Young Ones : Un drame intimiste, brut et envoûtant

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Sorti en catimini le 6 août dernier, Young Ones est un petit film indépendant qui cache bien son jeu. Doué d’un scénario captivant et magnifié par un casting brillant, le nouveau film de Jake Paltrow mérite amplement le détour. Dans un triptyque maîtrisé, Young Ones narre le parcours de trois hommes dans un futur proche privé d’eau, chacun animé par un désir de justice. Un film envoûtant, à voir le plus vite possible avant qu’il ne soit déprogrammé !

Le pitch : Dans un futur proche, l’eau est devenue rare, suscitant convoitise et violence. Dans ce climat hostile, Ernest Holm veille sur sa ferme, son fils Jerome et sa fille Mary, et nourrit l’espoir de rendre ses terres à nouveau fertiles. Tout comme Flem Lever, qui fréquente Mary en secret et n’a qu’une idée en tête : s’emparer des terres d’Ernest quel qu’en soit le prix.

Déja remarqué en 2007 au Festival Sundance grâce à son premier film The Good Night, Jake Paltrow est de retour avec un nouveau film intimiste et brut. Niché dans un désert brûlant et sec, Young Ones se déroule avec application, en prenant son temps pour présenter ses personnages au sein d’une famille aux liens brisés. Entre survie et espoir, un père de famille tente de protéger ses terres et sa famille dans un monde devenu hostile, corrompu et dangereux. Dès les premières minutes, le film laisse filtrer une certaine intensité grâce aux mini-intrigues qui filtrent en filigrane, des secrets de familles troublants à la relation père-fille qui vole en éclats. Young Ones se dévoile lentement, articulé autour d’une eau devenue un objet de convoitise et de pouvoir dans un univers aride où chacun accuse des pertes considérables.
Divisé en trois chapitres, le film relie trois personnages principaux dont chaque décision découle sur le suivant avec un effet domino qui va peu à peu semer le chaos et fragiliser un équilibre déjà sur la brèche. Certes, le début du film prend un peu de temps à se mettre en place, mais Jack Paltrow livre un film à la fois tendu, bouleversant et attendrissant car on s’attache rapidement à ses personnages, qu’ils soient mus par leurs ambitions ou leurs émotions. Pourtant, derrière son apparence lisse, le film surprend souvent avec des scènes d’une violence et/ou d’une cruauté inattendue, exposant une réalité dure et impitoyable. Young Ones creuse chacun de ses personnages, exploitant leurs limites et leurs faiblesses, avant de les révéler au grand jours sous un soleil de plomb. Alors que le film atteint un dénouement libérateur, les personnages semblent tous vaciller un à un, chacun fléchissant – consciemment ou non – sous le poids de secrets inavouables.

Avec ses faux airs de western, Young Ones se focalise sur ses personnages et captive grâce à un scénario abouti et prenant dont on attend l’issue avec impatience. Aidé par une bande-originale obsédante, Jake Paltrow dessine les limites d’un huis clos familial en perte de repères tout en cristallisant des personnages isolés qui se déchire inexorablement, entre ambitions égoïstes et non-dits étouffants. Jake Paltrow opte pour une mise en scène sobre, puisant agréablement dans l’univers des westerns modernes via une photographie appliquées aux tons sables et des prises de vues inspirées par le cinéma de Terrence Malick. Si la réalisation accuse quelques failles, rendant parfois prévisibles certains éléments du dénouement, Young Ones est une surprise totale et rafraîchissante, aussi bien visuellement que grâce aux talents réunis devant la caméra.

En effet, le casting de Young Ones reste un des atouts majeurs du film : Michael Shannon (Take Shelter, Mud, Man Of Steel) est toujours aussi charismatique et donne vie à un premier chapitre plutôt mou. À ses cotés, Nicholas Hoult (X-Men – Days Of Future Past, Warm Bodies…) tient un premier vrai rôle convaincant et démontre ses talents d’acteur grâce à un personnage énigmatique qu’on a finalement du mal à détester, tandis que Kodi Smit-McPhee (La Planète des Singes…) se démarque nettement dans un dernier acte poignant. Malheureusement en retrait, Elle Fanning (Maléfique, Super 8, Somewhere…) irradie la pellicule en apportant une touche de douceur évanescente dans un monde violent et incertain.

En conclusion, Young Ones ne fait pas beaucoup de bruit mais il a pourtant l’étoffe des grands films. Entre un casting impeccable et une histoire maîtrisée, le film de Jake Paltrow est captivant et brut, grâce à un univers à la fois intimiste et étoffé. À voir dès que possible.

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