
Le pitch : Christian Wolff se retrouve mêlé à une enquête après l’assassinat d’une vieille connaissance qui lui laisse un message cryptique. Contraint de collaborer avec son frère Brax et l’agente fédérale Marybeth Medina, il découvre un complot mortel qui les met dans la ligne de mire d’un réseau de tueurs.
8 ans après le premier opus, Mr Wolff 2 tente de relancer la mécanique du comptable-tueur autiste façon justicier silencieux. Mais à trop vouloir complexifier l’équation, Gavin O’Connor (Warrior, Jane Got A Gun, The Way Back…) finit par brouiller les pistes au point de perdre en route une bonne partie de l’intérêt initial.

Le film se présente comme un puzzle construit en temps réel, une métaphore intrigante en théorie, mais qui s’écroule vite faute d’une image globale pour guider le spectateur. L’enquête, censée être le moteur du récit, se révèle inutilement alambiquée, multipliant les détours sans jamais vraiment captiver. Le spectateur se retrouve devant un thriller qui s’écoute parler, et qui donne l’impression de faire du surplace malgré ses nombreux rebondissements.

Globalement, Mr Wolff 2 est une suite qui n’apporte pas grand-chose à l’univers initial. Trop complexe pour ce qu’elle a à raconter, elle semble se chercher entre thriller parano, drame familial et action pop-corn. Elle finit par ne convaincre dans aucun de ces registres, malgré un duo central solide et une volonté (louable, mais bancale) d’explorer la relation fraternelle au cœur de l’intrigue.

Heureusement, le tandem Ben Affleck (The Flash, Hypnotic, Le Dernier Duel…) / Jon Bernthal (Le Loup de Wall Street, Wind River, Le Mans 66…), aka le frère réconcilié, relève un peu la sauce. Le film bascule vers un pur buddy movie musclé, assumant un ton plus léger, presque humoristique par moments, ce qui tranche nettement avec l’ambiance froide et clinique du premier volet. C’est un virage inattendu, parfois maladroit, mais qui permet de poser une dynamique fraternelle attachante — un des rares aspects du film qui fonctionne.

Côté personnages secondaires, la déception est réelle. Là où le premier film proposait une Anna Kendrick à la fois vive et touchante, cette suite lui préfère le retour de la flic campée par Cynthia Addai-Robinson (Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de Pouvoir, Chicago Med…), ici cantonnée à un rôle fonctionnel, sans relief ni réelle utilité dramatique. Un personnage de liant, mais qui ne colle pas aux enjeux émotionnels du récit.
En conclusion, Mr Wolff 2 est une suite dispensable, qui surintellectualise son intrigue tout en simplifiant ses enjeux émotionnels. Reste le duo Affleck-Bernthal, efficace mais pas suffisant pour faire oublier la confusion ambiante. À éviter.

