[Coup de cœur] Le Loup de Wall Street : Le cadeau de fin d’année

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Un Leonardo DiCaprio immense, du politiquement incorrect jubilatoire et un rythme de fou furieux… Le Loup de Wall Street est un shot explosif d’excès assumés et décomplexés, hautement impertinent et carrément grandiose ! Martin Scorsese livre un film quasiment parfait, revisitant le mythe de Wall Street à la sauce (sexe, drogue et) rock’n’roll. Complètement délirant, tapageur et déjanté, Le Loup de Wall Street s’impose déjà comme une valeur sûre en cette fin d’année, mené par un Leonardo DiCaprio déchaîné. Seul mini-bémol, le film est un peu trop long, mais la barre est placée très haut. 71 ans et plus de 40 ans de carrière plus tard, Martin Scorsese réalise un film absolument génial et d’une jeunesse époustouflante. Qui dit mieux ?

Le pitch : L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan Belfort et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Les films sur le monde de la finance, il y en a eu quelques-uns. Du culte Wall Street d’Oliver Stone (1987) au plus récent Margin Call de J. C. Chandor (2011), en passant par des essais plus ou moins anecdotiques et des films « made in France » (Krach de Fabrice Genestal, 2009), tous diffusent finalement la même vision sur ce monde truffés de loups, opportunistes ou avares, avec bon ou un mauvais fond, le petit cours sur la finance qui va bien et toujours avec un léger soupçon de moral qui vient sauver la mise.
Avant le film de Martin Scorsese, tout cela était parfait convenable dans un monde où Michael Douglas régnait en maître. Mais ça, c’était avant.

Le Loup de Wall Street balance un coup de pied phénoménal dans la fourmilière et range la morale bienséante au placard. Martin Scorsese met en scène l’histoire (vraie) de Jordan Belfort, un jeune loup affamé qui devenir le roi de Wall Street grâce à des pratiques plus ou moins douteuses. Dès les premières minutes, le film nous plonge dans un univers frénétique et fièrement capitaliste, un monde « couillu » et franc assumant entièrement son mode de vie qui éclabousse, vantant la drogue et le sexe comme d’autres prôneraient la religion et l’altruisme. Le film accroche instantanément par son ton irrévérencieux et un humour décomplexé tandis qu’on observe l’ascension fulgurante de Jordan Belfort tandis qu’il se taillade un empire à coup de dents. Plutôt que de cacher les travers de ses personnages, Scorsese les expose à l’état brut et les décortique jusqu’à l’explosion, caressant habilement la fine limite entre le trash et la vulgarité, entre l’excès et la dépravation. Rien est caché, tout est assumé au grand jour, la débauche est incessante et presque libératrice. Enfin une vision franche, même si exagérée, de ses fameux traders de Wall Street à la réputation si sulfureuse. Le Loup de Wall Street ne cherche même pas à se réfugier derrière une quelconque morale et donne libre court au je-m’en-foutisme total et à l’exercice du pouvoir et de l’argent. Le film donnerait presque envie de traverser l’écran pour participer à cette orgie hallucinante aux cotés de ces personnages hauts en couleurs, dont les pires défauts ont été transformés en qualités attachantes. Sexe, argent et drogue, Le Loup et sa meute mènent une vie de rois  irresponsables, irrespectueux, immoraux et… aussi captivant que le tourbillon déroutant dans lequel ils évoluent, entre déchéance et éclairs de génie.
Le film traite de tellement d’addictions,que son déroulé ressemble aux effets d’une drogue, de l’attraction de la découverte à son besoin démesuré voire insatiable. Il y a quelque chose de fascinant dans ce film, en voyant tous ses protagonistes bouffer la vie à pleines dents, avec une voracité presque inquiétante et on finit par attendre le revers de la médaille, la fameuse « redescente », afin de voir comment ces fous furieux, aussi dingues qu’extrêmement débrouillards, vont l’affronter. Peut-on monter aussi haut sans risquer le vertige ? Sans risquer la chute ?

Boosté à l’adrénaline, Le Loup de Wall Street donne l’effet de véritables montagnes russes, car si le spectateur ne bouge pas de son siège, le film ne manque pas de bousculer. On en prend tout simplement plein les yeux et il est impossible de détourner le regard tant le film est exubérant, hilarant et jouissif. Ici, pas de leçons sur la finance pour se justifier (d’ailleurs, on s’en moque ouvertement) et place au spectacle, Scorsese enchaîne les effets coups de poing, entre des dialogues incisifs et des scènes déjantées, le tout sublimé par une mise en scène millimétrée qui, mine de rien, sont superbes à voir et un montage fluide qui contraste avec le bordel ambiant. Le cinéaste dose son film d’une main de maître si bien que lorsque qu’une certaine accalmie semble s’être installée, LA scène la plus incroyable du film termine de nous achever. Le Loup de Wall Street lève rarement le pied, même lorsque le moment de passer à la caisse a sonné ; Scorsese boucle son film avec brio en évitant la gueule de bois.
Le seul (tout petit) problème c’est qu’après 3 heures de film, Scorsese a peut-être eu du mal à lâcher la bride. En effet, Le Loup de Wall Street est un peu trop long et si les deux premières heures (voire un peu plus) passent comme une lettre à la poste, les dernières minutes ont tendance à tirer un peu sur la corde.

Au casting, Martin Scorsese retrouve un de ses acteurs fétiches, après Gangs Of New York (2002), Aviator (2004), Les Infiltrés (2006) et Shutter Island (2010), Leonardo DiCaprio (Django Unchained) prouve une nouvelle fois qu’il est un des meilleurs acteurs de sa génération avec une interprétation sidérante, brillante et exceptionnelle. Il porte le film sur ses épaules avec un talent fou alors que son personnage passe par toutes les émotions possibles, offrant plusieurs scènes exceptionnelles (le rituel du matin, la fameuse scène-clé du film…) D’ailleurs, sa nomination aux Golden Globes 2014 est largement méritée (tout comme le film, d’ailleurs).
A ses cotés, Jonah Hill (21 Jump Street, C’est La Fin) trouve enfin un rôle intéressant où ses prédispositions pour l’humour potache collent parfaitement au film, sans être irritantes. Parmi la ribambelle d’acteurs apparaissant dans le film, Kyle Chandler (Argo, Zero Dark Thirty), Jon Favreau (Iron Man 3) et Jon Bernthal (The Walking Dead) se font remarquer, tandis que Jean Dujardin (The Artist, Möbius) se fait plutôt attendre. Je me surprends moi-même mais j’aurai aimé voir Matthew McConaughey (Killer Joe, Mud : Sur Les Rives du Mississipi) plus longtemps. Et, le meilleur pour la fin, Margot Robbie (Il Était Temps), la vraie touche féminine du film, convoite le titre du nu intégral (à peu de choses près, on va pas chipoter) de l’année de Rosario Dawson dans Trance et réussit à se faire une place dans ce film de mâles sans jamais passer pour la blonde de service, au contraire !

En conclusion, Le Loup de Wall Street est le parfait cadeau de Noël pour les cinéphiles de tous poils. Délirant, hallucinant, génial et tordant, le dernier né de Martin Scorsese frôle le chef d’œuvre et mérite une place parmi les meilleurs films du cinéaste. Finalement, Le Loup de Wall Street c’est le résultat de l’ambition ardente d’un jeune premier modelé par le savoir-faire et l’expérience d’un réalisateur culte qui n’a plus rien à prouver, mais qui finit quand même par coller une bonne raclée aux p’tits jeunes. Ce film est à dévorer absolument et sans attendre.

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