[CRITIQUE] Tamara Vol. 2, d’Alexandre Castagnetti

Après un premier opus fleurant bon la romcom adolescente, Tamara Vol. 2 s’aventure vers le passage à l’âge adulte et confirme l’essai avec une comédie hilarante, aussi légère, actuelle et tout aussi agréablement naïve. Alexandre Castagnetti parvient à faire évoluer ses personnages à travers un récit survolté, entre soif de reconnaissance sociale et nouveaux décors, tout en gardant la romance au centre. Tamara Vol. 2 est assumé, ne cherche pas à se prendre au sérieux et c’est ce qui en fait un véritable plaisir non-coupable à dévorer sans complexe cet été !

Le pitch : Tamara est séparée de Diego depuis deux ans. Elle quitte enfin le nid pour vivre l’aventure étuidante à Paris avec sa copine Sam. En galère d’appartement, elles acceptent une coloc avec Wagner. Problème : Diego fait partie du lot, et il n’est plus célibataire ! Pour Tamara, qui rêve d’oublier sa petite vie de province, ça commence mal… Et tout se complique lorsqu’elle flashe sur James, le mec parfait : étudiant-photographe-mannequin-DJ canon, star des réseaux sociaux ! Pour l’approcher, elle va devoir devenir populaire et jouer dans la cour des grandes… Tout ça sous le regard de Diego… Entre la fac, l’ex, le futur-ex et des parents toujours sur son dos, il va falloir faire les bons choix !

Il y a deux ans, je suis allée voir le film Tamara parce que, soyons honnête, une adolescente de 15 ans vit toujours à travers moi et que les comédies romantiques pour adolescent(e)s sont mon péché mignon (d’ailleurs, vous avez vu The Kissing Booth ?). Alors que le film d’Alexandre Castagnetti avait tout de la romcom sucrée au message bien pensant et au cliché de la petite rondelette du lycée qui se chope le beau mec du bahut, j’ai découvert que… oui, effectivement c’était bien cela, mais de façon hyper assumée qui s’amuse de ses clichés, aussi bien pour les détourner que pour s’en nourrir. Pour ce nouvel opus, Tamara Vol. 2 s’émancipe de son format original, à savoir la bande-dessinée, pour propulser son héroïne dans le monde des grands entre son entrée à la fac et la rupture avec son cocon familial et sécurisant (malgré une mère un poil névrosée).
Ce qui rend Tamara aussi attachante et accessible, c’est que malgré ses complexes, ce n’est pas un personnage qui reste dans son coin en attendant que le monde tourne dans son sens. Volontaire et affirmée malgré ses défauts, Tamara croque la vie à pleines dents et compte bien réussir à faire son trou dans la capitale, à commencer par choper un beau DJ croisé en soirée… pour mieux oublier Diego, son ex ! Si l’objectif est simple, il n’en demeure pas moins accessible tant il propose une héroïne loin des clichés habituels, à laquelle on peut facilement s’identifier, tout en projetant une image positive de ses « défauts ».

Alexandre Castagnetti dresse un tableau pétillant qui invite à l’humour et à la détente, à travers la ronde de personnages excentriques qui cohabitent ensemble. Romance et jalousie côtoient encore et toujours un besoin d’affirmation toujours plus présent alors que Tamara Vol. 2 s’inspire de la mode actuelle des « influenceurs » (Instragameur, Snapeur, Youtubeur… qui attirent l’attention des marques) pour servir les ambitions de son héroïne sur un plateau. Dans un univers festif et empli de paillettes, le film explore un monde d’apparences exigeant et finalement plein de désillusions, qui va mettre à mal les amitiés nouvelles et anciennes. Toujours porté par une énergie délirante, un chouilla exagérée mais toujours efficace, Tamara Vol. 2 parvient à surprendre et à se renouveler sans jamais perdre des son ADN romantico-naïve qui plane en surface.
En effet, malgré sa facture cousue de fil blanc, Tamara Vol. 2 reste une petite bulle pleine de douceurs dans laquelle on plonge avec ravissement pour suivre une aventure rocambolesque, dans l’espoir d’un dénouement final hyper cliché mais jubilatoire. Alexandre Castagnetti écume les clichés sans s’y perdre et même si parfois le film joue un peu trop la carte cucul-la-praline et ne manque jamais de faire danser Rayane Bensetti (un peu comme Zac Efron dans tous ses films !), l’ensemble reste coloré, sucré mais agréablement digeste, le tout porté par des personnages attachants – oui, même l’infâme Wagner !

Au casting, on prend presque les mêmes et on recommence. Héloïse Martin reprend le rôle-titre au coté de Rayane Bensetti (La Finale, Coup de Foudre à Jaïpur…), toujours aussi complices à l’écran et dont les personnages tentent de rester amis malgré leurs nouvelles vies séparées. Sylvie Testud (Comme Des Rois, Jour J...), Cyril Gueï (Joséphine S’Arrondit…) et Blanche Gardin (Je ne suis pas un homme facile, Problemos…) sont également de la partie, à distance ou avec nos héros, tandis que Bruno Salomone s’offre bien plus que le presque caméo qu’il avait dans le premier film et que Jimmy Labeeu (Le Correspondant…) sort de l’ombre en maintenant étonnamment tout ce beau monde en place.
Autres nouveaux venus, la plupart déjà vus dans le précédent film du même réalisateur (La Colle) : pas de Oulaya Amamra (controverse post-César oblige ?), l’ancienne amie de Tamara est tout bonnement remplacée par une nouvelle, incarnée par une Noémie Chicheportiche (La Colle, La Règle du Jeu…) très à l’aise dans ce groupe électrique, Oussama Kheddam (Cherchez La Femme…) nous éclate avec un personnage perché mais pas lourd, Manon Azem (Burn Out…) joue la rivale au caractère bien trempé, tandis que Karidja Touré (Ce Qui Nous Lie, Bande de Filles…) et Idrissa Hanrot (Five…) gravitent autour.
Et surprise, pour ceux qui se demandaient que devenait Annie Cordy (vous êtes nombreux, j’en suis sûre), la réponse est dans le film !

En conclusion, c’est simple : si vous avez aimé le premier film, vous allez adorer Tamara Vol. 2 ! Alexandre Castagnetti signe une suite tout aussi survoltée, pleine d’humour et de romance à l’eau de rose, renouant avec des héros attachants et créant des situations nouvelles à la fois accessibles et fantasmées. Surfant sur la tendance des fameux « influenceurs » pour séduire sa cible, Tamara Vol. 2 reste un pêché mignon savoureux et réjouissant, conjuguant à merveille l’esprit fleur bleue du film à une réalité honnête et assumée autour de son univers branché mais pas trop. Bref, à voir… sans honte 😀

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