[Incontournable] Gravity : une œuvre exceptionnelle et bouleversante

gravity

Il y a des films cultes, et puis il y a ceux qui vont marquer l’histoire du cinéma. Gravity fait partie de la seconde catégorie. Dire que le dernier film d’Alfonso Cuarón est une claque visuelle est un doux euphémisme tant Gravity est d’une beauté à couper le souffle. Des plans somptueux sur notre belle planète bleue, un réalisme hallucinant et des scènes de destructions incroyables, Gravity est non seulement un enchantement pour les yeux mais aussi une fable métaphorique intense et émouvante sur la vie, ou plutôt l’absence de vie… Chapeau, Monsieur Cuarón et merci pour cette évasion inédite et unique dans l’espace ! A ne manquer sous aucun prétexte, après Gravity vous ne verrez plus un film comme avant.

Le pitch : Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste.
Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

« A 600 km au-dessus de la Terre, la température oscille entre – 100° et + 125°C. Il n’y a rien pour propager le son. Pas de pression atmosphérique. Pas d’oxigène.
Toute vie dans l’espace est inconcevable. »

A défaut de rêver d’être une astronaute, je m’étais souvent demandée comment c’était de voyager dans l’espace, de quoi avait l’air la planète vue de l’extérieur. L’idée que je me faisais du métier d’astronaute ressemblait surtout à un fantasme farfelu où j’imaginais des gens en combinaisons ressemblant vaguement au Bonhomme Michelin, entrain de faire des bons sur la lune ou entrain de se faire coucou dans l’espace, tout en traficotant je-ne-sais-quoi sur des satellites.
Même si ce n’est peut-être pas le point le plus important, Gravity ne manque pas de souligner un point : le métier d’astronaute est en réalité bien plus dangereux et périlleux, notamment à cause des milliers de débris qui flottent autour de la Terre, causés, parfois délibérément, je vous le donne en mille, par l’Homme ! C’est en partant de ce constat étonnant qu’est né Gravity, ce – allez, j’ose ! – chef d’œuvre.
Qu’on se rassure, Alfonso Cuarón (Les Fils de L’homme, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban…) n’a pas l’intention de s’étaler sur les problèmes de pollution dans l’espace pendant 1h30, car bien que ce soit l’élément déclencheur, le cinéaste mexicain, secondé au scénario par son fils Jonás, est avant tout un esthète révolutionnaire avec une idée précise.

Gravity démarre directement dans l’espace où, au cours d’un superbe et long plan-séquence (sans interruption, ni montage), on découvre le Dr Ryan Stone et le chef de mission Matt Kowalsky alors qu’ils travaillent sur le satellite Hubble. Dès les premières minutes, Gravity frappe par la qualité et la beauté incontestable de l’image et des plans incroyables sur l’espace et surtout la Terre. C’est parti pour un tour, à travers l’œil d’une caméra baladeuse qui flotte comme mue par sa propre volonté, glissant sur les personnages, la Terre, le satellite… tournoyant autour de cette scène pour nous insolite, sans jamais en perdre une miette, et donnant l’impression d’avoir quitté la salle de cinéma pour un voyage impromptu dans l’espace. Si le décor est magique, c’est avant tout grâce au perfectionnisme évident de Cuarón qui a réussi à créer un résultat si réaliste, notamment grâce à une 3D impeccable, qu’on en aurait presque le vertige. Ces tableaux saisissants se succèdent tout au long du film et tandis que l’intrigue se déroule, chaque détail de l’image interpelle, des levers et couchers de soleil aux aurores boréales superbes. Ce résultat époustouflant est le résultat d’une combinaison de techniques, mêlant de la « simple » infographie à des prises de vues réelles, en passant par des dispositifs créés spécialement pour Cuarón et son équipe . Gravity est donc un film qui a été minutieusement réfléchi, conçu et perfectionné pour non seulement créer un résultat exceptionnel, mais pour complètement réinventer l’immersion du public face au film. En effet, Gravity n’est pas seulement un tableau vivant qui s’observe avec détachement, c’est un film qui se vit, qui ne se contente pas seulement de tourner autour de Sandra Bullock, mais qui s’immisce également à sa place, permettant au public de voir ce qu’elle voit et ainsi de ressentir ses émotions, notamment la peur et l’angoisse. Venant appuyer cette impression, Gravity s’accompagne aussi d’une bande-son remarquable, alternant une musique prenante aux effets sonores géniaux (dont les battements de cœur angoissants de Bullock). Cuarón entretient une tension bouleversante tout au long du film et le transforme en une expérience sensorielle quasi-parfaite tant on a l’impression d’y être !

