[SPOILERS] Black Panther : Retour sur le film

ATTENTION, CE QUI VA SUIVRE N’EST RÉSERVÉ QU’À CEUX QUI ONT VU LE FILM.

Abandonnez la lecture de cet article tant qu’il en est encore temps. Surtout si vous êtes fan de… Non !
Vous en avez trop lu, partez.
Pour ma critique sans spoiler du film, c’est par ici.

Pour ceux qui ont déjà vu le film… on est bien, là non ?

 

Ca y est, Black Panther a enfin planté ses griffes en salles et peut répondre à la question que tout le monde se pose : vaut-il le détour ? Je ne vais pas refaire le procès, mon avis est ici.
Intéressons-nous aux spoilers du films.

Première scène bonus : le Wakanda s’ouvre au monde

Description : la scène s’ouvre aux Nations Unis où le Roi T’Challa s’y présente et tient un discours fédérateur dans lequel il souhaite proposer le soutien du Wakanda aux autres pays du monde. Un membre de l’assemblée, un peu narquois, demande alors ce qu’un pays d’agriculteurs peut offrir comme aide au reste du monde. T’Challa sourit, énigmatique.

Cette scène reste assez simple à comprendre. Après sa rencontre avec Killmonger et les nombreuses discussions qu’il a pu avoir avec Nakia, une femme dévouée à aider les autres en difficulté qui dit clairement qu’elle a du mal à se sentir bien au Wakanda en sachant la chance qu’ils ont, T’Challa prend conscience des responsabilités de son pays face à ses pairs, peu importe leur origine, ce qui conclue parfaitement le sous-texte général du film.
Maintenant, reste à savoir comment le monde va réagir en découvrant la technologie hyper avancée du Wakanda ? Est-ce que l’ouverture du pays va justement précipiter les événements d’Infinity War et l’arrivée de Thanos ? J’en reparle un peu plus pas…
Notons que cette scène rappelle un peu la conférence de presse tenue par Tony Stark à la fin d’Iron Man en 2008. Je m’attendais presque à ce que T’challa annonce « I am Black Panther » (mais bon, les gens n’auraient pas compris en fait, puisque le conflit dans Civil War reste finalement « intime », que l’implication de T’Challa en tant que Black Panther est restée confidentielle et que le film se passe essentiellement au Wakanda.). Mais cela reste un joli clin d’œil pour le 10e anniversaire de Marvel STUD10S.

Deuxième scène bonus : La fin de l’Hiver

Description : Des enfants sont penchés au-dessus de la caméra et observe quelque chose visiblement sur le sol, l’air curieux et amusé. En arrière-plan on devine le toit d’une hutte. Puis ils sortent en courant et la caméra révèle la présence de Shuri, observant l’horizon. Elle accueille les enfants qui parlent d’un « white wolf (loup blanc) », en leur demandant s’ils sont encore entrain de se moquer de l’homme blanc. Derrière elle, Bucky Barnes sort de la hutte, vêtu d’une toge traditionnelle, et rejoint Shuri qui lui demande comment il va en l’appelant par son nom complet. Ce dernier la corrige, préférant « Bucky », et la remercie. Shuri l’entraîne avec lui en disant qu’il a beaucoup de choses à apprendre.

 

Évidemment, il fallait s’attendre à retrouver notre cher Bucky, puisque ce dernier se fait congeler au Wakanda à la fin de Civil War. Et quand on voit comme Shuri parvient à soigner Ross (Martin Freeman), nulle doute que le lavage de cerveau du Soldat de l’Hiver devait être une broutille pour elle. D’ailleurs, Shuri lance un amusant « Great, another white boy to fix (Super, encore un mec Blanc à réparer) ! » en voyant Ross arriver blessé dans son labo (une référence direct à Bucky). Donc, pas vraiment de surprise à le revoir (au contraire) et on a hâte de voir ce que son nouveau bras à en réserve !

