[CRITIQUE] Réalité, de Quentin Dupieux

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Bizarre, intriguant et décalé, le dernier film de Quentin Dupieux allie étrange et humour dans une comédie où l’absurde est maître. Entre conscient et inconscient, Réalité ressemble à des pièces de puzzle montées dans le désordre et trouve un semblant de sens dans l’incohérence et le laisser-aller. Inutile de couper les cheveux en quatre, Réalité est à prendre tel quel, dans toute sa bizarrerie et sa vision loufoque du monde.

Le pitch : Jason Tantra, un cameraman placide, rêve de réaliser son premier film d’horreur. Bob Marshall, un riche producteur, accepte de financer son film à une seule condition : Jason a 48 heures pour trouver le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma…

Ne connaissant pas les films de Quentin Dupieux, je m’attendais effectivement à de l’étrange et j’ai été servie. Dans une ambiance terne, parfois anxiogène, dépeignant une Amérique dénuée de glam, Réalité propose un voyage décousu où les scènes s’entremêlent. Forçant le public à naviguer à vue, Réalité réussit à faire rire dans un monde adynamique, sans queue ni tête, avec une trame qui se superpose et se duplique jusqu’à en perdre sa structure.
Si la construction du film déconcerte, des thématiques intéressantes sont survolées avec un ton faussement nonchalant tandis que le réalisateur se moque de la course à l’Oscar, pointe du doigt la mécanique grise des gens qui s’agitent dans l’ombre, tout en mettant en avant l’esprit libre et l’imagination sans limite de l’enfance.
Malgré tout, il n’est vraiment pas nécessaire de se triturer le cerveau pour aimer Réalité. Certes, on pourrait y trouver, éventuellement, un lien lointain avec Inception de Christopher Nolan, dans cet enchevêtrement de scènes à la frontière de la réalité et du rêve, mais ce serait ôter de l’originalité à un film qui, au-delà de son ensemble peu accessible et probablement réservé à un public initié, mérite sa place au cinéma de genre, offrant une facette étonnante de la comédie : l’absurde intello ou bobo, coincé dans un esprit arty et peu évident.

Au casting, Alain Chabat (Les Gamins, Trésor…), Jonathan Lambert (Dépression et des potes, L’amour c’est mieux à deux…) et Élodie Bouchez (Happy Few…) forment le trio frenchy du film, chacun dans son registre avec plusieurs tonalités en moins (ou en plus ?), tandis que John Glover (Smallville…) s’incruste dans un rôle sarcastique et détonnant.

En conclusion et pour être honnête, si je n’avais pas vu Réalité en projection privée, je ne me serais probablement pas arrêtée devant ce film. Si le cinéma de Quentin Dupieux me semble trop perché à mon goût, j’ai bien envie que son dernier film soit vu car au-delà de son étrangeté, c’est une petite curiosité pleine d’audace qui mérite sa place car le résultat est aussi drôle que bizarre. À tester.

American Sniper

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