Les Reines du Ring : Du spectacle et du rire !

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Désopilant et plein de vie, Les Reines du Ring pourrait bien être la pépite surprise du moment. Le premier film de Jean-Marc Rudnick, jusque là habitué à écrire des scénarios sur des sujets moins légers (R.I.S. Police Scientifique, par exemple), réussit à éviter le piège béant du mélo attendu et ringard (comme le récent Bowling sorti en 2012 avec Catherine Frot) en préférant insister sur l’extravagance et le dynamisme du catch, plutôt que de perdre du temps à se dépatouiller avec les histoires secondaires sensibles et déjà vues mille fois. Dans les détails, c’est loin d’être parfait car tout ce qui n’a pas vraiment de lien avec le catch est carrément bâclé, mais globalement, on s’amuse tellement devant Les Reines du Ring que la bonne humeur communicative prend le dessus. Du spectacle, du rire et une bande de nanas pas comme les autres, entre super copines et super-héroïnes… Les Reines du Ring est une comédie marrante, populaire et décomplexée qui se démarque grâce à deux points forts : des dialogues efficaces et un casting complice qui a clairement pris du plaisir à faire ce film. Difficile de résister, c’est un bon moment de détente qui vous tend les bras.

Le pitch : Rose veut renouer avec Mickaël, son fils de 11 ans dont elle a été séparée pendant plusieurs années. Le sachant passionné par le catch, elle décide alors de monter une équipe de catcheuses avec ses amies caissières.

Dès la première scène et grâce à une pastèque, le ton franc et percutant des Reines du Ring est lancé. Certes, c’est un film principalement de filles, mais ici on ne fait pas dans la sensiblerie ni dans le romantisme vain, au contraire. Le film démarre en plantant un décor plutôt austère, entre une jeune femme tout juste sortie de prison et qui cherche à trouver un travail en tant que « caissière » tout en tentant de renouer avec son fils, et la vie tranquille d’un supermarché de province avec tous les stéréotypes que l’on peut imaginer, de la gérante acariâtre (et légèrement perchée) à l’employée bourrue. Mais, plutôt que de s’enliser dans cette atmosphère qui a tout pour être lugubre, Les Reines du Ring mise tout sur ses personnages hauts en couleur, aux traits de caractère épaissis pour la cause mais loin de la caricature. En multipliant les scènes hilarantes d’entrée de jeu, on prend plaisir à découvrir ce petit monde qui nous met bien en appétit avant d’entamer le plat de résistance : l’immersion dans le monde du catch.

Une fois que l’idée est lancée, Les Reines du Ring nous embarque dans cette aventure peu commune où quatre femmes au profil atypique décident de monter une équipe de catch et de se produire sur scène face à des professionnelles, pour s’amuser mais aussi par solidarité envers Rose qui souhaite se renouer avec son fils. Sans être forcément un amateur de catch, le film réussit à retranscrire le dynamisme, l’enthousiasme et la théâtralité de ce sport spectaculaire à travers une ambiance pétillante, que ce soit pendant les entraînements intensifs (ou pas) ou en se penchant sur l’évolution individuelle de chaque personnage. Truffé de répliques écrites avec brio, toujours efficaces et hilarantes, Les Reines du Ring cumule les situations cocasses, l’auto-dérision brute de décoffrage. On se laisse très facilement porter par cette comédie délurée, tout d’abord parce que c’est drôle, mais aussi parce que Les Reines du Ring est un film accessible qui ne sombre pas dans le cliché facile sur les « gens du Nord ». En effet, le film évolue dans un environnement simple, authentique et populaire (la province, le supermarché, les tours d’immeubles et même quelques préjugés qui ont la peau dure). Un monde réaliste, dans lequel nous ne sommes pas habitués à y voir évoluer une bande de nanas pourtant (la plupart) féminines, qui contraste énormément avec le monde du catch et son exubérance. Résultat, on les comprend, ces Reines du Ring qui décident de secouer le train-train quotidien, on les soutient et on les encourage à travers les quelques rares et prévisibles rebondissements, nous rappelant que parfois il suffit de sortir des sentiers battus pour oser être soi-même et se (re)découvrir.
Agréable, divertissant et attachant, Les Reines du Ring étonne à bien des niveaux, rythmé par une bande originale moderne et enjouée qui colle parfaitement à l’esprit du film. Pas besoin de se torturer les méninges afin d’y trouver quelques vagues connaissances autour du catch, car le film bâtit sa trame intelligemment, réussissant à nous divertir et à répondre à nos attentes sans risquer l’overdose (de catch). Résultat, les fans de catch ne sont pas dépaysés, tandis que les non-connaisseurs (comme moi) peuvent entrapercevoir les dessous d’un sport souvent décrié à cause, justement, de sa mise en scène.