Mais ce qui est à retenir est le surnom pas tout-à-fait innocent que les enfants ont donné à Bucky : White Wolf. Dans les comics, c’est un personnage nommé Hatut Hunter qui débarque avec fracas dans un crash d’avion, dans lequel ses parents meurent. Initialement adopté par le roi T’Chaka, avant la naissance de T’Challa, Hunter n’est pas tout de suite accepté par le peuple Wakandais, car il est Blanc et étranger. Après la naissance de T’Challa, Hunter devient un peu jaloux et fait des trucs pas très sympas à lencontre de son frère adoptif, T’Challa, comme essayer de le tuer parce qu’il estime le trône devrait lui revenir (on va appeler ça le syndrome de Loki XD). Finalement, T’Chaka parvient à le remettre dans le droit chemin et le nomme à la tête de la police secrète du Wakanda, Hatut Zeraze, et Hunter prend le nom de White Wolf. Il finira par quitter le pays après la mort de T’Chaka pour devenir mercenaire, mais restera toujours prêt à intervenir en cas de problème au Wakanda.
Dans le MCU, il est clair que Bucky ne nourrira pas les même ressentiments contre Black Panther, bien au contraire : ce nouveau White Wolf conservera, à mon avis, la partie dévouée au Wakanda du personnage. Peut-être même que des liens forts se créeront entre T’Challa et Bucky (ou une romance avec Shuri ?). C’est Cap’ qui va être jaloux (et Sam qui sera content).

Un film politique et intelligent

« Black Panther, le premier super-héros Noir de Marvel ! » Voilà un titre qui a bien fait grincer des dents ces derniers temps et beaucoup ont rappelé, à juste titre, l’existence de la trilogie Blade qui, même s’il reste un vampire et que ses films ne font pas partie du MCU, reste un super héros édité par la maison Marvel. Et quitte à chipoter, on pourrait aussi mentionner Tornade, chez X-Men qui est certes moins mise en avant dans les films, mais elle représente quand même, tandis que coté télévision, Luke Cage a fait sa place dans l’univers de The Defenders sur Netflix. Chez un autre éditeur (Image comics), on pourrait aussi mentionner l’adaptation Spawn, mais… bon, le film était euh… bref. (c’est con pasqu’il est méga cool Spawn. bref, passons.)

Maintenant que les choses sont remises à leurs places, on peut scander « Black Panther le premier super-héros AFRICAIN de Marvel » et ce sera plus juste. Si pour beaucoup, l’existence de ce film et son casting restent logique, il faut quand même admettre que nous ne vivons malheureusement pas dans un monde super tolérant et que Black Panther a suscité certaines réactions négatives. Personnellement, je préfère me concentrer sur le positif : je l’attendais ce film et en même temps, je le craignais énormément. Le pari était osé (en pleine Amérique de Trump, qui plus est) et un film aussi populaire, exposé et doté d’un casting essentiellement composé d’acteurs de couleurs, tandis que l’histoire de passe en Afrique… le tout sans parler d’esclavage… ne serait-ce pas inédit ? En tant que Noire, j’appréhendais énormément ce film en espérant qu’il soit, a minima, à la hauteur de la recette Marvel, pas uniquement par fierté personnelle, mais pour que ce soit un bel exemple de réussite qui permettrait encore plus de diversité au cinéma. Là dessus, Ryan Coogler ne m’a pas déçue et il a même réussi à me surprendre en saisissant cette opportunité en or.
Oui, Ryan Coogler utilise Black Panther comme une plateforme, mais pas pour rabâcher un discours usé sur le racisme (ça m’aurait grave soûlée, perso). À travers les oppositions entre la culture africaine et la culture afro-américaine, le film s’interroge sur la responsabilisation, ou plutôt son manque, des pays puissants face à la situation en détresse de leurs pairs. D’abord, Nakia insiste sur son malaise à vivre au Wakanda alors que d’autres vivent sous l’oppression, puis Killmonger vient enfoncer le  le film démarre en 1992, soit l’année des émeutes de Los Angeles suite à la mort de Rodney King. Killmonger enfonce le clou en demandant où était le Wakanda quand il voyait ses semblables être opprimé aux Etats-Unis. Notez d’ailleurs que. Une actualité qui explique les choix du père de Killmonger d’utiliser le vibranium pour aider les communautés Noires à se défendre. À force de vivre dans son secret, le Wakanda s’est fermé au reste du monde pour se protéger par peur de voir leurs trésors piller par des ennemis et a fermé les yeux sur tout, que ce soit la situation générale en Afrique ou celle des Noirs à travers le monde..

