
Lancer une franchise est une chose, la faire durer en est une autre. Même lorsque le projet est inspiré par un best-seller, des créatures familières ou un univers qui a déjà fait ses preuves, il se peut qu’après un premier opus plus ou moins bien reçu par le public, une mauvaise suite peut rapidement faire s’écrouler tout l’édifice. Changements de direction, scénarios bancals, perte d’identité ou simple essoufflement… Ces franchises avaient réussi leur entrée, avant de tout gâcher en cours de route. Voici quelques exemples qui ont eu des suites catastrophiques…
Les suites foirées qui ont enterré les débuts de franchise

Alien vs. Predator → Aliens vs. Predator: Requiem (2004-2007)
Là, on touche à un sujet que je prends évidemment très personnellement 🤬
Si les deux créatures les plus stylées du cinéma de science-fiction se sont déjà affrontées dans des comics et des jeux vidéo, ce n’était pas le prolongement naturel des films de Ridley Scott ou James Cameron, simplement du fan service lucratif et bien vu. Pourtant, au début des années 2000, Hollywood est persuadé qu’il suffit de croiser deux licences populaires pour créer un événement. La Fox (encore elle, décidément) réunit donc ses deux monstres sacrés dans une franchise commune. Sur le papier, pourquoi pas. Dans les faits, beaucoup de fans d’Alien et/ou de Predator voient immédiatement le problème : les films Alien parlent de survie, d’horreur cosmique, de corporations, de maternité, de création, tandis que Predator repose sur la chasse, l’honneur du guerrier et l’affrontement égal. Les réunir revenait déjà à sacrifier une partie de l’identité des deux sagas. Malgré tout, la curiosité fait son œuvre et le premier film rencontre un succès honorable. Et puis vient Alien vs Predator – Requiem (ou AVPR), pour rappeler que si l’idée de ce crossover était mauvaise, on pouvait faire encore pire. Entre une photographie si sombre qu’elle dérouterait même un aveugle, les dramas d’adolescents en plein milieu, un scénario indigent et des personnages aussi passionnants qu’un formulaire administratif… cette suite trahit l’ADN des deux licences au profit du gore gratuit et sans âme. L’horreur ultime : ce Predalien stupide qui ressemble à un rasta sous acide. Les critiques sont assassines, les fans se détournent du projet et le crossover est définitivement enterré. Depuis, Alien et Predator ont repris des chemins séparés, comme si cette parenthèse embarrassante n’avait jamais existé.
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Divergente (2014-2016)
Voilà sans doute le cas d’école le plus intéressant sur les franchises qui s’écroulent en pleine course. Et pourtant, ce n’est pas comme si Hollywood refusait d’étirer des licences (*tousse* Fast and Furious *tousse* Terminator *tousse*) mais seulement si le mighty dollar est au rendez-vous. Et c’est la que la saga Divergente se confronte à cette règle. Portée par le succès phénoménal de Twilight puis de Hunger Games, l’adaptation des romans de Veronica Roth semblait avoir toutes les cartes en main pour devenir la prochaine grande saga Young Adult. Le premier film fonctionne correctement au box-office et Lionsgate lance aussitôt la machine. Pour ma part, je n’avais pas lu les romans et j’ai trouvé ce premier volet laborieux et gnan-gnan au possible. Comme beaucoup de productions de l’époque, Divergente semble davantage préoccupé par sa romance que par son univers dystopique pourtant riche (bien qu’illogique). Le deuxième épisode, L’Insurrection, sorti en 2015, injecte un peu plus d’action, mais sans jamais réussir à donner une véritable identité à la saga. Quant au troisième, Au-Delà du Mur, sorti en 2016, il sombre dans un ennui profond et voit ses recettes s’effondrer. Le studio tente alors de sauver les meubles en transformant le quatrième et dernier chapitre, Ascendant, en téléfilm servant de pilote à une série. Une décision qui provoque le départ des acteurs principaux. Résultat : le projet est finalement abandonné, laissant l’histoire inachevée. Ironie du sort : la franchise qui voulait succéder à Hunger Games est surtout devenue le symbole de l’essoufflement des adaptations Young Adult dystopique au cinéma (même si certaines, plus romantiques, ont encore de belles heures devant elles sur petit écran).
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Les Animaux Fantastiques, de David Yates (2016-2022)
En 2016, Warner Bros. présente Les Animaux Fantastiques comme un événement mondial. Cinq films sont annoncés pour prolonger l’univers de Harry Potter, cette fois aux États-Unis, en suivant Norbert Dragonneau dans ses aventures à la recherche de créatures magiques. J’avais même assisté à une présentation du projet tant le studio croyait tenir sa prochaine poule aux œufs d’or. L’idée était séduisante : découvrir une autre école de magie, d’autres règles, tout en préparant le terrain au duel légendaire (pour les fans) entre Dumbledore et Grindelwald. Le problème, c’est que la saga semble rapidement oublier son héros et son concept. Après un premier film sympathique mais qui ressemblait à un live action du jeu Pokémon GO de l’époque, les suites deviennent de plus en plus bavardes, alambiquées et obsédées par le teasing du prochain chapitre. Les intrigues s’étirent, David Yates continue d’imposer son esthétique grisâtre (qui, pour ma part, avait déjà entâché les quatre derniers volets de la saga Harry Potter), tandis que le remplacement de Johnny Depp par Mads Mikkelsen en plein milieu de la saga n’arrange rien. Le troisième volet déçoit à son tour et les recettes s’effondrent. Les deux derniers films sont alors gelés pour une durée indéterminée, laissant une nouvelle franchise inachevée… Aujourd’hui, Harry Potter fera son retour en série télé, tandis que la tourmente causée par l’infâme JK Rowling rend son potentiel succès difficile à prévoir.
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D’après vous, lequel de ces films auraient mérité une suite ?

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