Need For Speed : Panne sèche

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À peine divertissant, Need For Speed fait partie des rares films d’action où l’action est justement la partie la moins plaisante. Superficiel et peu recherché, le film de Scott Waugh se contente de faire du fan-service et fait vraiment pâle figure en comparaison d’un Fast And Furious plein de testostérone et d’adrénaline. Deux ingrédients qui manquent énormément dans Need For Speed, au final…

Le pitch : Tobey Marshall et Dino Brewster partagent la passion des bolides et des courses, mais pas de la même façon… Parce qu’il a fait confiance à Dino, Tobey s’est retrouvé derrière les barreaux. Lorsqu’il sort enfin, il ne rêve que de vengeance. La course des courses, la De Leon – légendaire épreuve automobile clandestine – va lui en donner l’occasion. Mais pour courir, Tobey va devoir échapper aux flics qui lui collent aux roues, tout en évitant le chasseur de primes que Dino a lancé à ses trousses. Pas question de freiner…

Ce n’est plus un secret qu’Hollywood racle les fonds de tiroirs pour appâter le public, au lieu de miser sur des scénarios originaux. L’idée d’adapter le jeu vidéo Need For Speed n’était, en soi, pas une si mauvaise idée au vu du succès de la franchise Fast And Furious (autre adaptation libre du jeu). D’ailleurs, ce genre de films, c’est un peu comme les films de danse, par exemple, on y va pas pour le scénario mais pour le spectacle. Seulement voilà, la surprise, dans Need For Speed, c’est que la mauvaise mise en scène des courses de voitures anéantit inlassablement toutes les bonnes idées du film, du coup, tout le blabla entre les séquences d’action se révèle légèrement plus divertissant.

Le positif, c’est que les amateurs du jeu seront ravis, on y retrouve les points principaux, à savoir les belles voitures, les courses effrénées et la police qui vient toujours jouer les troubles-fêtes. Autour vient se greffer une histoire très basique, mettant en scène un héros accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et bien décidé à se rendre justice, accompagné par son équipe d’amateurs de bolides racés et d’une jolie blonde effrontée. Malgré la facilité de son intrigue, qui n’empêche absolument pas les incohérences gênantes, Need For Speed nous entraîne sans peine dans son histoire. En effet, si le héros semble peu sympathique, il est entouré de quelques personnages clownesques qui enchaîneront gags et répliques amusantes pour nous divertir et, surtout, faire passer le temps puisque que la rivalité entre le héros et le grand méchant loup ne fait absolument aucune étincelle. Desservis par une trame inconsistante, le casting entier fait visiblement du mieux qu’il peut pour tenter de rester crédible, malgré les incohérences qui viennent fragiliser le peu de sérieux de l’histoire (les flics trop fainéants pour chercher un vrai coupable, le manque de motivation évident du méchant pour couvrir ses arrières…).

Impossible de ne pas comparer Need For Speed avec Fast and Furious. Si la franchise menée par Vin Diesel et feu Paul Walker a connu quelques couacs (Fast and Furious 3 – Tokyo Drift et le 4, surtout), le premier reste une valeur sûre et depuis Fast Five, ces films sont le parfait combo entre vitesse, adrénaline et testostérone. Fast And Furious n’oublie jamais d’assurer le spectacle, quitte à être too much (vol plané sur l’autoroute pour rattraper une damoiselle en détresse dans le dernier opus), tout en roulant des mécaniques avec une bonne vieille rivalité friendly entre Dom et Brian : plus c’est gros, plus c’est fun. Coté Need For Speed, on manque cruellement d’ambition et, fichtre !, de crédibilité. Il faut dire que quand on voit Tom Pouce Aaron Paul et sa bande de semi-gringalets, on a beaucoup de mal à croire qu’il ne s’agit pas d’un nouveau boys-band, surtout face à un méchant de service qui se contente de les regarder par en-dessous avec un sourire en coin en tout et pour tout. Cependant, Need For Speed aurait largement pu se rattraper et tenir la route si les fameuses courses de voiture assuraient le show.

Malheureusement, si Scott Waugh peut compter sur la tolérance du public envers le scénario et les personnages, ses mauvais choix, notamment autour de la mise en scène, annulent tous ses efforts. Entre des prises de vues saccadées (et agaçantes) et des plans qui changent inopinément toutes les cinq secondes, on s’aperçoit dès le début qu’il est très difficile de suivre une course, ou même le parcours d’un pilote. Un coup à l’avant de la voiture, puis à la première personne ou sur le coté, puis paumé au milieu des arbres à attendre que deux points rapides passent devant à toute vitesse… La caméra brouillonne de Waugh nous perd et ne cesse de multiplier les choix de course en course, sans jamais se fixer sur les pilotes ni partager leur montée d’adrénaline. Résultat, les défauts du film sont amplifiés car on réalise rapidement que les voitures ne doivent pas dépasser le 20km/h (ce qui est probablement le cas en réalité) et que, lors des courses à plusieurs, on ne sait plus vraiment dans quelle voiture se trouve notre héros ni ses petits copains. Heureusement que le personnage de Michael Keaton est là pour nous faire quelques rappels en cours de route !
De plus, à cause du désintérêt total envers ces courses (dont l’issue est bien évidemment téléphonée au possible), le public a largement le temps de se questionner sur la logique d’un film dont l’intrigue démarre suite à un drame survenu lors d’une course… Quand on voit le résultat du film, on peut se demander quelle est la morale dans tout cela !

Au casting, la star du film Aaron Paul (Breaking Bad…) tente de masquer la superficialité de son personnage avec un jeu trop intense et ce sont ses interactions avec la très sympathique et pétillante Imogen Poots (Chatroom, Fright Night…) qui le rendront plus supportable. Scott Mescudi aka Kid Cudi crée la surprise et est l’un des éléments les plus appréciables du film, grâce à son personnage très drôle. Dominic Cooper (Captain America, Dead Man Down…) surjoue et abandonne petit à petit tout effort pour rendre son personnage crédible. Enfin, Michael Keaton (Frankenweenie, RoboCop…) reste dans sa bulle et sert plus de narrateur qu’autre chose.

En conclusion, Need For Speed décroche difficilement le titre de film d’actions tant il collectionne erreurs et incohérences. Néanmoins, les fans du jeu retrouveront l’univers de la franchise et de magnifiques voitures aux prix exorbitants.

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