Mamá : Ennuyeux et attendu

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Produit par Guillermo Del Toro et récompensé au Festival du film fantastique de Gerardmer 2013, Mamá bénéficiait d’un buzz positif et d’une bande-annonce alléchante. Malheureusement, le film se révèle être une grosse déception. Inconsistant et désolant, Mamá fourmille d’idées mais ne parvient pas à en choisir une. Le film tourne en rond assez rapidement, en réutilisant des stratagèmes vieux comme le monde sans réussir à créer l’effet escompté. Résultat, Mamá n’effraie pas une mouche (ou plutôt un papillon) et même son ambiance cafardeuse ne parvient pas à évincer l’absurdité effarante du scénario ni l’utilisation d’effets spéciaux légèrement honteux.

Le pitch : Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique…

A l’origine, Mamá est un film adapté d’un court-métrage d’environ 3 minutés, aussi réalisé par Andres Muschetti. Pour une version longue, il était donc logique d’étoffer un peu plus la trame et c’est là que les choses se sont compliquées pour Mamá. Pourtant, le début avait tout pour plaire : de la cabane obscure et habitée par une présence peu rassurante à la découverte des deux fillettes sauvages, le film propose un décor à la fois lugubre et inquiétant. Cependant, l’œil averti d’un amateur de films d’épouvante va rapidement chercher de la nouveauté et une fois accoutumé aux voiles qui flottent dans les airs et à la façon arachnéenne avec laquelle se déplace la plus jeune des fillettes, il n’y a plus rien à se mettre sous la dent. Ajoutons à cela, une intrigue qui s’affine de minute en minute devenant toujours plus prévisible, où on se débarrasse commodément de l’oncle des fillettes pour mieux mettre en avant le personnage fadasse d’Annabel (Jessica Chastain).
En effet, Mamá repose son histoire sur l’instinct maternel et ne manque pas une seule fois de nous le rappeler en ressassant inlassablement la même anecdote (la jeune femme dérangée qui se jette de la falaise avec son bébé dans les bras), face à une autre figure maternel de chair et d’os plutôt stoïque et froide au premier abord (Annabel). De plus, Mamá tente vainement de relancer son intrigue en réutilisant les mêmes jumpscares (le visage déformé qui se retourne brusquement vers nous, l’ombre furtive au coin de l’écran…), alors qu’en parallèle, la relation entre Annabel et les fillettes ne prend pas. Dommage, car sans alchimie, il n’y a aucune empathie et sans cela, il est impossible pour le public de s’attacher au personnage ni de frémir avec eux. Pourtant Mamá propose plusieurs idées mais ne prend pas le temps de les approfondir, comme le psychologue pour enfants qui garde le résultat de ses recherches pour lui ou l’entente entre les deux sœurs qui se désagrègent petit à petit. Mais au lieu d’utiliser cela, Mamá se cache derrière son héroïne sans pour autant réussir à la rendre intéressante.

Manque d’audace ou d’originalité ? Difficile à expliquer en fait, toujours est-il que le frisson se fait attendre. Admettons-le tout simplement : Mamá ne fait absolument pas peur, c’est le calme plat. Entre des effets spéciaux d’une pauvreté affligeante et de mauvais choix scénaristiques qui ne font qu’alourdir le bilan, Mamá ennuie et s’étire péniblement jusqu’à une conclusion tellement abracadabrante qu’elle frise le ridicule (soyons logiques, derrière cette pitoyable pirouette magique et soi-disant émouvante se cache une réalité un peu morbide et dérangeante).

Finalement, le seul point positif de Mamá réside dans sa photographie sépulcrale et joliment entretenue tout au long du film, rappelant ainsi l’ambiance féérico-gothique et parfois figée dans le temps, que l’on retrouve généralement dans les productions Del Toro (Don’t be afraid of the dark, Splice, L’orphelinat…).

Au casting, Jessica Chastain bataille dur pour garder la tête hors de l’eau, coincée dans un personnage peu convaincant, se faisant presque voler la vedette par la petite Isabelle Nélisse (Lilly) dont le potentiel flippant a été injustement boudé.

En conclusion, Mamá ne tient aucune de ses promesses. Quand un film d’épouvante a moins de panache que Paranormal Activity, il est temps de se poser des questions…

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