Ce point de vue est doublement intéressant et très bien vu :

  • si Ryan Coogler débute son histoire à travers un fait divers dramatique et directement liée à la communauté afro-américaine, il élargie son postulat en pointant du doigt les pays/gouvernements puissants qui laissent les plus faibles dans leurs difficultés pour se protéger et protéger leurs ressources. Cela va finalement au-delà de la couleur de peau : quand Nakia parle de créer des camps de réfugiés, personnellement j’ai immédiatement pensé à l’actualité française, preuve que ce message peut résonner différemment d’un pays à un autre.
  • là où Ryan Coogler est plus malin, c’est dans la justification du Wakanda à rester secret. Si le pays est fictif, il insiste sur sa volonté de vouloir se protéger du reste du monde pour éviter d’attirer l’attention de gens comme Ulysses Klaue. En s’éloignant de la fiction, le réalisateur rappelle subtilement que le continent africain a largement été pillé et colonisé pour ses richesses (pétrole, diamants…), générant historiquement et de façon collatérale conflits, pauvreté, maladie, famine, esclavage, exil forcé, etc… Du coup, maintenant que le Wakanda s’ouvre au monde et sachant, vu la bande-annonce d’Avengers – Infinity War, le bordel que ça va être au Wakanda, on peut s’interroger sur l’avenir du pays.

Chapeau Ryan, le pari n’était pas évident, les pièges étaient nombreux autour d’un tel film et je trouve que son approche est tout simplement brillante.

Girl Power

Avec Black Panther, l’autre bonne surprise c’est d’y découvrir des femmes d’action. Déjà, souvenez-vous dans Civil War, cette garde interprétée par Florence Kasumba qui m’avait marquée avec son « Move or you will be moved » face à Black Widow.

Dans le film, on y découvre notamment les Dora Milaje, la garde royale, menée par OKoye, incarnée par Danai Gurira. Cette dernière a déjà l’habitude des rôles de badass puisqu’elle joue Michonne dans The Walking Dead. Dans le rôle d’Okoye, elle joue une alliée de taille et une vraie guerrière redoutable et loyale, quitte à défier son chéri.
On retrouve également Lupita Nyong’o, découverte dans 12 Years A Slave en 2013, elle incarne Nakia. Vous l’aurez compris, c’est le love interest de T’Challa dans le film et c’est également une battante qui n’hésite pas à jouer les espionnes pour sauver des peuples opprimées (notamment des femmes, comme on le voit dans le film). Elle prend également les armes et se montre parfaitement capable de se défendre lors de la bataille finale. Mais attention, dans les comics, Nakia n’est pas si gentille que ça, au contraire… Affaire à suivre, peut-être.
Enfin Letitia Wright incarne Shuri, la soeur de T’Challa, le génie de la famille (et du Wakanda). Quand il le faut, elle sort de son laboratoire pour se battre aux cotés de son frère. D’ailleurs, souvenez-vous quand tout le monde pense que T’Challa est mort suite à son duel avec Killmonger, quand elle, Nakia et sa mère vont tenter de convaincre M’Baku de devenir Black Panther, Ramonda (Angela Bassett) propose à Shuri de manger la fleur elle-même. C’est un petit clin d’œil car, on le sait, dans les comics elle endosse aussi le rôle de Black Panther.

3 femmes de tête et fortes, capables de se défendre seule et ça fait du bien de voir ça. Black Widow ne serait plus l’unique figure féminine parmi les super héros de Marvel Studios.

De plus, pour ma part et de façon générale, j’ai adoré les looks des personnages et surtout le respect du cheveux naturel crépus ou tressés (pour celles qui ont des cheveux), contrairement à toutes ces perruques et autre lace wigs qui se baladent sur les têtes hollywoodiennes (m’obligez pas à vous révéler des secrets). D’ailleurs, la scène où Okoye ne supporte pas sa perruque, j’ai trouvé ça génial. Vive les nappy.

La discrétion du MCU

Hormis le traditionnel caméo de Stan Lee pendant la séquence en Corée du Sud et la scène bonus avec Bucky, le MCU est quasiment absent du film… et c’est pas plus mal.
Black Panther se focalise sur son héros et sa terre d’origine, permettant ainsi de créer un univers unique et identifiable. Après Thor – Ragnarok, c’est le deuxième film à sortir de Marvel Studio 2.0 dont l’objectif est d’étendre le MCU et de laisser plus d’initiative et de vision à ses réalisateurs. Si la patte humoristique de Taika Waititi collait avec les films récréatifs et divertissants des autres Marvel en général, celle de Ryan Coogler marque sa différence en proposant une origin story familière et classique en surface, pour creuser un fond plus profond et intelligent. Aucun autre Avenger ne vient s’incruster au Wakanda, pour servir la popularité du film (comme la présence Iron Man -himself, via Jon Favreau ou la technologie du costume- dans Spider-Man : Homecoming, par exemple).

