[CRITIQUE] Nocturnal Animals, de Tom Ford + explications

D’une élégance rare à la noirceur palpable, le nouveau film de Tom Ford nous entraîne dans un thriller dérangeant et maîtrisé, où les amours déchues s’entrechoquent dans une intrigue marquée par une violence bien plus implicite que graphique. Porté par un casting de choc, Nocturnal Animals déroute, pas uniquement par son traitement, mais surtout à cause de (ou grâce à) sa simplicité ingénieuse. Brillant, tordu et entêtant, Tom Ford se conforte peut-être dans une forme académique mais il livre toutefois un film surprenant et brutal.

[CRITIQUE] Inherent Vice, de Paul Thomas Anderson

Compliqué, fade, laborieux… le dernier film de Paul Thomas Anderson réussit si bien à retranscrire la vision enfumées des années hippies qu’il n’en reste qu’un amas de dialogues insipides, à la frontière d’élucubrations incompréhensibles et d’inspirations psychédéliques. Coincés quelque part entre le trip planant et les essais un peu arty, Inherent Vice, c’est presque deux heures et demie perdues dans un océan de vide où des acteurs talentueux s’agitent sous la houlette d’un cinéaste d’ordinaire… extraordinaire mais qui, pour la première fois, se plante violemment.

[CRITIQUE] Réalité, de Quentin Dupieux

Bizarre, intriguant et décalé, le dernier film de Quentin Dupieux allie étrange et humour dans une comédie où l’absurde est maître. Entre conscient et inconscient, Réalité ressemble à des pièces de puzzle montées dans le désordre et trouve un semblant de sens dans l’incohérence et le laisser-aller. Inutile de couper les cheveux en quatre, Réalité est à prendre tel quel, dans toute sa bizarrerie et sa vision loufoque du monde.

Snowpiercer, le Transperceneige : superbe, éprouvant et fascinant [Coup de cœur]

Intense et magnifique, Bong Joon-ho offre un huis-clos inédit et palpitant. Snowpiercer, le Transperceneige réussit l’exploit d’être à la fois un film de science-fiction abouti, haletant et surprenant tout en proposant une véritable réflexion sur des thèmes plus terre-à-terre, comme les différences socio-économiques, un message écologique et une vision intéressante sur l’avenir de notre société. Mais le plus fascinant dans Snowpiercer c’est finalement la qualité extraordinaire de la mise en scène et la variété des nombreux tableaux d’une beauté à couper le souffle proposés dans le film. Bong Joon-ho livre ici un des films les plus marquants de l’année.

Only God Forgives : Une expérience arty, violente et fascinante

Deux ans après l’énorme succès de Drive, Nicolas Winding Refn nous revient avec un nouvel opus en compagnie de son acteur favori du moment, à savoir Ryan Gosling. Only God Forgives est un superbe ovni (ofni ?) expérimental et artistique, vibrant d’une violence latente bien plus prononcée que celle qui est actuellement visible à l’écran. D’une lenteur à la fois frustrante et douloureusement exquise, Only God Forgives prend à la gorge par sa mise en scène particulière et envoûtante, dotée d’une bande-originale quasi omniprésente. Refn nous offre ici le récit idéologique et brutal d’un homme prisonnier de ses pulsions et tiraillé par son devoir d’obéissance envers sa famille. Brillant, original et surprenant, Only God Forgives est d’une beauté époustouflante, aussi bien par son histoire que par sa réalisation. Cependant, une question se pose : le public qui a été conquis par Drive et/ou Ryan Gosling sera-t-il réceptif ? Personnellement, j’en doute.