Les Reines du Ring donc une vraie dose de bonne humeur, d’une part parce qu’on s’attache à ces personnages, du plus touchant au plus « méchant », mais aussi parce que le film ouvre une porte sur un monde, encore une fois, accessible dans lequel le public peut facilement s’y retrouver. De plus, avec un partenaire prestigieux, les WWE (World Wrestling Entertainment) Studios, on se rend rapidement compte que Les Reines du Ring et son équipe ont travaillé sur la crédibilité et la légitimité du film et des actrices (qui se sont d’ailleurs entraînées dix heures par semaine et ont réalisé la plupart des prises elles-mêmes, chapeau !). Ce qui n’est pas plus mal, car sans cela, l’attention du public se serait portée sur les défauts du film.

En effet, le plus gros problème du film, c’est que les histoires secondaires ne sont pas développées, voire un bâclées. La relation mère-fils est survolée (alors que c’est officiellement l’élément sensé faire démarrer le film), comme toutes les intrigues relatives aux autres personnages, de celle qui cherche l’amour à celle qui devrait ouvrir les yeux sur son mariage. Bien que cet aspect du film soit on ne peut plus prévisible, il aurait peut-être fallu y mettre un peu plus de cœur plutôt que de finir par insérer les dernières scènes à la hâte vers la fin, comme pour dire « ah zut, on a oublié de dire comment ça finit ! ». C’est dommage car, particulièrement dans la dernière partie du film, le rythme déchaîné du film est brusquement entrecoupé par de jolies scénettes de conclusion, à la fois barbantes et trop bien pensantes.  Les Reines du Ring tente de masquer ses faiblesses au milieu de sa surenchère constante, mais ne parvient pas à échapper à la petite morale disney-like. Du coup, il est difficile d’apprécier cette comédie jusqu’au bout tant ces mini-intrigues laissées à l’abandon peuvent être légèrement frustrantes, comme une ombre au tableau.

Coté acteurs : Marilou Berry, actuellement à l’affiche dans l’effroyable Joséphine, reprend du poil de la bête et se débrouille pas mal dans ce rôle sympathique où elle peut laisser s’exprimer l’agressivité latente qu’elle dégage (pour une fois qu’elle n’a pas besoin de prouver qu’elle peut jouer les jolies filles depuis son impressionnante perte de poids, ça fait du bien). Cependant, elle est éclipsée par un casting extraordinaire. Nathalie Baye, qu’on ne présente plus, s’éclate visiblement dans son rôle de gentille femme parfaite qui sature, mais les deux perles du film sont Audrey Fleurot (Intouchables, Pop Redemption…) et Corinne Masiero (Louise Wimmer, De rouilles et d’os, Ombline…). Si l’une est tout simplement sublime et se lâche dans son rôle de femme fatale à la sauce provinciale ; l’autre, certainement pas le rôle le plus facile de la bande, se révèle à la fois hilarante et touchante.
A leurs cotés, André Dussollier, seul homme ou presque, est impeccable en coach (rappelant parfois Clint Eastwood dans Million Dollar Baby dans une version bien plus légère), tout comme Isabelle Nanty qui nous régale à chacune de ses apparitions.

En conclusion, Les Reines du Ring est une comédie pleine de punch, vraiment drôle et surprenante. Combinant à merveille l’univers gris de la routine, l’humour décapant et l’excentricité du catch, ce film est un vrai moment de détente aux allures de « feel-good movie ». On en ressort agréablement épatés et avec la banane, enclins à pardonner les erreurs de parcours. À voir absolument !

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