Sin City – J’ai Tué Pour Elle : Déjà vu, déjà fait… en mieux

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On prend les mêmes et on recommence… ou presque ! 9 ans après le premier film, (ba)Sin City n’a pas pris une ride et nous replonge sans effort dans son univers lugubre et poisseux. Aussi violent que glamour, Robert Rodriguez et Frank Miller signent une suite calquée sur le premier opus, en proposant plusieurs histoires et un univers graphique superbe. Cependant, entre une narration en voix off trop envahissante et des intrigues prévisibles et inégales, Sin City – J’ai Tué Pour Elle manque énormément de rythme et semble souvent trop long et bavard. Là où le premier Sin City avait créé la surprise, Sin City – J’ai Tué Pour Elle arrive bien trop tard et se révèle plutôt décevant, laissant une impression de déjà vu/déjà fait… en mieux.

Le pitch : Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices. Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d’un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n’aspire plus qu’à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv… Tous vont se retrouver au célèbre Kadie’s Club Pecos de Sin City…

Que l’on ait aimé ou pas Sin City, il faut reconnaître que l’univers visuel du film a été une véritable (bonne) surprise en 2005. En effet, le duo Frank Miller et Robert Rodriguez (Spy Kids, Machete, Planète Terreur…) avaient réussi à adapter le style graphique du comics directement sur grand écran, en jouant avec une photographie en noir et blanc, stylisée par des touches de couleurs. Le tour était si bien joué que les défauts du film passaient facilement à la trappe tant Sin City était neuf et original. Oui mais voilà, au lieu d’embrayer directement sur une suite, Frank Miller essuie un revers avec The Spirit en 2008 et les choses se tassent. Entre-temps, d’autres films parviennent à se démarquer esthétiquement grâce à une direction artistique inspirée (notamment 300, de Zach Snyder) et plus le temps passe, plus l’oeil avisé du public s’aguerrit. Et c’est là, selon moi, le problème de Sin City – J’ai Tué Pour Elle : neuf ans, c’est bien trop long, tout simplement parce que le film se repose sur ce qui a fait le succès du premier film sans jamais innover.

En effet, dès les premières minutes, Sin City – J’ai Tué Pour Elle renoue avec les codes du premier film, en démarrant avec un des personnages phares de Sin City et une voix off lugubre sert d’introduction. Si l’univers familier est plaisant, rapidement le duo Rodriguez-Miller s’empresse d’aligner un à un ses personnages de façon très sommaire, en se réfugiant derrière une narration souvent trop bavarde pour combler les trous et dresser un décor plutôt bancal afin de retrouver des lieux bien connus, comme le bar de Nancy ou le vieux quartier tenu par les prostituées de Gail. En se reposant autant sur ce qui a déjà fonctionné avec le premier film, Sin City – J’ai Tué Pour Elle donne l’impression de se répéter inlassablement tant les personnages et les histoires sont interchangeables et calqués sur le même concept. Cette fois, il n’y a plus de victimes (presque) innocentes, Rodriguez et Miller ouvrent un tout nouveau chapitre axé sur la vengeance.
Le problème, c’est que Sin City – J’ai Tué Pour Elle en fait à la fois trop et pas assez. Trop, car Sin City a déjà un univers violent, noir et atypique, et pourtant chaque personnage en rajoute des tonnes pour se donner des airs patibulaires. Du coup, les anti-héros de Sin City deviennent leurs propres caricatures et le manque de variétés émotionnelles du film affadit l’ensemble, si bien que les shots de violence et les personnages hyper sexués sont noyés dans la masse. Pas assez, car finalement, derrière cette surcharge, Sin City – J’ai Tué Pour Elle propose des intrigues très faibles, malgré un nombre intéressant de protagonistes. L’intrigue principale autour d’Ava Lord se révèle assez plate et insuffisante, tant les rebondissements sont prévisibles, tandis que les réalisateurs usent et abusent de la plastique – certes, magnifique – d’Eva Green et de Jessica Alba, avant de raccommoder maladroitement les deux autres histoires du film, en guise de conclusion hâtive. Du coup, si le premier film laissait filtrer une inspiration « Tarantinesque » dans le traitement décousu des différents histoires avant d’assembler le puzzle en cours de route, ici Rodriguez et Miller ne cherchent même pas à créer une vue d’ensemble et se contentent d’assembler des morceaux d’histoires à la va-vite. Résultat, les quêtes vengeresses de Johnny et de Nancy relèvent de l’anecdote, sans jamais rien apporter d’intéressant à l’histoire principale… Dommage.

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Sin City – J’ai Tué Pour Elle est une suite décevante. Tout comme 300 – La Naissance d’un Héros il y a quelques mois, ce nouvel opus récupère les codes visuels et narratifs du premier film, avec beaucoup moins d’éclat et d’inventivité. Le souci, c’est que dans le cas présent, ce sont les mêmes réalisateurs (contrairement à la suite de 300) !
Certes, à l’écran, on retrouve le souffle de Sin City, la photographie est toujours aussi superbe et les jeux de couleurs ne cessent de donner du peps à l’ensemble, tandis que le film continue d’explorer les affres d’une ville toujours plus violente et dangereuse. Malheureusement, Sin City – J’ai Tué Pour Elle ne propose que du réchauffé et semble avoir été créé uniquement pour faire revivre les personnages phares du premier film (Marv, Nancy, Gail et même Hartigan…). Du coup, les autres storylines souffrent de ce manque d’ambition flagrant, dissimulé grâce à des personnages féminins superficiels et joyeusement exploitées pour leurs physiques.

Au casting, alors que Josh Brolin (Gangster Squad, Last Days Of Summer…) et Mickey Rourke (Iron Man 2, The Wrestler…) font un concours de grimaces, c’est finalement Joseph Gordon-Levitt (Looper, Don Jon…) qui parvient à tirer son épingle du jeu (alors que son personnage a été créé spécialement pour le film, on aurait pu croire le contraire), tout comme Powers Boothe (24 Heures Chrono…) assez efficace dans un rôle de vrai méchant. Heureusement, le film peut compter sur la nudité quasi-permanente d’Eva Green (Perfect Sense, The Salvation…), ainsi que sur le déhanché de Jessica Alba (Machete, Machete Kills…), le fessier de Rosario Dawson (Trance..), les seins de Juno Temple (Maléfique, Horns…).
Non, ce n’est pas une erreur, le talent de ces actrices n’est pas forcément requis pour ce film où chaque personnage féminin est, de toutes façons, un fantasme masculin ambulant (le public visé pourra ainsi se passer le mot et faire gonfler le nombre d’entrées en salles, j’imagine).
À ce casting trois étoiles (ou presque), on notera également les apparitions plus ou moins intéressantes de Ray Liotta, Bruce Willis, Jeremy Piven, Jaimie King et… Lady Gaga.

En conclusion, Sin City – J’ai Tué Pour Elle ressuscite les cendres d’une ville incandescente, sans parvenir à retrouver la flamme du premier opus. Robert Rodriguez et Frank Miller s’allient une nouvelle fois pour réaliser une pâle copie mollassonne et peu ambitieuse, notamment à cause d’intrigues toutes aussi superficielles et prévisibles les unes que les autres. Si un troisième volet voit le jour (une adaptation du tome Hell And Back, paraîtrait-il), espérons que ce ne sera pas dans dix ans et avec un peu plus d’inspiration ! Sin City mérite bien mieux !

Is he the hero Sin City needs?

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