Rattrapage 2013 : Le Majordome

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Le pitch : Le jeune Cecil Gaines, en quête d’un avenir meilleur, fuit, en 1926, le Sud des États-Unis, en proie à la tyrannie ségrégationniste. Tout en devenant un homme, il acquiert les compétences inestimables qui lui permettent d’atteindre une fonction très convoitée : majordome de la Maison-Blanche. C’est là que Cecil devient, durant sept présidences, un témoin privilégié de son temps et des tractations qui ont lieu au sein du Bureau Ovale…

Avant Mandela – Un long chemin vers la liberté de Justin Chadwick et en attendant 12 Years A Slave de Steve McQueen, en septembre c’était le film Le Majordome, de Lee Daniels (PreciousPaperboy…) qui s’affichait sur nos écrans.
Clairement destiné aux Oscars, Le Majordome réunit tous les ingrédients idéaux pour espérer atteindre son but : de l’histoire poignante d’un majordome né esclave et qui finira par travailler auprès de 7 Présidents à la Maison Blanche, à l’incroyable casting d’acteurs triés sur le volet, le tout baignant dans une époque dramatique et houleuse de l’histoire américaine.
Inspiré par une histoire vraie et motivé par l‘ambition démesurée de couvrir une large portion de l’Histoire et ses différents points de vue, le film peine à équilibrer ses différents chapitres, finissant par reléguer son héros au rang de narrateur tant les événements extérieurs prennent plus de place. Pire, le parcours de son fils, engagé dans la lutte pour l’égalité des droits civiques, se révèle finalement plus intéressant que le défilé de Présidents emblématiques sous les yeux du majordome (Eisenhower, Kennedy, Nixon et Reagan, entre autres).
Lee Daniels est tombé dans le piège du patriotisme larmoyant à outrance, laissant l’Histoire prendre le dessus et on finit par se perdre entre le parcours du majordome et celui de sa famille (son fils, notamment) qui est affectée non seulement par son extra-professionnalisme un brin apathique, mais aussi par les événements qui se déroulent parallèlement. En effet, ce ne sont pas les personnages qui sont touchants, mais le contexte historique (le racisme, l’injustice, la violence, la mort de Martin Luther King et celle du Président Kennedy…). Ce n’est que dans la dernière partie du film que Daniels tente de reprendre le contrôle, maladroitement, se décidant enfin à narrer l’histoire de ses personnages, alors qu’il les a délaissé pendant les 3/4 du film.
Malheureusement, à chaque fois qu’on atteint un moment réellement sincère et émouvant, la scène suivante impose une couche inutile de pathos et/ou de patriotisme horripilant. D’ailleurs, la conclusion interminable du film en rajoute à tous les étages pour mieux tirer la larme de l’œil du spectateur – les plus sensibles devront préparer leurs mouchoirs.
Coté casting, Forest Whitaker (Zulu) est toujours juste, même s’il se fait souvent voler la vedette par David Oyelowo (La planète des singes : Les Origines, Paperboy…). Oprah Winfrey en fait légèrement trop, mais c’est toujours mieux que Yaya d’Acosta, parfait cliché du mannequin qui se prend pour une actrice.

En conclusion, Le Majordome est l’archétype du « film à Oscar » avec son ton mélodramatique teinté d’une humilité forcée, des acteurs qui semblent livrer LA performance de leurs vies et sa mise en scène ultra lisse et académique. C’est sans surprise que le dernier film de Lee Daniels se révèle fade et quasiment sans intérêt, si ce n’est celui de prendre un cours rapide d’Histoire américaine.

Reste à voir si tous ces efforts vont payer. En tout cas, pour les Golden Globes 2014, c’est raté.

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