Possédée : par l’ennui ?

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La possession démoniaque est certainement l’un des thèmes les plus usés dans le cinéma d’horreur et, récemment, bon nombre de films s’y sont frotter. Si le genre est devenue un classique, Possédée tente réellement d’innover. Mais entre un montage à la hache et une absence totale de frousse, le dernier film produit par Sam Raimi (autrefois gage de qualité) est une déception cuisante, frôlant parfois l’amateurisme dans certains détails.

Le pitch : En pleine séparation difficile, Clyde et Stephanie Brenek ne remarque pas toute de suite le changement chez leur fille cadette. Mais rapidement, son attachement à une étrange boite achetée lors d’un vide grenier commence à inquiéter Clyde. Il ne tardera pas à découvrir que cette boite contient un démon…

Ole Bornedal, habitué des films étranges (The Substitute, 2007), avait bien compris qu’avec une histoire aussi légère et prévisible (pourtant tiré d’une histoire vraie), il lui faudrait redoubler d’efforts pour épater la galerie. Oui, mais voilà, quand une bonne idée tourne au vinaigre, cela donne une avalanche d’essais ratés. Possédée est affaibli d’entrée de jeu par un montage brutal et inutile, chaque séquence étant coupée abruptement, sans aucun lien avec la suivante. Cela devient rapidement agaçant, surtout quand on tient enfin une scène prometteuse. Parmi les personnages, seule la petite fille, Emily, aurait pu nous faire frissonner mais Possédée manque d’audace et n’ose pas aller jusqu’au bout de ses idées, préférant masquer les moments potentiellement effrayants en filmant ailleurs !

Finalement, le plus terrible -au-delà de la réalisation, des personnages secondaires inintéressants et des effets de mise en scène hasardeux qu’on aurait pu aisément pardonner- c’est que Possédée ne fait absolument pas peur. En dehors de deux ou trois jumpscares, Bornedal oublie complètement le genre du film qui, du coup, ressemble de plus en plus à un reportage télévisé où les évènements auraient été reconstitués par des (mauvais) acteurs.

Possédée se conclue hâtivement en vingt dernières minutes, après avoir perdu un personnage en cours de route sans que personne ne s’en aperçoive, par un sempiternel exorcisme (dans un hôpital étrangement vide) qui se révèle bien plus drôle qu’effrayant (la magie de la langue française fait que le nom du démon ressemble à celui d’un bisounours), que ce soit par l’arrivée d’un rabbin peu crédible ou par l’abus flagrant de ventilateurs et de décibels.

Coté acteurs : Jeffrey Dean Morgan était plus convaincant en propriétaire pervers (La locataire, 2011) qu’en papa affolé et sa partenaire Kyra Sedgwick (de la série The Closer) n’arrangera rien dans son rôle de femme trompée. Heureusement Natasha Calis, qui joue Emily, est finalement la seule qui réussit à susciter un quelconque intérêt dans le film.

En conclusion, malgré une visible tentative de dépoussiérer le genre, Possédée se prend les pieds dans le tapis et se vautre lamentablement. A éviter donc.

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