Ces derniers temps, je m’inquiétais de voir Marvel Studios se reposer sur ses lauriers, notamment après Doctor Strange car la personnalité et l’univers du héros était bien trop « Tony Stark-ienne » (alors que la version papier ne l’est pas du tout), mais aussi en voyant la volonté des studios de rajeunir ses personnages à travers le nouveau Spider-Man. À ce moment-là, Black Panther n’était pas encore sorti, Captain Marvel commençait à être dans les tuyaux et j’ai toujours mes petites théories concernant de nouveaux personnages qui arriveront après les affrontements contre Thanos. Sans oublier que la Fox appartient désormais à Disney, du coup les rêves les plus fous sont permis, n’est-ce pas.

Du coup, même si Black Panther présente quelques bémols en terme d’action et parfois de dynamisme, j’ai été ravie de voir un film aussi différent du modèle Marvel Studio. C’est rassurant, mais je compte bien sur Infinity War pour faire exploser le « geekgasm-o-meter » (ou le baromètre de l’orgasme geek en français), par contre !

Après, le seul hic (qui n’en est pas vraiment un), c’est que le film ne contient pas vraiment d’easter egg. Je vous ai un peu tout dit, là. Quoique…

Vers Infinity War

En parlant de l’absence du MCU, il y aussi une autre absente avant l’arrivé de Big Purple (mon petit nom pour Thanos) : la gemme de l’Âme.

On l’a tous vu dans la bande-annonce, Loki refile le cube cosmique (le Tesseract, la gemme de l’Espace donc) à Thanos, une grande bataille se prépare et ça a l’air de se passer en bonne partie au Wakanda. Mais pourquoi ?
Probablement parce qu’il y a une dernière gemme sur place peut-être ?
Souvenez-vous, au début du film quand la voix off de Zuri raconte l’origine de Black Panther, il mentionne une météorite qui se serait écraser sur Terre contenant le fameux vibranium. Et si la gemme se trouvait dans cette gemme venue de l’espace ? Comme dit mon pote Captain Blogbuster, Thanos va pas envoyer ses troupes au Wakanda pour rien !

Récap à jour sur les gemmes donc :

  • La Gemme de l’Esprit : révélée dans le film Avengers – L’Ère d’Ultron est gentiment incrustée dans le front de Vision, après s’être longtemps trimbalée dans le sceptre Chitauri de Loki
  • La Gemme de l’Espace – le Tesseract : le cube lumineux (grosso modo hin), qui a déchainé les passions pendant la Phase 1 du MCU, était au chaud à Asgard, mais vu qu’Asgard est détruit dans Thor – Ragnarok,on sait que ce petit filou de Loki l’a chipé (pour le filer à Thanos – pour sauver sa peau ? Mystère).
  • La gemme de la Réalité – L’Aether : découvert dans Thor – Le Monde des Ténèbres, la gemme avait été remise aux Collectionneur. Sauf que dans Les Gardiens de la Galaxie, l’antre du Collectionneur a gentiment explosé, donc cette gemme se balade quelque part dans le Knowhere (avec Cosmo ? haha)
  • La gemme du Pouvoir – L’Orbe : découvert dans Les Gardiens de la Galaxie (et qui a justement causé l’explosion du repère du Collectionneur) est sur Xandar, protégée par les Nova Corps
  • La gemme du Temps – L’Œil d’Agamotto : Doctor Strange l’a intégré à son look, tranquilou, et le conserve gentiment (toujours gentiment) dans son Sanctum Sanctorum de New York. Son nouveau pied-à-terre, quoi.
  • La gemme de L’Âme : ?

La bonne nouvelle c’est qu’il ne reste que deux mois (et des brouettes) à attendre !

***

Et voilà, c’est tout pour Black Panther. Comme d’habitude, vos commentaires, corrections et théories sont les bienvenus.

Prochain film super-héroïque : Avengers – Infinity War \o/

 

>>> Mon avis sur Black Panther

>>> [VIDÉO] Avengers – Infinity War : la bande-annonce

>>> [VIDEO] L’événement D23 : Le line-up 2017-2019 et Avengers : Infinity War (+ présentation de l’Ordre Noir)

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