et peu reluisantes, les personnages principaux sont finalement animés par une force bien plus puissante, qu’aucune manipulation psychologique ne peut annihiler (je vous laisse le découvrir dans le film, bien entendu). Finalement, c’est un grand poète, ce Boyle !

Coté acteurs, voilà un trio atypique qui semblait très mal assorti sur le papier. James McAvoy (Wanted, X-Men First Class…) est génial et passe de la victime geignarde au type plein d’assurance et parfois inquiétant avec beaucoup d’adresse. À ses cotés, Vincent Cassel semble rempiler pour l’énième rôle du bad guy de service, mais encore une fois, entre sex-appeal et rudesse, il excelle à nouveau grâce à son charisme. De toutes façons, c’est comme ça qu’on l’aime !
Rosario Dawson tient peut-être le rôle le plus complexe et le plus énigmatique du film, à la fois la seule présence féminine du film, pas facile de se faire une place et pourtant, elle s’en sort très bien grâce à une prestation superbe (+ une scène qui devrait ravir la gente masculine).

En conclusion, Trance est un thriller brillant, haletant et surprenant, signant ici le retour d’un cinéaste de génie, mis en valeur par une réalisation savamment déjantée et un scénario truffé de rebondissements. Un petit bijou hallucinatoire à consommer sans attendre !

At some point, a bunny's gonna appear, right?

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