Mais alors, et le film dans tout ça ? Finalement, l’espace, l’accident et la pollution ne sont en fait que des excuses pour accompagner la véritable histoire du film. Au-delà d’une épopée fantastique et stressante parmi les étoiles, Gravity s’autorise une réflexion intelligente sur la vie et la mort, grâce au parcours d’une femme, le Dr Stone, que l’on découvre petit à petit, brisée et agissant avec des automatismes froids et précis. Alliant des images fortes à un scénario brillant et tout en finesse, Gravity transpose ses émotions et son état d’esprit dans l’image, de la froideur et la solitude représentées par l’immensité silencieuse et glacée de l’espace, à la routine et les automatismes en allant jusqu’à transformer le Dr Stone en poids mort… Gravity ne manque pas de plans sublimes et subliminaux pour apporter du relief à son message captivant et efficace, tant le résultat est accrocheur et haletant. Au fur et à mesure que le film avance vers une fin incertaine, Gravity ne cesse de s’intensifier, passant de la torpeur à l’excitation et nous laissant bouche bée et scotchés sur nos sièges. Dans un sujet à l’apparence simple, Alfonso Cuarón revisite différents thèmes, sur la vie en général, certes, mais aussi les raisons qui nous poussent à rester en vie, que ce soit de façon passive ou bien en luttant pour survivre. Une métaphore bien pensée et mise en scène d’une main de maître où le simple choix de situer l’histoire du film dans l’espace relève du génie.
Malheureusement, il y a toutefois un léger bémol : le spectacle qu’offre Gravity est si neuf et si captivant qu’on oublierait presque que le film possède une intrigue à part entière. Celle-ci débute peut-être trop timidement, comparée aux images imposantes du film qui ont tendance à happer la majorité de notre attention. Du coup, il se peut que le public passe à coté du début de l’histoire du Dr Stone qui, finalement, atteint son apogée durant les dernières minutes du film, laissant donc la fausse impression qu’il ne se passe rien pendant la première partie. En effet, une fois que l’œil s’habitue à ces plans fantastiques sur la Terre et à la beauté des scènes de destruction, les fondations de l’intrigue ont déjà été posées et alors que Gravity avance lentement vers un dénouement, aussi explosif soit-il, quelques longueurs peuvent se faire sentir. Contrairement à Avatar (2009), qui à l’époque révolutionnait la 3D et provoquait pas mal de remous dans l’industrie du cinéma (merci James Cameron), Gravity ne nous embarque pas dans un monde fantastique, mais dans un univers bien réel et se devait donc d’offrir une expérience aussi crédible que possible. Un pari risqué, certes, mais finalement un pari amplement réussi, car après Gravity, s’imaginer flottant dans l’espace sera bien plus convaincant (et peut-être plus effrayant).

Au casting : deux personnages à l’écran et la voix d’Ed Harris.
Si Georges Clooney nous fait sourire avec son attitude toujours cool et débonnaire, Sandra Bullock quitte à nouveau l’univers de la comédie pour nous offrir probablement l’un de ses plus beaux rôles.

En conclusion, Alfonso Cuarón risque de faire souffler un vent de panique dans le monde du cinéma, tant Gravity sort de l’ordinaire. Entre des images d’une beauté hallucinantes, une mise en scène maîtrisée et un scénario intense et bouleversant, Gravity est un véritable bijou, proche du chef d’œuvre, à voir ne serait-ce qu’une fois. Personnellement, je recommande un second visionnage, car Gravity envoie du lourd et une fois dans l’espace, il est difficile de redescendre sur Terre.

Houston in the blind, do SEE me?

Houston in the blind, do SEE me?

PS : si vous êtes en région parisienne, je vous conseille vivement d’aller voir le film au Pathé Wepler, même si vous êtes abonné ailleurs. La grande salle projettera très certainement le film avec le son Dolby Atmos, soit 50 haut-parleurs situés de chaque coté de la salle et, comment dire… le son n’a rien à voir ! Pour un film aussi exceptionnel, ce serait dommage de le voir sur un écran minuscule et un son pas terrible 😉

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